mardi 13 janvier 2015

Et Nietzsche a pleuré d'Irvin Yalom

La mousse tâche.
Mémoires d'un bock de bière
Et Nietzsche a pleuré d'Irvin Yalom (Le livre de poche, 502 pages postface et notes inclues, 1992)

Incipit :
Les cloches de San Salvatore arrachèrent Joseph Breuer à sa rêverie. Il sortit sa grosse montre en or de la poche de son gilet. Neuf heures. Une fois encore, il lut la petite carte liserée d'argent qu'il avait reçue la veille.
Je commence à émerger de l'effet de sidération des attentats de la semaine passée. J'ai appris que depuis des terroristes islamistes recherchaient activement Friedrich Nietzsche depuis la parution d'un numéro de PhiloMag indiquant que "Dieu est mort". Son complice Baruch Spinoza serait également sur la liste des hommes à abattre. On souhaite bon courage à ces terroristes dans leur recherche. D'un autre côté ils ont abattu un journal qui défendait les pauvres ou luttait contre l'ultralibéralisme (Oncle Bernard), se battait contre les extrémistes (en particulier le F.N.), les religions ultra orthodoxes, (alors que les juifs savent en rire ou que certains propos sur les catholiques n'empêchent pas d'avoir un prix) etc. Cela fait réfléchir que les terroristes islamistes n'aient pas plutôt ciblé la Bourse, le FN ou encore le journal Valeurs Actuelles. Mais Guy Bedos, ce clown triste, préfèrait demander que les gens de Charlie crèvent. Est-il maintenant satisfait ? Et notre président qui invite des dirigeants étrangers dont la liberté de la presse n'est guère la priorité ou qui soutiennent carrément le terrorisme. Mais dans quel monde vit-on ? Il n'y a pas de terrorisme soft comme le présente Paul Auster. Que des assassins. Mais je m'égare, je n'ai pas encore digéré cet évènement où un policier musulman a été achevé, une policière abattue dans le dos, des journalistes décimés dans la lâcheté la plus absolue, des juifs assassinés, où certains religieux musulmans islamistes (dont un imam radical en Angleterre) menacent déjà la Une de Charlie Hebdo de demain mais sont très étonnamment silencieux sur les crimes contre l'humanité perpétrés par Boko Haram. C'est dire à quel point ils se fourvoient et réfléchissent (sic) comme des coups de marteau sur des petits suisses, et je suis poli, je m'en voudrais d'insulter de sombres connards, ce serait se laisser aller à la facilité et les injures ne changent guère le monde, cela se saurait. Au contraire je m'inquiète même de leur santé, un examen colorectal avec une cactée (type Ferocactus) leur ferait vraisemblablement le plus grand bien. Je sais à quoi je m'expose en disant cela, de plaintes des amoureux des plantes et de la flore en général. Je m'excuse auprès d'eux.

Revenons à l'objet principal de ce blog, le livre.

Une nouvelle réussite d'Irvin Yalom. Pourquoi je n'ai pas lu plus tôt cet auteur ??? Déjà Le problème Spinoza avait réussi le tour de force de mêler philosophie, histoire, et de nous interroger sur le problème posé par Spinoza de son temps ainsi que celui posé au XXème siècle auprès d'un idéologue nazi (Alfred Rosenberg) fasciné par sa philosophie et troublé qu'il soit juif (Tu m'étonnes).

Un jeu délicieux du chat et de la souris, la rencontre de plusieurs esprits mais principalement de deux, un médecin adepte de psychothérapie, le Dr. Breuer et l'un des plus grands esprits de son siècle, Friedrich Nietzsche. Au passage la naissance de la psychanalyse puisque le Dr. Breuer a comme disciple un certain Sigmund Freud. Nietzsche ne va pas fort. Migraines, solitude, rancoeur. Il est plus ou moins poussé à consulter et le Dr. Breuer va tenter une nouvelle approche. Mais faut pas prendre le grand philosophe pour une truffe. Il ne va pas se laisser faire. Et peut être que le Dr. Breuer risque d'être pris à son propre piège. Un beau texte de découverte de soi et des autres, avec une introduction douce à la philosophie de Nietzsche. Le rationnel et la science de l'esprit qui s'affrontent. Un livre qui donne espoir sur la nature humaine et qui montre à quel point, même au XXIème siècle, on a des progrès à faire et combien nous sommes incomplets. Les évènements récents à Charlie et l'hyper casher sans parler des massacres dans le monde le prouvent avec force. Nietzsche aurait aussi pleuré, je crois ...

Comme à son habitude l'auteur, dans sa postface, nous éclaire sur les faits historiques et la part de fiction. Tout aussi intéressant ce qui fait de Et Nietzsche a pleuré un livre particulièrement touchant et passionnant. Pour me remettre de cette semaine de folie, j'entame un autre livre d'Irvin Yalom, La méthode Schopenhauer, et déjà je me sens mieux ... contre la barbarie.

Note : AAA

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