mardi 10 mars 2015

Les Luminaires d'Eleanor Catton

Promos sur les lustres !
Les Luminaires d'Eleanor Catton (Buchet Chastel, 990 pages, 2015)

Incipit :
Les douze hommes assemblés au fumoir de l'hôtel de la Couronne donnaient l'impression d'un groupe réuni par le hasard. Avec leur grande variété d'allure et de costume ...  redingotes, queues de pie, vestons de chasse à boutons de corne, moleskine jaune, batiste et flanelle ... ils auraient pu être une douzaine d'étrangers se côtoyant dans la promiscuité d'une voiture de chemin de fer, chacun en route vers un quartier différent de cette ville pourvue de brumes et de marées en suffisance pour les séparer tous ; ../..
Les orpailleurs de la Nouvelle-Zélande du XIXème siècle. Un environnement brut, rustique, qui rappelle la conquête de l'ouest, où des individus forts différents se retrouvent afin d'y faire fortune. Un mystère regroupe douze personnes dans un hôtel un soir afin d'y échanger de l'information.

Un livre étonnant par sa construction, douze parties qui fait écho aux douze personnages rassemblés dès le début, l'aspect labyrinthique où il arrive de se sentir un peu perdu (ne vous inquiétez pas, les 450 premières pages introduisent les personnages on a le temps de faire connaissance ...), l'aspect mystérieux qui se dévoile petit à petit à l'instar de pelures d'oignons, les langues comme la maori et le cantonnais qui parsèment de ci de là le récit ... et un symbolisme astrologique prégnant qui souligne les aspects ésotériques et les destinées des uns et des autres, destinées qui s’entremêlent de manière vertigineuse. Des personnages fouillés et intéressants. Entre 400 et 600 pages de plus pour la relation amoureuse et cela aurait été parfait. Un monde qu'on n’oublie pas de sitôt.

Ce livre a reçut le Booker Prize  en 2013 faisant de sa lauréate la plus jeune à l'avoir reçu et c'est amplement mérité tant la maitrise du récit est aboutie. On prend grand plaisir à se retrouver tous les soirs à Hokitika sous l'ombre tutélaire de Francis Carver, un être qu'on ne souhaiterais pas croiser au détour d'une ruelle. On s'attache à Anna Wetherell et son âme sœur ... on savoure les intrigues dans ce far-west de Nouvelle-Zélande étonnamment bien rendu. La dureté du mineur au XIXème siècle surtout si vous êtes chinois ... la prostitution, le jeu, le spiritisme, un monde naissant, les coups tordus et de jarnac, les magouilles ... un roman d'aventure palpitant !

J'ai rapidement laissé tombé pour voir le rapport entre les thèmes astraux, les inter-titres et les différents personnages, les maisons, le nombre de signes par chapitre, les titres, les descriptions de chapitre, la taille des chapitres, l'âge du capitaine, tout en appréciant la symbolique, la poésie même des stellaires, des célestes, et bien sûr des Luminaires ... Résoudre un puzzle tout en lisant aurait nuit à ma lecture. Une deuxième lecture ? Heu peut être pas, il y a bien quelqu'un qui résoudra le puzzle à ma place ;-)

Une fresque à déguster sans plus attendre !!

Note : AAAA++

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