jeudi 29 mai 2014

Même le mal se fait bien de Michel Folco

Mon Alice, Alice
Araignée maltèque
Même le mal se fait bien de Michel Folco (Points, 2009, 732 pages)

Incipit :
-- Oui, je le veux, dit Giulietta en bon français sans accent.
Sa voix fraîche  résonna sous la voûte séculaire de la cathédrale. La nef centrale était bondée.

L'épisode final de la quadrilogie, en attendant peut-être une suite (vas-y Michel !!!) après les excellents Dieu et nous seuls pouvons, Un loup est un loup et En avant comme avant !. Michel Folco réussit sans peine à se renouveler, chaque livre ayant sa propre tonalité et fond historique (18, 19, 20ème siècle). Le dernier volume n'échappe pas à la règle avec un début en trois étapes, avec bonds dans le temps, flashbacks et références diverses avec les volumes précédents. De Tricotin Charlemagne on passe à son descendant Carolus puis de là à Marcello le fils de ce dernier pour un carnet de voyage bourré de rebondissements, un livre d'aventure, croisement de Jules Verne pour l'aventure, Dumas pour la complexité et Rabelais pour la truculence et le verbe haut.

Un voyage initiatique pour un Marcello un peu niais qui va s'enorgueillir et être profondément changé. Les voyages forment la jeunesse ! Une fresque jubilatoire où l'auteur nous réserve quelques surprises comme la rencontre avec Adolf Hitler alors enfant, la fiction se mêlant plaisamment avec l'Histoire. Je n'en dit pas plus mais Michel Folco restitue toujours avec autant de talent le fumet d'une époque, que ce soit au travers de l'art, des personnalités, des lieux, des décors, des moyens de transports et toujours ce plaisir lié au savoir et à la découverte, avec souvent un polymathe à l'instar d'un Leonardo Da Vinci. Knowledge is power et la vengeance qui va avec, mise en œuvre avec de la préparation dans cette histoire, la plus éclatante démonstration que le cerveau peut être plus fort que l'épée.  L'auteur joue toujours aussi bien de l'éthique, car il n'y a pas de vraiment de saint dans ses histoires et même les personnages auxquels on s'attache ont des actions parfois outrageantes et répréhensibles, mais quelle liberté !. La science a aussi un place prépondérante et l'auteur insère parfois les toutes dernières découvertes de l'époque (médicale, technologique, mécanique) ou ce qui est à la limite de nos savoirs, comme les N.D.E. (Near Death Experiment), qui rappelle par exemple le livre du Dr Raymond Moody, qui a eu un certain succès il y a quelques années, et que l'auteur recycle avec plaisir et intelligence dans son histoire.

Un style qui vous emporte nappé d'humour ironique, noir, grinçant et de métaphores désopilantes. Michel Folco sème des clins d’œil un peu partout, par exemple un des personnages surnommé cui cui et qui parle d'oiseau  à Marcello dans un autre chapitre, ou encore la plaque minéralogique X 666, le X faisant référence à ce qui se passe au Tutti Frutti, et 666 au mal, au diable ... L'auteur s'amuse beaucoup et nous avec lui.

Durant un court instant, on eût dit que l’œil droit du cocher mangeait des cerises tandis que l'autre recrachait les noyaux.
Un quatrième volume qui tient ses promesses. A quand la suite ?

Ce n'est pas une fausse note : 10/10

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