mercredi 20 août 2014

Colorless Tsuruku Tazaki and his years of pilgrimage by Haruki Murakami

Je viens en paix ...
Colorless Tsuruku Tazaki and his years of pilgrimage by Haruki Murakami (Knopf, 400 pages, 2014)

Incipit :
From July of his sophomore year in college until the following January, all Tsukuru Tazaki could think about was dying.

Non, je n'étais pas mort ou au bord de l'abîme comme le névrosé Tsuruku !  Je pensais lire beaucoup plus en vacances, grossière erreur. Déjà en Auvergne, c'est plutôt les promenades qui ont primés et pris la majeure partie de mon temps et, de retour, ce sont les travaux, rangements divers, taille des arbres et arbustes et entretiens.

J'avais commencé un Baricco, Cette histoire-là, j'en étais même à la moitié, lorsque j'ai reçu Murakami. Brève hésitation et hop me voilà à commencer la quête existentielle de Tsuruku ...

Une belle édition américaine avec une jaquette perforée permettant de masquer la couverture "réelle", offrant une main stylisée (cercle d'amis unis comme les cinq doigts de la main ?) et quelques symboles comme le titre sur un cercle (cercle d'amis et cercle parfait). La couverture  affiche un cercle montant (le lever de la lune ?), Tsuruku, sans couleur, blanc en fait, traversant quatre couleurs symbolisant les quatre amis. Il y aurait beaucoup à dire, y compris le design intérieur, et rien que pour cela j'apprécie l'objet, la supériorité de l'imprimé sur le numérique. Bravo aux concepteurs ! Même le choix de la police a été soigneusement étudié (note à la fin de l'ouvrage). Ce n'est pas un hasard non plus s'il y a une carte des gares et stations. Une en couleur et l'autre ... sans couleur ...

C'est donc l'histoire de Tsuruku Tazaki. Il a fait partie, il y a seize ans, d'un groupe d'amis très soudé, fusionnel. Deux filles, deux garçons et Tsuruku. Et puis, brutalement, sans aucune explications, il en a été dissocié. Cela a occasionné une dépression sévère, où Tsuruku s'est trouvé au bord d'un puits sans fond, où la mort était toute proche de le cueillir, cela n'avait plus d'importance. et petit à petit il émerge et part, d'une certaine manière, en pèlerinage, en quête de la ou des raisons de cette rupture.

L'histoire pourrait être vue comme scindée en deux parties, la première où l'auteur nous fait ressentir la solitude, la souffrance, la vacuité de la vie, la douleur extrême où s'est retrouvé Tsuruku, et la deuxième où Tsuruku va partir à la recherche d'une explication, d'un sens, d'une paix intérieure qu'il ne pourra atteindre sans avoir une raison pour son éviction et dépasser l'état aliénant dont il est prisonnier. Mais n'est-il pas en partie responsable de celui-ci ?

On retrouve les thèmes chers à l'auteur comme précédemment évoqué, ainsi que la non réversibilité du temps et ses effets sur la nostalgie, les regrets ... L'image de soi, différente de l'image renvoyée, elle-même différente de l'image perçue, source de confusion, de douleur, de peine, de choix pas forcément ratés mais qui n'ont pu se faire en toute connaissance de cause, la tragédie de la vie en somme. Communiquer est une solution pour avoir plus d'information, encore faut-il savoir/pouvoir  gérer avec des émotions qui viennent perturber nos comportements. Comment survivre à une rupture, à un lien fort qui est brutalement rompu, quelles ressources, quelle résilience ?


La version fr
La vie ce sont des choix, mais c'est aussi un jeu à informations partielles, difficile de faire des choix éclairés dans ce cas et parfois les illusions sont amères ... faut-il lever le voile ou pas ? Et la leçon sera-t-elle profitable ?

Une histoire dans la veine des Murakami, la mort, la solitude, les difficultés existentielles, les illusions, l'amour, la confusion entre le réel et le rêve. Rien de novateur mais un bon cru tout de même, une écriture fluide et l'art de créer des affects,  de pousser à l'introspection. Des symboles comme la carte qui renvoie au labyrinthe (de nos émotions et de nos pensées) lui même suggérant la carte cérébrale, neuronale et les frontières, prison interne, la cage que nous nous fabriquons, parfois à notre insu, parfois activement. Ne pas savoir, les non-dits, les secrets, ceux qui peuvent vous ronger jusqu'aux tréfonds de l'âme. Mais cela fait partie inhérente de la vie. Le doute, les choix à venir, ne pas maitriser sa destinée, et la fin du livre qui l'illustre parfaitement.Je vais pouvoir reprendre Baricco !

Note : 9/10





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