dimanche 22 novembre 2015

Les désorientés d'Amin Maalouf

T'as pas vu mon cerf-volant ?
Les désorientés d'Amin Maalouf (Poche, 514 pages, 2012)

Incipit :
Je porte dans mon prénom l'humanité naissante, mais j'appartiens à une humanité qui s'éteint, notera Adam dans son carnet deux jours avant le drame.
Dans un pays qui s'apparente au Liban (mais qui n'est jamais cité), Adam est  contacté par un ancien ami, Mourad, mourant, qui souhaite le revoir une dernière fois. Adam qui a fui son pays décide d'y revenir, d'y rassembler le cercle d'amis tel qu'il fut 30 ans auparavant. Ce sera l'occasion pour lui de se remémorer son passé, ses amis, ses relations, et bien plus.

C'est d'abord en nous ligotant le corps que les tyrannies morales nous ligotent l'esprit. Ce n'est pas leur unique instrument de contrôle et de domination, mais il s'est révélé, tout au long de l'histoire, l'un des plus efficaces.
Un livre plein d'humanisme, de réflexions sur le monde, la guerre et ses conséquences sur des destinées individuelles. Des observations et des remarques d'une troublante justesse. Très bien écrit, un voyage qui pousse à s'interroger sur la puissance de l'amitié, la complexité des relations humaines, la psychologie humaine lorsque les différents protagonistes proviennent d'univers variés, que cela soit le milieu social ou la religion. Même les retrouvailles amoureuses sont amenées avec beaucoup de délicatesse. Je cherchais un livre réconfortant après les attentats de Paris. Je l'ai trouvé, même si la fin est amère. Un livre d'ouverture contre le fanatisme. Car les intégristes sont prompts à interdire, par exemple la musique (voir la vidéo d'un imam, l'imam de Brest, endoctrinant des enfants : la musique vous transforme en porc ou en singe (sic), les morts du Bataclan apprécieront, mais étonnamment n'interdit en rien certains travers ... qui concernent les riches bien entendu. Comme de s'acheter une Porsche ou une Ferrari rutilante, voir ces véhicules abandonnés en Arabie Saoudite. Il y a bien d'autres exemples où la loi religieuse est aménagée, interprétée ... pour les puissants, rien de surprenant de la part d'un pouvoir, de tous les pouvoirs).
Ma patrie sociale, c'est l'entre-deux. Ni les possédants, ni les revendicateurs. J'appartiens à cette frange médiane qui, n'ayant ni la myopie des nantis ni l'aveuglement des affamés, peut se permettre de poser sur le monde un regard lucide.
Sans chercher à juger, avec beaucoup de finesse, une histoire lumineuse porteuse d'espoir même si, je ne m'y attendais pas le moins du monde, la fin m'a fauché dans mon humeur quasi mystique.
Personne ne prétend qu'il ne faut jamais rien interdire. Mais certains de tes coreligionnaires ont l'interdiction facile. On a l'impression qu'ils fouillent les textes à la recherche d'un interdit de plus, qu'ils se dépêchent de proclamer. Quelqu'un a dit un jour des puritains anglais : "Ils ne sont pas vraiment fanatiques, ils veulent seulement être sûrs que personne ne s'amuse nulle part."
Un livre aussi sur le voyage, l'exotisme, l'exil, l'émigration et ses conséquences sur notre vision du monde et sur nos choix. 
 Mais à votre âge il faut que vous le sachiez : le temps de la décence est révolu. Ou, pour dire les choses plus brutalement : la décence est morte.
Un livre magnifique. Quelques paragraphes très instructifs et quelques phrases qui pourraient servir d’aphorismes. J'ai adoré ce livre. Cela m'a donné l'envie de lire d'autres livres de cet auteur. J'ai choisi Les identités meurtrières.

Ceux qui appellent à la révolution devraient démontrer à l'avance que la société qu'ils vont établir sera plus libre, plus juste, et moins corrompue que celle qui existe déjà. Vous ne croyez pas ?

Note : AAAA

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