jeudi 10 avril 2014

Arden de Frédéric Verger

J'ai perdu la bataille des Arden
Arden de Frédéric Verger (Gallimard, 2013, 478 pages)

Incipit :
Lorsque nous étions enfants, il arrivait souvent que nos parents nous confient, ma sœur et moi, à la garde d'une tante qui habitait à Montreuil au dernier étage d'une maison étroite et haute.

Cela doit faire pas loin de trois semaines que je suis sur ce livre. Entre temps j'en ai lu d'autres. L'histoire se passe autour d'Arden, un hôtel, en Marsovie, pendant la seconde guerre mondiale. L'antisémitisme rôde et la chasse aux Juifs est ouverte. Comment deux auteurs d'opérettes incomplètes vont avoir l'idée de faire passer des rôles de Tziganes pour des rôles de Juifs joués ... par des Juifs afin de les masquer à l'occupant.

Ce lire ne m'a pas enchanté le moins du monde. Il est pourtant très bien écrit, certaines phrases sont très belles, l'ouvrage est travaillé, l'auteur a un talent certain pour l'écriture. Mais je n'ai pas réussi à accrocher à l'histoire ni à m'attacher aux personnages. C'est assez dilué, un amoncellement d'anecdotes saupoudrées de digressions à n'en plus finir, un assez long prologue pour débuter page 331 au début d'un semblant d'intrigue. C'est virtuose mais cette logorrhée m'a pesé sur l'estomac. Je suis le premier à le regretter pour finalement trouver ce livre prétentieux et vain. Un ennui s'est installé rapidement et en dépit d'un regard ouvert, d'une mise en condition positive, esprit relâché, d'une infinie mansuétude, et cela chaque soir  avant de débuter mes quarante à cinquante pages, je n'ai su apprécier ce livre.  Ce livre est une véritable punition pour moi.

La dernière fois que je me suis forcé à finir un livre, avant Arden, lui donnant sa chance jusqu'au bout, était pour Le cimetière de Prague d'Umberto Eco. Un sujet pourtant très intéressant, en ces moments de théorie du complot ou d’antisémitisme, le faux en écriture par les services secrets russes, Le protocole des sages de Sion, et l'histoire d'un être trouble qui a œuvré à sa diffusion. Un livre que j'ai trouvé indigeste, pesant, ennuyeux, inutilement compliqué. Un peu comme Arden dont le style pourtant enjoué, dynamique, plein d'imagination m'a laissé quasi de marbre quant à l'histoire même. Certains diront un livre exigeant, qui se mérite ou encore tout simplement fabuleux. Pas pour moi. Si c'était mon travail je demanderais une prime de pénibilité. Maigre satisfaction je l'ai enfin terminé. Fait partie de la sélection du Prix Emmanuel Roblès. Il faisait également partie de la liste du Prix Goncourt qu'il a manqué de peu et a reçu le prix Goncourt du Premier Roman. Ma carrière de critique littéraire est définitivement à l'eau ! Incapable d'apprécier ce type d'ouvrage ...

Note de dépit : 3/10

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