samedi 7 juin 2014

Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon

Soirée tupperware, venez nombreux !
Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon (Points, 213 pages, 1966 pour la première édition américaine)

Incipit :
Un après-midi d'été, Mrs. Œdipa Maas rentra d'une réunion Tupperware où l'hôtesse avait peut-être mis trop de kirsch dans sa fondue pour découvrir qu'elle, Œdipa, venait d'être nommée exécuteur testamentaire, ou plutôt exécutrice, se dit-elle, d'un certain Pierce Inverarity, magnat californien de l'immobilier qui avait jadis perdu entre autres et d'un coup deux millions de dollars, mais qui laissait une succession suffisamment vaste et embrouillée pour que la mission de trier tout cela n'eût rien d'honoraire.

L'incipit donne le ton, un livre dense. J'ai un peu triché, j'ai pris un des livres les plus courts de l’œuvre de Pynchon. Mais cet auteur m'intriguait, alors je commence petit.

L'incipit donne également un bon résumé du livre d'une certaine manière. Car l'auteur joue avec les codes narratifs passant d'un genre à l'autre ou du coq à l'âne. Il est parfois difficile de suivre la logique des pérégrinations d'Œdipa ou lorsque tout à coup une scène loufoque (la bombe de laque à cheveux) s'insère dans le récit de façon inattendue. L'auteur se permet même de faire de l'humour assez subtil mais le fait à point nommé. Un livre postmoderne qui n'a pas vieilli, j'étais surpris de voir la date de la première édition. Depuis j'ai lu un peu sur Pynchon, auteur secret et peu enclin aux mondanités.

Un livre assez étonnant, qui m'a rappelé Murakami pour la porosité entre le réel et l'étrange, Umberto Eco pour son côté labyrinthique, érudit et ésotérique (sociétés secrètes) et Paul Auster pour les jeux de langage et la maîtrise de la littérature. Et je ne parle que des auteurs que je connais un peu. Il y a un côté roman à clé, là ce serait même un trousseau, et je crains, non, je suis sûr, d'en avoir raté plein. Typiquement un livre qu'il serait passionnant d'étudier et de disséquer. Pourrait remplir plusieurs soirées d'hiver en petit groupe. J'ai adoré cette société secrète de communication à base de philatélie. A moins qu'Œdipa ne se soit fait un film, qui sait. Une bande d'affranchis un peu timbrés qui se sont volontairement oblitérés, cela ne fait pas un pli,  difficile d'en percer l'enveloppe, certains s'y sont cassé les dents, d'autres restent en poste et parfois vont au bal sans colis (six mots).

Bref une bonne introduction à l'univers de Pynchon, j'hésite à lire de lui ensuite soit L'homme qui apprenait lentement ou Contre-jour.

Note hallucinée : 9/10

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire