dimanche 20 avril 2014

Moi, Lucifer de Glen Duncan

Lucifer en hipster bobo fatigué
Moi, Lucifer de Glen Duncan (Folio SF, 347 pages, 2002)

Incipit :
Moi, Lucifer, Ange Déchu, Porteur de Lumière, Prince des Ténèbres,de de l'Enfer et de ce Monde, Seigneur des Mouches, Père du Mensonge, Suprême Apostat, Tentateur, Antique Serpent, Séducteur, Accusateur, Tourmenteur, Blasphémateur et, sans contestation possible, Meilleur Coup de l'Univers Visible et Invisible (demandez donc à Eve, cette petite garce), j'ai décidé - ta-daaah! - de tout dire.

Une entrée en matière prometteuse. Le Diable qui va tout nous dire ! Nous nous retrouvons dans la peau de Lucifer, si je puis dire. Enfin disons que Lucifer se retrouve dans le corps d'un écrivain raté, qui venait juste de tenter de se tailler les veines. Declan Gunn tel est le nom de l'heureux élu, anagramme du nom de l'auteur d'ailleurs, ce qui ne doit rien au hasard.

Voilà Lucifer réduit à un homme donc, un marché en main,  un pacte avec le diable (hi hi) sauf que c'est Dieu qui le lui propose afin de réintégrer son d'état d'ange immatériel. Mais l'auteur nous propose un Lucifer beauf, grossier, vulgaire, cynique, imbu de lui-même. Pourquoi pas mais cela limite le propos car dans la peau d'un homme l'auteur s'amuse de notre propre médiocrité mais Lucifer ne pouvant disposer à son gré de toute la palette du Mal pendant la durée du contrat (un mois) il manque de divinité (si je puis dire). Certes un pied de nez à la fin peut expliquer ce choix mais cela rend l'histoire conformiste et pas très révolutionnaire : Lucifer fume, clope comme un diable (ha ha), il a même la diarrhée, bref parfois un humour pipi caca. La vision machiste et sexiste de la religion n'est guère remise en cause. Dieu est un mâle, les anges aussi et bien sûr (sic) Lucifer. Mais pourquoi ? La femme toujours réduite à la vierge (Marie) ou la prostituée (Marie-Madeleine). Mouais. Dans l'ensemble, manque d'ambition et remise en cause assez courte-vue je trouve.

Les thèmes les plus "lourds" envers la religion sont connus (inquisition, etc.). L'auteur s'amuse des contradictions dans la Bible ou de ses incohérences, mais pas de sujets très actuels (Guerre, Terrorisme). Politiquement correct de ce point de vue. N'agacera que le plus obtus des croyants et encore.

Le fait religieux est tout de même malmené avec humour, culture et ironie. L'auteur a bien étudié le sujet et le lecteur n'appréciera ce livre qu'à la hauteur de ses connaissances en religion catholique. C'est d'ailleurs le point fort du livre. Pas juste une pochade sans saveur. Une fin qui rehausse tout de même un peu mon jugement (dernier).

Une impression mitigée. Un début prometteur qui s'essouffle trop vite à mon goût mais assez original pour mériter le détour. Si on a rien d'autre à lire.

Note d'enfer : 666/1 000

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