lundi 21 avril 2014

L'emprise de Marc Dugain

110 V ou 220 V ?
L'emprise de Marc Dugain (Gallimard, 314 pages, 2014)

Incipit :
Lorraine tendit à son père une assiette de poisson froid.
-- C'est bon pour tes artères. Tu devrais arrêter la nourriture grasse. Enfin ... tu le sais mieux que personne.
L'homme n'aurait pas eu l'air si vieux s'il n'avait pas été malade.
Quelques personnages et Marc Dugain échafaude une intrigue retorse à l'ambiance délétère. 

Une course à l’Élysée n'est pas simple, on ne se fait pas de cadeaux. Le pouvoir plus généralement est clairement la loi du plus fort, c'est très animal sous couvert de sourires et de courbettes, le cynisme et l'hypocrisie sont rois. Des luttes entre partis, au sein d'un même parti. Le pouvoir énergétique, le nucléaire. Le pouvoir médiatique. Le monde du renseignement, le pouvoir de la connaissance. Et l'argent bien sûr qui mène à la corruption.

Le succès est la capacité d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme.

J'apprécie toujours autant le style de l'auteur (je n'ai lu de lui qu'Avenue des Géants), sa façon de décrire les personnages, leur psychologie, et ses visions sur le monde comme ici sur le milieu politique, les autres pouvoirs (médias, économique), la mondialisation. Un livre de combats, même en milieu familial. Combat tout relatif pour le politicien qui fait plus de la communication, qui est plus dans l'apparence du pouvoir que le pouvoir lui-même, ce dernier plus souterrain, masqué. Au final où se situe-t-il ? C'est tout le sujet de L'emprise ... Des remarques ironiques qui sonnent juste (d'un autre côté il suffit de voir La Chaîne Parlementaire, parfois):

Et pour la part d'enfant, la politique s'en charge. Tu sais c'est comme dans une cour de récréation. Les mêmes haines, les mêmes alliances, la loi du plus fort. On ne vieillit  jamais dans ce milieu, c'est l'avantage.

Une intrigue qui m'a emporté assez rapidement et que j'ai lu avec une délectation pour le finir hier soir vers minuit.

Elle ne l'était que parce qu'elle permettait de passer inaperçu, de se glisser confortablement dans le ventre d'une courbe de Gauss.
Joli, non ?

Note de renseignement : 10/10

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