samedi 14 mars 2015

L'Ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle

Ciel mon mari !
L'Ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle (Cambourakis, 301 pages, octobre 2014)

Incipit :
Un incendie faisait rage dans une vieille ferme. Les flammes indifférentes se nourrissaient des feuillets d'un manuscrit. Il s'agissait d'un roman, intitulé Désir et Destinée, dont les pages se recroquevillaient l'une après l'autre, puis s'embrasaient et partaient en fumée.
Un écrivain malchanceux, ayant déjà perdu son manuscrit dans un incendie, le réécrit, et se le fait voler par un ours. Ce dernier entame une carrière d'écrivain international.

Une satire assez drôle sur le milieu des agents littéraires, les médias et la justice. A partir d'une hypothèse fantastique (qui me rappelle celle de La Métamorphose de Kafka), un ours qui devint écrivain, l'auteur s'amuse des travers de la célébrité, de la promotion, de la communication, de l'imposture d'un milieu nombriliste plus intéressé par l'apparence, l'argent, les relations, que par le contenu d'un livre. De nombreux quiproquos assez amusants, une histoire pas si loufoque que cela, l'ours servant de prétexte à démontrer la superficialité des relations d'intérêts, la fausseté de nos rapports, où l'émotion est au détriment du fond, de la vérité. L'apparence ne ferait pas le moine, mais en tout cas fait l'écrivain, semble-t-il. En inversant les points de vue l'auteur s'amuse beaucoup et nous avec. Les chercheurs en littérature sont gentiment brocardés, plus focalisés sur les statistiques d'éléments de langage d'un ouvrage que de s'intéresser à l'histoire elle-même ou de sa pertinence sur l'époque ...

Nous sommes des êtres d'émotions, assez peu rationnels, cela donne des échanges savoureux, où chacun projette sa perception, sans se préoccuper de ce que l'autre veut vraiment dire, et parfois les discussions sont absurdement drôles.

Un peu plus fou que L'extraordinaire voyage du FAKIR qui était resté coincé dans une armoire IKEA,  mais dans les deux cas pour se moquer de situations réelles. On apprécie la dédicace de Terry Pratchett en quatrième de couverture, T. Pratchett qui vient de nous quitter à l'âge de 66 ans.

Un bon moment ! Merci à Catherine de me l'avoir recommandé, proposé et prêté.

Note: AAA

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