vendredi 27 juin 2014

Observez les logaèdres ! de Valère Novarina

C'est chaud, chouette
(en Tergal)

Observez les logaèdres ! de Valère Novarina (P.O.L., 309 pages, 2014)

Incipit :

I. Personne : mot à écho réversible; dans notre langue aucun et quelqu'un : il nous dévêt de toute image.

Créateur multiformes  comme l'indique sa page wikipédia ou son site dédié Valère Novarina nous offre quatre parties, à la fois récit ou pièce de théâtre :
  • Une pierre vide
  • Le déséquilibre spirituel
  • Mercredi des cendres
  • Le vrai sang, version pour la scène
Textes postmodernes, liberté, jeu de mots, construction, rêve, onirisme, loufoque, aphorismes, haïku, jeux littéraires (comme dans l'émission Les papous dans la tête), poésie, pure création. Pas comme l'Oulipo, là pas de règles, semble-t-il. Un très beau titre ... j'adore ! logo- et -aèdre ... L'auteur est un philoaèdre convaincu !
L'homme est un néant capable de tout. Souvenez-vous !

Dans la lignée des poètes de la Pléiade au XVIème siècle (emprunts aux langues anciennes et mots inventés), au style baroque, XVIIème (multiforme, mélange de genre, pas de règles strictes, libre usage de l'imaginaire), à l'absurde (Ionesco) et finalement à l'Art moderne ce qui n'empêche pas bien sûr l'humour !

Non non : j'suis omnivore, c'est moi qu'j'adore

Pour apprécier il faut se laisser emporter sans a priori dans cette Lingua glottoglycogène, qui commence comme les articles d'un Cioran, et termine par une pièce de théâtre délirante. Une novlangue qui fait écho à la confusion de notre monde avec des idées excellentes. Des liens forts avec nos inquiétudes contemporaines ... et des références à la philosophie, la politique, la religion, l'histoire etc.

La France est-elle une république langagière ?

La partie sur le déséquilibre spirituel m'a moins parlé. Et puis comparer un concept théologique (trinité qui fait un) et un principe mathématique (3=1) pour s'en étonner part d'un postulat déjà absurde, c'est comme comparer deux choses qui ont peu à voir. Mais bon, pourquoi pas. Mélange du brillant et de passages plus obscurs (ha, ha), un pied de nez aux conventions.

L'HOMME HORS DE LUI
Oh nudité, que nous avons du mal à te percevoir, une fois que nos habits sont tombés !

Je ne l'ai pas lu d'une traite, c'est un peu déstabilisant et n'est pas exempt d'une relative complexité voire abscons par moment. J'ai même pris mon temps, ayant lu entre temps deux autres livres. De l'utilité de l'inutile.

LA MACHINE A DIRE DES NOTES

Sans fausse note à part un bémol : DiX moins UN / (9 + 1)

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