samedi 22 mars 2014

Là où la terre est rouge de Thomas Dietrich

Là où la terre est rouge de Thomas Dietrich (Albin Michel, 269 pages, 2014)

Incipit :
Un homme blanc dérive sur une barque. Il est jeune, très jeune. Le fleuve autour de lui brille sous les reflets d'une demi-lune.
Le destin d'Icare, jeune homme sans avenir qui se retrouve propulsé responsable du renseignement dans une dictature africaine et qui va se retrouver confronté à son immaturité.

Nous suivons les déambulations d'Icare, être désœuvré, sans avenir, menteur, veule, imposteur, qui par un hasard fortuit part en Afrique, protégé d'un général soudain en odeur de sainteté dans un gouvernement dictatorial. Une ambiance prenante aux souffles épiques où j'ai ressenti l'amour de l'Afrique de la part de l'auteur, ce continent souillé par les soubresauts des guerres, la corruption et ses dictateurs sans scrupules.

Une tragédie grecque soulignée par le choix des noms comme Icare ou encore Hélios, transposée dans une ville d'Afrique, Pendéré. Un vrai regard d'écrivain où la ville de Pendéré est décrite merveilleusement, avec sensualité, comme si c'était une femme. Une litanie de bassesses, de cynisme, d’égoïsme du narrateur et plus généralement des gens de pouvoir, mais pourtant porté par une écriture dynamique, une fable moderne mettant en avant les illusions qui nous bercent, le tout rehaussé d'une fin sublime, émouvante, qui fait croire en l'espérance.

Un parcours initiatique où un pauvre type balloté par le destin, se mentant à lui-même plus encore qu'aux autres, gagnera en sagesse, la rencontre de l'amour y étant pour beaucoup. Mais à quel prix.

Un livre qui fait partie de la sélection du prix Emmanuel Roblès 2014. Un premier roman réussi, par le choix du sujet, la quête initiatique, la rédemption spirituelle par l'amour qui apporte une réelle profondeur à cette histoire.

Pour un si jeune auteur (23 ans), quelle maîtrise ! Très bon roman.

Note dictatoriale : 10/10

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