dimanche 29 juin 2014

La grande vie de Christian Bobin

Missel du dimanche
La grande vie de Christian Bobin (Gallimard, 122 pages, 2014)

Incipit :
Chère Marceline Desbores-Valmore, vous m'avez pris le cœur à la gare du Nord.
Il faisait froid. Il y avait tellement de monde, et en vérité personne. J'ai cherché un abri, un lieu humain.
J'avais un bon souvenir des livres lus de Christian Bobin (La part manquante, Éloge du rien, Une petite robe de fête) mais c'était il y a quelques temps (au moins 10 ans). Et là sur l'étal, son dernier. Pourquoi pas ?

Toujours le style onirique, la recherche d'un style émotionnel, une certaine candeur, un optimisme presque béat comme dans mon souvenir. Un style poétique sans pour cela que ce soit de la poésie en tant que telle.

Le fil décousu, le passage régulier du coq à l'âne me gêne un peu. De même la comparaison outrancière entre le fait de quitter sa femme parce qu'elle vieillit et devient moche (sic) et le nazisme. Fallait oser. Ce genre de comparaison est tellement débile que cela me fait sortir du livre illico. Ah oui ne pas trop réfléchir, se laisser aller, sinon on ressent les idées simplistes, discutables, dénuées de sens, la facilité en somme.

Pour apprécier il faut se laisser emporter et éventuellement avoir la foi. L'auteur regrette que les philosophes ne voient pas Dieu, il suffit de regarder par la fenêtre. Ah oui, effectivement, un argument de haute volée, je n'y aurais pas pensé. "Il n'y a pas une seule faute d’orthographe dans l'écriture de la nature". L'auteur devrait visiter le musée Dupuytren voire lire Le gêne égoïste où l'erreur est la base même de la vie, la base même du Darwinisme. Après on peut discuter sur ces mots, "fautes", "erreurs", chargées de sens divers.

Je ne regrette pas de l'avoir lu, et je pense que beaucoup sauront apprécier. La naïveté, la plénitude, la recherche zen, la contemplation sont des valeurs trop peu mises en avant dans ce monde de vitesse, d'égoïsme, de performance, d'indicateurs et cela me navre de ne pas avoir su être totalement réceptif à ce type d'ouvrage. Tout de même un peu trop niais à mon goût.

Note bigarrée : 6/10

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