jeudi 8 mai 2014

84, Charing Cross Road d'Helene Hanff

Bonjour, vous auriez une tranche de culture ?
84, Charing Cross Road d'Helene Hanff (Livre de poche, 146 pages, 1970) avec postface inédite ha oui quand même !)

Incipit :
Messieurs :
D'après votre publicité dans le Saturday Review of Literature, vous êtes spécialisés dans les livres épuisés.
Un roman épistolaire, encore que ce point puisse être discuté comme cela est fait dans une postface instructive qui n'a fait que renforcer le charme particulier de ce livre, hymne d'amour à la littérature classique anglaise par une passionnée américaine et qui s'avère un guide sur les trésors de ce pays comme par exemple Tristram Shandy (que j'aimerais bien lire !), oui, une longue phrase d'introduction propre à décourager le lecteur inattentif ou épuisé après une longue journée de travail acharné.

Une jeune américaine jette son dévolu sur une librairie londonienne spécialisée dans les ouvrages de qualité.

Ce qui commence par des échanges plus ou moins formels glisse petit à petit vers la tendresse, la générosité et l'amitié. Helene Hanff, l’américaine, n'a pas la langue dans sa poche et s'exprime avec naturel et passion,  au contraire de Franck Doel, le libraire, plus formel. Une complicité s'instaurera rapidement et on ressent l'entente intellectuelle entre les deux protagonistes. D'une nature généreuse, Helene Hanff contribuera au bien être des collaborateurs de la librairie par l'envoi de colis alimentaires. Car l'histoire se passe juste après la seconde guerre mondiale et l’Angleterre encore soumise au rationnement.  Les échanges de lettres se faisant sur plusieurs décades on ressent les changements historiques à quelques détails comme par exemple la Beatlemania dont Helene Hanff se plaint (non pas des Beatles mais du bruit de leurs fans ...)

D'autres lettres, des amis d'Helene Hanff ou des collaborateurs de Franck Doel s'insèrent dans le récit et viennent soutenir l'échange principal, cette amitié naissante dont on attend au fil du temps qu'elle se concrétise par une rencontre en Angleterre ... Deux villes qui se parlent, deux cultures que l'on ressent jusqu'au ton, aux entêtes ou aux formulations, l'échange de lettres offrant des non-dits qui laissent place à l'imaginaire et à la rêverie.

Une postface idéale qui retrace cette histoire vraie et le destin si particulier de l'auteur.

84, Charing Cross Road fait partie de ces livres culte que l'on se prête entre amis, transformant ses lecteurs en autant de membres d'une même société secrète.
 Un journaliste de Newsweek.

Me voilà à l'insu de mon plein gré, membre de cette société secrète. Merci à Émilie du Club de Lecture La Marguerite de me l'avoir fait découvrir !!! Un roman au charme délicieux.

Note confidentielle : 10/10

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