samedi 3 août 2013

Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra (Pocket, 148 pages, 2002)


Incipit :

Au diable vauvert, une tornade déploie sa robe à falbalas dans la danse grand-guignolesque d'une sorcière en transe ; son hystérie ne parvient même pas à épousseter les deux palmiers calcifiés dressés dans le ciel comme le bras d'un supplicié. 

La vie à Kaboul avec plusieurs personnages clés, un geôlier, un couple cultivé, un ancien guerrier qui rêve de politique alors que les Talibans assoient leur domination sur la ville.

Un regard dénué de naïveté sur l'occident mais sans espoir sur l'aveuglement intégriste des Talibans. L'auteur ne juge pas vraiment, il raconte, et cela est amplement suffisant.

Extrait :
Les miens sont morts ou bien portés disparus. Le dernier lien qui me restait s'est volatilisé par ma faute. C'était une lueur, j'ai soufflé dessus un peu fort pour en faire une torche et je l'ai éteinte.

Avec un style soutenu, poétique parfois, l'auteur nous offre une profonde réflexion sur nos destinées dans un monde en déréliction, abruti par la chaleur autant que par l'obscurantisme et qui fait perdre le reste de raison même aux plus éclairés, où l'espoir, ténu, a peu de place, mais où l'amour trouve toujours un chemin. Mais ce dernier a t il encore une destination ?

Extrait :

Nous avons tous été tués. Il y a longtemps que nous l'avons oublié.
Un livre marquant aux thèmes forts qui m'a laissé beaucoup de tristesse devant un tel désastre mais qui mérite d'être lu. Un cri d'espoir déchirant dans la nuit ? Sera-t-il entendu ? Un style travaillé qui n'empêche pas de se sentir étouffé par les événements (le livre débute, presque, par la lapidation d'une femme et ce ne sera pas le seul acte de barbarie) ou par l'ambiance pesante.

Comment, au nom du divin et de croyances aveugles, des crimes sont commis et ces mêmes croyances, éclairées par la bonté et l'amour, permettent un miracle, un sublime sacrifice, mais ce dernier suffira-t-il ? Cette histoire forte laisse un goût de cendres dans la bouche, les cendres de toutes ces vies détruites par des ignorants et des croyants à la foi corrompue.

Note : 10/10


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