dimanche 8 septembre 2013

Faber de Tristan Garcia

FABER Le destructeur de Tristan Garcia (Gallimard, 480 pages, 2013)

Incipit [1] :

Je n'ai pas le sens de l'orientation ; je ne saurais même pas dessiner la forme approximative de mon trajet. Mais à chaque tournant j'avais l'impression de sortir d'un grand cercle pour entrer dans un plus petit.

Un beau titre qui prend tout son sens au fil des pages. Faber le destructeur (Faber, du latin fait avec art, ingénieux mais aussi artisan, ouvrier [2]) et destruction car pour construire il faut détruire ? Il y a en tout cas transformation voire révolution. A nouveau, je n'insiste pas pour ne pas trop dévoiler de ce livre, un titre en parfaite adéquation avec l'histoire.

Il y a plusieurs niveaux dans ce livre qui se découvrent au fur et à mesure comme un oignon que l'on pèle. Ce sont d'abord la réunion soudaine, après plusieurs années de séparation, de trois amis suite à des courriers a priori d'appel à l'aide, puis retour en arrière avec un long développement sur leur enfance et adolescence dans un village, comment le groupe s'est constitué, a évolué, a profité de ce moment propice à l'imaginaire, aux illusions. L'enfance, l'adolescence, ce moment particulier des rêves, où tout semble possible, envisageable.

A l'école, Madeleine et Basile sont un peu soumis, Madeleine garçon manqué et Basile souffre-douleur. Et Faber, figure tutélaire, qui va leur apporter ce qu'il leur manquait. Ou pas.

Il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur ce roman, sur le message social, philosophique ou la critique d'une époque, sans parler de l'illusion du roman et de la réalité au travers du personnage de Tristan (oui comme l'auteur ... philosophe de formation). Une mise en abyme qui clôt un livre passionnant avec des personnages fouillés dans une histoire qui dévoile, petit à petit, sa complexité et sa profondeur.

Un très bon moment que je recommande qui aurait pu être dans la liste du prix Goncourt 2013. En tout cas plus que L'homme qui savait la langue des serpents auquel je prédisais le Goncourt des lycéens oubliant dans mon allégresse que le Goncourt est réservé à des romans français (c'est ballot).

Note : 10/10

[1] J'ai ignoré l'introduction.
[2] D'après mon Gaffiot de poche.

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