dimanche 18 août 2013

Les souvenirs de David Foenkinos

Les souvenirs de David Foenkinos (Folio, 304 pages, 2011 première édition)

Incipit :

 Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi.

L'histoire d'une vie, des aléas des rencontres, des personnes que l'on perd, des moments rares comme le premier baiser, la première naissance.

Je ne connaissais que La délicatesse de la part de cet auteur, et j'avais remarqué sa faculté à rendre compte des sentiments. Dans ce livre il s'intéresse aux souvenirs, à leur évolution, et cela sur plusieurs générations. Comment les souvenirs font revivre le passé, modifient le regard des uns et des autres, comment en prenant de l'âge nos souvenirs nous enrichissent ou parfois nous minent en fonction de l'état présent.

David Foenkinos arrive à saisir l'essence des souvenirs et il m'arrive de leur trouver des points communs avec les miens comme quoi il sait trouver ce qui tombe juste, cela nourrit le lecteur sur la psyché des personnes mais aussi peut inspirer une nostalgie d'un temps révolu.

Il parsème son histoire de remarques pertinentes sur des sujets pas toujours simples car trop souvent teintés d'hypocrisie ou de politiquement correct comme la mort, la vieillesse, la fin de la vie.

Cela n'empêche nullement ce livre d'être plein de vie, de respirer l'aventure et de relier des souvenirs de famille, d'en faire un tout cohérent, d'y mêler avec à propos ceux de personnes réelles évoquées au cours de l'histoire, ce qui est une excellente trouvaille tant pour le rythme que les souvenirs qu'ils évoquent, d'autant que les souvenirs rapportés m'étaient inconnus. Pour des personnages secondaires c'est aussi l'occasion de narrer une anecdote amusante, touchante. Parfois c'est en écho de la trame principale puisque éclairant d'un regard autre la situation vécue par le narrateur.

J'ai d'autant ressenti de l'empathie avec cette histoire que certains des souvenirs relatés évoquaient en moi des souvenirs similaires, en particulier la perte de son grand-père. Mais aussi le manque de communication au sein de la famille nucléaire, qui pèse finalement sur nos vies, qu'on le souhaite ou pas.

Certaines remarques répondent en quelque sorte par avance à des interrogations que je pourrais avoir ou au moins offrent un regard sur lequel je peux m’appuyer pour me faire un jugement ou une opinion.

L'auteur a le sens du détail qui tombe à point nommé et démontre que la vie nourrit l'écriture laquelle nourrit en retour la vie, une symbiose illustrée avec beaucoup de tendresse et d'émotions par ce récit.

Si vous ne voulez pas apprendre trop d'éléments sur ce livre ne pas lire la suite.

Ce livre m'a d'autant plus touché que certains extraits étaient étonnamment proches comme cet extrait :

Quand Louise m'a annoncé qu'elle était enceinte, j'étais absolument persuadé que nous aurions une fille. Une fille que nous allions appeler Alice. Et qui aurait de longs cheveux lisses. Je voyais déjà Alice faire du piano, et apprendre l'allemand à l'école.
Mon épouse ne se prénomme pas Louise mais il se trouve que quand elle a été enceinte, j'étais persuadé d'avoir une fille, que son prénom serait Alice. Ce qui a été le cas. Maintenant ma fille est grande, elle a effectivement de longs cheveux lisses, elle joue du piano ... et apprend l'allemand au collège. Certes tout n'est pas comme cela (et c'est heureux au regard de l'histoire racontée), c'est purement fortuit, mais c'est pour dire à quel point je me suis senti proche de ce livre parce qu'il vous touche l'âme.

Note : 9/10


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