jeudi 24 décembre 2015

Le ROLAND-BARTHES sans peine de Burnier et Rambaud

Fragments d'un discours jargonant
Le ROLAND-BARTHES sans peine de Michel-Antoinne Burnier et Patrick Rambaud (Chifflet&Cie, 116 pages, 1978 réédition 2015)

Incipit :
Pour intéresser de jeunes élèves à l'étude d'une langue, chacun sait qu'il importe de les mettre au plus tôt en présence d'une phrase complète. Ainsi :
 La jalousie est une équation à trois termes permutables (indécidables): on est toujours jaloux de deux personnes à la fois : je suis jaloux de qui j'aime et de qui l'aime. L'odiosamato (ainsi se dit “rival” en italien) est aussi aimé de moi : il m'intéresse, m'intrigue, m'appelle (voir L’Éternel Mari, de  Dostoïevski).
est une phrase de Roland Barthes.

Rappelant les méthodes de langue sans peine, ce livre déconstruit le parlé scriptural de Roland-Barthes, R.B. pour les intimes et pour lui-même. C'est particulièrement réussit et drôle. Pour les amateurs de jeu de langue (Oulipiens et Cie, avec entre autre Exercices de Style, mais aussi Le Boloss
des Belles Lettres ou encore Pascal Fioretto, L'élégance du maigrichon,  ou les pastiches de Reboux et Muller), des détracteurs de l'obfuscation du discours (par exemple George Orwell, recueil Why I write, article Politics and the English Language), des adeptes de la French Theory de Cusset (voir la variante, recueil Fresh Theory), ou plus sérieusement de critiques (Prodiges et vertiges de l'analogie de Jacques Bouveresse où on apprend que, pour Régis Debray, l'autisme est un tore ; Impostures intellectuelles de Sokal et Bricmont, blague potache édifiante) ou les tripatouillages du pouvoir dominant en philosophie (De la Pourriture, de Jean-François Raguet).

Je précise que je n'ai rien contre R.B.(cf. Note 1 en base de page) J'ai adoré ses Mythologies. Et dernièrement un roman qui parle de sa mort, La septième fonction du langage. Et ce livre de Rambaud et Burnier, truffé de travaux pratiques, me permettra de décoder/décrypter ses ouvrages plus abscons (s'il y a bulle, papale ?) comme Le degré zéro de l'écriture. J'avais commencé calmement par Le degré zorro de l'écriture de Jean-Pierre Verheggen (pour les amoureux de Valère Novarina).

A mundo condito, ce livre pratique/pragmatique/pragma-tique ouvrira un "nouveau" champ/culture de compréhension de l'univers R.B (pour moi ? l'Autre ?). Cela (le Ça Freudien qui donne le la/DoRéMiFaSol) ne plaira/détestation pas à la Doxa (l'exploratrice), champ contre champ, lutte intestine, diarrhée, incontinence verbiale. Le Barthes sans peine (à jouir ?) pendant de l'Oulipo (sucion, marque du diable, copyright, DRM), paysage non euclidien, le degré bozzo/clownesque de l'ek-criture, fragments d'un discours sur les quantas mimétiques. L’authenticité du Dasein n’existe que si la liberté est libérée du “on” (1921/1922: Phänomenologische Interpretationen zu Aristoteles. Einführung in die phänomenologische Forschung. 2. durchges. Auflage. Klostermann, Frankfurt am Main 1994) mais pas du moi (Moi ?), essence/gazole/tangente pétrolière de cet ouvrage.

Bon ok, je ne suis pas aussi bon que les auteurs mais en tout cas ce pamphlet est très bien fait, très amusant, très ludique. Brillant ! Remake d'un vieux film (Jason et les Argonautes) cela donne Roland et les jargonautes.

Note : AAAA


Notes de bas de page :

1. oui je n'ai rien contre R.B. et je le précise comme le précise cet ouvrage dans son quatrième de couverture (!?). Étrange comme précaution. Ayant entendu récemment Patrick Rambaud pour son prochain livre (François Le Petit) il a clairement dit qu'une fois décodé le R.B. énonçait des choses banales. Ah ouais, quand même, digne d'un Rambaud 2. LOL.

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