mercredi 26 février 2014

Ils marchent le regard fier de Marc Villemain

Crôa Croâ
Ils marchent le regard fier de Marc Villemain (Les éditions du sonneur, 88 pages, 2013)

Incipit :
IL ÉTAIT COMME RAIDI sur son banc, retiré de tout, lançant aux bestioles du canal ou de la contre-allée des bouts de miche du matin, chaque jour reprenant les mêmes clichés de ce qui pourtant jamais ne s'en irait, les campanules, les jonquilles, les hortensias, toutes ces foutues générations de pigeons, de moineaux et de passereaux, et des fois quand la chance lui souriait il tombait sur un bouvreuil, une mésange, la trogne d'un bruant ou le ventre blanc d'un pouillot
Et si les vieux se révoltaient ? Las d'être considérés comme plus bons à rien, comme des poids mort en sursis, maltraités, dénigrés, dans une société qui met en avant la jeunesse, l'avenir et veut enterrer son passé, qui méprise les paysans et leur métier, les vieux décident de faire passer un message politique. Bien sûr un père et un fils ne sont pas du bon côté, le fossé des générations dira-t-on. Tous les éléments sont en place pour le drame à venir.  Marc Villemain raconte dans cette nouvelle le malaise de notre société et de son regard sur la vieillesse.

Donatien, tu lui laisses le champ libre et il est capable de t'embrouiller un lacet de chaussure jusqu'à en faire un nœud d'amarrage que même les marins de La Rochelle ne sauraient pas le défaire.
Sur les conseils de Christian qui m'avait déjà conseillé Le chapeau de Mitterrand, un livre original au style paysan affirmé, un mélange de langue surannée mais sincère, non dénué d'images joliment troussées. Raconté par l'un des révolutionnaires, un livre qui touchera tout un chacun, nous sommes tous amenés un jour ou l'autre à faire partie des vieux.

Je travaille aux champs depuis que je ne tète plus la mère, pensez si j'ai la santé.

Une histoire bien racontée, pleine d'humanisme, avec un style propre qui fait une grande partie de son intérêt. Allez, je pars m'enfiler une prune !

Il ne payait pas forcément de mine, c'est vrai, c'était ni le Michel avec ses quasi deux mètres d'altitude, ni le Marcel toujours prêt à ripailler et à se rincer la cornemuse.

Note des anciens : 10/10

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