samedi 22 juin 2013

Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand (Michel Lafon, 256 pages, 2013)


Incipit 

 – Maman, s’il te plaît ?

– Clara, j’ai dit non.

– Allez, Diane. Laisse-la venir avec moi.

– Colin, ne me prends pas pour une imbécile. Si Clara vient avec toi, vous allez traîner, et on partira en vacances avec trois jours de retard.

Comment survivre à la perte d'êtres chers ? Comment se reconstruire lorsqu'un proche, a fortiori son mari et sa fille, décède ? Un sujet traité avec sensibilité, sans pathos inutile, lu quasiment d'une traite en un après midi et la soirée qui s’ensuivit.

Rien que d'imaginer être à sa place m'attriste profondément, certainement aussi la façon dont est raconté son calvaire. La raison principale pour laquelle ce livre m'a plu.

L'histoire de Diane m'a intéressé car par empathie je me suis mis à sa place et j'ai compris son comportement. Cet aspect-là de l'histoire est bien raconté et je me suis attaché à Diane, à son ami Félix qui la soutient envers et contre tout et sa lente prise de conscience qu'il fallait se ressaisir et faire quelque chose.

C'est en Irlande que Diane compte se ressourcer et où elle va rencontrer un couple de retraités attachants et un voisin particulièrement bourru. Les aléas de la vie sont bien amenés même si le personnage de Megan est un peu outrancier (à mon goût) l'histoire sait trouver le ton juste avec l'amour de la littérature en appui.

Un des choix de Diane m'a surpris vers la fin de l'ouvrage mais après réflexion, lorsque nous sommes bouleversés, il n'est pas improbable de ne plus arriver à se situer ou de changer brutalement d'avis car les événements riches en émotion peuvent recadrer, remettre en perspective des choix ou vous réveiller, vous faire prendre du recul, et ce qui paraissait aller de soi la veille, naturel, peut être remis en question voire annulé le lendemain.

Un moment de lecture touchant. Un sujet, la reconstruction, la résilience, souvent traité (La délicatesse récemment) mais qui a su me captiver.

Note : 8/10

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