vendredi 17 mai 2013

Dieu et nous seuls pouvons de Michel Folco

Dieu et nous seuls pouvons de Michel Folco (Grands Romans Points, 309 pages, 1991)

Une histoire qui s'intéresse à une famille, sur plusieurs générations, dont le métier est très particulier, exécuteur.

A la fois ce métier est source d'une destinée singulière, d'un statut enviable d'un certain point de vue, mais également soumet cette famille à un ostracisme, mélange de superstition et de défiance, lié à celui qui donne la mort, que le titre résume bien en "Dieu et nous seuls pouvons".

Le livre est scindé en deux, la première partie couvrant le XVIIème siècle et la deuxième le XIXème. Ce XVIIème siècle est tellement bien décrit que je m'y croyais, il fourmillait de détails truculents et de termes qui m'ont projeté à cette époque. Arrivé à la deuxième partie j'ai cru un instant que cela me plairait moins mais cela a été de courte durée. C'est aussi passionnant et les échos avec le passé de la famille et les parallèles entre les deux époques sont source d'intérêt et d'excitation.

Nous débutons avec Justinien et la façon rocambolesque dont il devient exécuteur pour un baron. Et nous apprenons comment ce métier est accompli à cette époque, le cadre légal, les astreintes liées à sa charge, les avantages comme les impôts et le regard des autres.

Une histoire originale excellemment bien racontée, captivante, jubilatoire parfois, terrible aussi qui m'a fasciné de bout en bout.

La peine de mort et la manière de l'infliger par la famille Pibrac n'élude pas le côté barbare de ce type de métier. Autant au XVIIème je l'acceptais, d'une certaine manière, car faisant partie de l'Histoire autant en se rapprochant du XIXème je trouvais cela moins acceptable et l'exécution  plus dérangeante. En tout cas ce livre nous interroge également sur ce sujet, la peine capitale, et laisse le lecteur se faire son opinion.

Une réussite éclatante, un petit bijou à lire où nous nous délectons des aventures de cette famille hors norme.



Note : 10/10

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire