lundi 3 juin 2013

L'étranger d'Albert Camus

L'étranger d'Albert Camus (Folio, 186 pages, 1957, réédition 1985)

Incipit :

Aujourd'hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.

Dans ma lubie de lire les classiques ou les livres célèbres, je me suis attelé à L'étranger cette fois-ci. Livre que je connaissais de nom mais pas de contenu.

Un homme, près d'Alger, perd sa mère. Indécis, peu communicatif car allant à l'essentiel, une philosophie de vie qui tient principalement à se laisser vivre sans se poser trop de questions, perturbé facilement par son environnement comme la chaleur, par un concours de circonstance, va voir sa vie basculer.

Le début est lent, avec un personnage peu charismatique, ayant un comportement pas toujours sympathique,  un peu comme dans "Le cas Sneijder. Il commence une amourette et fait la connaissance d'un voisin qui frappe sa maîtresse sous prétexte qu'elle lui a "manqué".

J'avais alors un peu de mal à trouver un intérêt à l'histoire.Mais à un moment donné, sans l'avoir vraiment cherché mais par une suite de choix pas toujours heureux, de rencontres fortuites, parce qu'il ne se pose pas non plus trop de questions, qu'il ne mesure pas les conséquences, sa vie bascule. Là l'histoire se montre beaucoup plus intéressante. Sans se connaître vraiment lui-même (étranger à soi), pris dans un procès où un portrait est fait de lui indépendamment de sa volonté et de sa perception de lui-même (étranger à autrui), le côté théâtral, mécanique de la Loi, où il se retrouve étranger à son destin comme détaché, est implacable.

Si le personnage principal était vraiment mauvais, cela n'aurait pas d'intérêt, s'il était un saint, non plus. Mais là il est dans une zone grise, où tout est possible et je ne m'attendais pas à ce que cela aille si loin.

A lire.

Note : 9/10

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