mercredi 6 août 2014

Emmaüs d'Alessandro Baricco

Même Cupidon en perd la tête
Emmaüs d'Alessandro Baricco (Folio, 169 pages, 2009)

Incipit :
La Spider rouge fit demi-tour et se rangea à hauteur du garçon. L'homme au volant manœuvrait avec beaucoup de calme, et ne semblait ni pressé, ni inquiet. Il portait un bonnet élégant, la voiture était décapotée.

Deux mondes, l'un de riches bourgeois, l'autre populaire et catholique pratiquant. Du côté de l'élite, une jeune fille, Andre. Du côté populaire, quatre garçons. Ces deux mondes vont se côtoyer, mélangeant le désir, la friction de deux cultures, d'éducations et de comportements normés différents, et où Cupidon va percer le cœur d'êtres en plein devenir, cette frontière où tout est possible, où on croit tout savoir, où il manque l'expérience, la vie vécue, où tout peut déraper de façon violente.

J'ai découvert cet auteur avec Mr. Gwyn. J'ai alors également lu Novecento ; pianiste et Soie. Un auteur toujours aussi intéressant. C'est, de l'ensemble des Baricco que j'ai lu, l'histoire qui m'a le moins emporté, peut-être à cause du côté tragique et des réflexions autour de la foi. Ces discussions autour de cette dernière sont tout de même l'un des points forts du livre. Également le jeu entre les deux classes sociales avec des analyses pertinentes sur la façon de voir le monde, sur l'emprisonnement de sa condition soumise au milieu social (cela rappelle Bourdieu).  L'auteur a toujours sa manière si particulière de raconter les choses et c'est ce qui fait son charme, comme le non-dit ou le sens de la chute (comme dans le Prologue).

J'aime beaucoup.

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