jeudi 20 novembre 2014

Charlotte de David Foenkinos

Charlotte de David Foenkinos (Gallimard, 224 pages, 2014)

Incipit :
Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe.
Elle n’est donc pas la première Charlotte.
Il y eut d’abord sa tante, la sœur de sa mère.
Les deux sœurs sont très unies, jusqu’à un soir de novembre 1913.
Franziska et Charlotte chantent ensemble, dansent, rient aussi.
Ce n’est jamais extravagant.
A l'instar d'un OOna & Salinger, mi-fiction mi-biographie, David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, sa famille aux multiples traumas (suicide, dépression), son génie artistique compromis par une époque chaotique, sa destinée fauchée par l’innommable, la haine ... le nazisme.

Un choix narratif particulier, suite de phrases courtes, mais qui ne m'a pas semblé artificiel ou forcé. Dit autrement, on se laisse emporter dans cette histoire, avec empathie pour ce destin brisé injustement. De même que pour Maus j'ai ressenti une incompréhension pour ce délire de haine contre les juifs et un mélange de tristesse mêlée à la colère devant l'indicible cruauté de l'être humain. Cela contraste d'autant avec la vie de Charlotte, déjà pas facile au départ, qui veut tout simplement se réaliser, artistiquement, familialement et amoureusement. Elle aura eu le temps de laisser suffisamment de traces, une  œuvre qui fait un pied de nez devant la bêtise absolue du nazisme, de la bassesse de certains. David Foenkinos rend hommage à cette artiste d'une belle manière, à la fois humble et sincère. Touchant.

Note : 10/10

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