mercredi 10 septembre 2014

ε de Jacques Roubaud

Andy Warhol's style
ε de Jacques Roubaud (Poésie/Gallimard, 155 pages, 1967 pour la première édition)

Incipit :
Je ne vois plus le soleil ni l'eau ni l'herbe m'étant emprisonné où
nul matin n'a de domaine si dans le cube pur de la nuit je
distingue d'autres branchages que sur l'arche des pensées je les
chasse je les cache

Un  livre de poésie très original dans l'esprit oulipien auquel malheureusement je n'ai pas totalement accroché ayant abandonné à peu près au tiers. C'est bien dommage et je suis le premier à me flageller stoïquement tous les matins pour manquement à l'harmonie céleste de mon moi intérieur - jeu de Go - poésie oulipienne.

Car une des originalités (parmi beaucoup d'autres) est que cet ensemble de sonnets fait écho à une partie inachevée de Go entre Masami Shinohara (8è dan) et Mitsuo Takei (2è kyu). Un relation beaucoup plus intime que celle du roman de Shan Sa, La joueuse de Go.  Non seulement il y a alternance entre blanc et noir, mais chaque coup fait l'objet d'un morceau de poésie. L'ouvrage permet en plus une lecture multiple, qui ne suit pas celle habituelle de l'ordre des pages.

Le livre date de l'époque où un petit groupe essayait d'introduire ce jeu en France (A la fin des années 60). Il semble que ce soit deux ans après que parait le Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go (Christian Bourgeois Éditeur) de Pierre Lusson, Georges Pérec et ... surprise ... Jacques Roubaud. C'est l'intérêt pour ce jeu passionnant qui m'a amené à ε.

Bon je continuerais peut-être de lire ce livre de temps en temps mais je n'arrive pas à m'immerger dans ce monde poétique ... Je viens de commencer le troisième livre de Ian Doescher, après Star Wars et The Empire striketh back, écrit comme par Shakespeare : The Jedi doth return juste par plaisir coupable (bon ... d'accord ... pour mon côté un peu g33k). Mais surtout j'ai commencé la fresque Les misérables de Victor Hugo que ma fille est supposée étudier cette année, des passages magnifiques mais d'autres, liés à l'histoire et les évènements de l'époque (des personnalités, des titres de journaux, évidement pas la révolution de 1789 que tout le monde connait) qui risquent de l'interpeller ... Mais si je ne lis que Victor Hugo vous n'êtes pas près de voir un article (1300 pages !) donc je lis autre chose en parallèle, ce que j'évite en général.

Bon je ne vais pas dire que je n'ai "pas aimé" ni "aimé" ε ce serait injuste vu que je ne l'ai pas fini. En tout cas un livre étonnant. Pour les collectionneurs de livre de Go comme moi, assurément.

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