samedi 1 juin 2013

Les âmes grises de Philippe Claudel

Les âmes grises de Philippe Claudel (Stock, 285 pages, 2003)

Incipit :

"Je ne sais pas trop par où commencer. C'est bien difficile. Il y a tout ce temps parti, que les mots ne reprendront jamais, et les visages aussi, les sourires, les plaies."

Un village près du front lors de la guerre 14-18. Un crime est commis, une fillette est retrouvée assassinée. L'histoire est racontée par un  policier.

L'âme n'est ni totalement noire ni totalement blanche. Suivant la situation, les rencontres, les affres de la vie il est possible d'agir, bien ou disons positivement comme d'agir mal voire comme une immonde pourriture.

L'homme ne serait ni foncièrement bon ni mauvais, le contexte, son expérience, les traumatismes, les situations subies pourraient le mener d'un côté ou de l'autre de la frontière, ténue, entre le bien et le mal. Un jour saint, une autre fois commettant un acte vil, innommable pour le regard des autres.

Autant dire que le contexte d'une guerre, en particulier la boucherie de 14-18 peut faire vaciller plutôt dans le mauvais sens.

Extraits :
Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. Rien n'est tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil ... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous ...
C'est curieux, la vie. Ça ne prévient pas

On sait toujours ce que les autres sont pour nous, mais on ne sait jamais ce que nous sommes pour les autres.


De ce livre se dégage une grande amertume. Un climat malsain, triste où le bonheur est réduit quasiment à néant. Une observation désenchantée du monde où les masques, nécessaires à la vie sociale, nous sont dévoilés et ce n'est guère reluisant.

Bien écrit, des observations justes, un moment de lecture qui dérange.

9/10

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