dimanche 28 juillet 2013

Le linguiste était presque parfait de David Carkeet

Le linguiste était presque parfait de David  Carkeet (Monsieur Toussaint Louverture, 288 pages, 2013)

Incipit :

"Mais vous faites quoi avec ces bébés ?"
En entendant cette question par la porte entrouverte du bureau de Wach, Cook s'immobilisa, encore invisible aux yeux des deux hommes en train d'y discuter.
Comme l'indique discrètement le quatrième de couverture, il s'agit d'un David Lodge avec des cadavres ...

J'aime beaucoup David Lodge, surtout sa période dans le milieu universitaire et effectivement cela rappelle cet auteur surtout par le milieu observé, les angoisses du milieu de la vie, le climat feutré mais un peu délétère et hypocrite qui s'y rattache.

Un clin d’œil à Hitchcock pour le titre, en tout cas pour le titre français, le titre anglais en a un aussi je suppose : double negative pour double murder ?.

Un crime est commis parmi des chercheurs en linguistique, ces derniers en dépit de leur savoir, de leur intelligence et de leur sens de l'observation indispensable à leur travail n'en sont pas moins humains, pleins d'incohérences, névrosés et surtout ne se font pas de cadeau.

Un cluedo dans un bâtiment qui rappelle le panoptique de Bentham (toujours l'observation), le langage au centre des préoccupations et une enquête policière bien amenée. D'ailleurs c'est assez symbolique : les linguistes travaillent dans un ancien institut d'étude des primates, au dernier étage d'une tour, le plan de coupe fait penser à un cerveau avec différentes zones, chaque mot échangé fait l'objet de décorticages, et les jeux de mots sont légion.

J'ai bien apprécié le milieu de la linguistique et ses recherches afférentes, en particulier sur le babillage et ce qu'il était possible d'en déduire ou d'en inférer.

Un livre sympathique idéal en ces temps caniculaires (et donc pas aisé pour faire des articles non plus ...).

Note : 9/10


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