samedi 21 juin 2014

Monde sans oiseaux de Karin Serres

Épreuve du saut de haies aquatique
Monde sans oiseaux de Karin Serres (Stock, La forêt, 106 pages, 2013)

Incipit :
Il paraît  qu'autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails.

Ce livre fait partie de la sélection OFF du prix Emmanuel Roblès. Je l'ai choisi car la description qui en est faite dans le petit catalogue remis lors de la cérémonie fait vraiment envie. Comme deux autres ouvrages que je compte lire aussi (La femme sans tête, Cent vingt et un jours, le facteur Phi et ... bon ok il y en a plus de deux).

Le résumé fait par Agglopolys est tellement juste qu'il ne m'est pas facile d'en parler. Bon oublions ce résumé. Let's go !

C'est la création d'un monde (Genèse ?) qui est menacé par la montée des eaux (Déluge ?) où la vie pétille, où l'amour est présent mais écrasé par ce sentiment de fin de vie, de fin du monde. Les interrogations existentielles dans un univers onirique, imaginaire car se démarquant du nôtre sur plusieurs points et qui résonne avec nos angoisses actuelles : dérèglement du climat, fonte des glaces, montée des eaux, manipulations génétiques, fin du monde (2012), nucléaire avec les cochons fluos ?,  et où les codes sont différents, des normes qui se sont adaptées à ce milieu de survie. J'ai ressenti la mort omniprésente en dépit de cette vie, de cette poésie, de l'amour, qui semble lutter contre l'entropie et notre présence si courte sur terre.

Icare est le symbole du dépassement (voire de l'arrogance), ici dans ce monde sans oiseaux il n'y a pas d'autre Icare que le rêve. Ce ciel vide (le Paradis ne nous est plus accessible ?) s'oppose au tombeau, un lac profond et noir où s'entassent les morts (l'Enfer ?), sépulture triste où tout le monde finit. Tu es né poussière, tu retourneras poussière.

Un livre où on se laisse emporter sans savoir sur quel rivage échouer, une atmosphère bien rendue, une écriture singulière. Vers la fin une information peut éventuellement changer l'angle de façon inédite sur l'histoire. A discuter. Me rappelle un peu Le village de Night Shyamalan pour le côté isolé, survie, et organisation particulière. Le livre est bien différent, juste une impression.

Une petite fausse note : encore une fois une confusion sur le contenu des bouteilles de plongée. Non, ce n'est pas de l'oxygène ! C'est de l'air comprimé, et l'air est un mélange (classe de primaire ou au moins le collège). Non, on ne se laisse pas tomber en arrière pour éviter de se faire mal, mais pour éviter que le masque de plongée soit arraché lors de l'entrée dans l'eau et que cette dernière rentre dedans. Il y a une technique pour le remettre sous l'eau et remettre de l'air mais peu pratique. De plus si la bouteille a été vidée et que le lac est profond alors il est fort probable d'avoir des paliers de décompression. Et plonger pour la première fois sans formation ? Hum ... Un peu dommage de ne pas un minimum se renseigner. Cela n'enlève rien au livre (surtout si, comme l'auteur, les amis qui ont du relire le manuscrit,  l'éditeur, cela ne choque pas de parler de bouteille d'oxygène ...)

Note imaginaire : 9/10

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