dimanche 6 décembre 2015

Les identités meurtrières d'Amin Maalouf

Hé Manu, j'te descends ?
Les identités meurtrières d'Amin Maalouf (Livre de poche, 189 pages, 1998 pour l'édition originale)

Incipit :
Depuis que j'ai quitté le Liban en 1976 pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleurs intentions du monde si je me sentais « plutôt français » ou « plutôt libanais ». Je réponds invariablement : « L'un et l'autre ! » Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu'en répondant différemment je mentirais.

J'avais commandé ce livre car d'une part j'avais apprécié Les désorientés et d'autre part parce qu'une connaissance l'avait cité suite aux attentats de Paris. Je pensais qu'il s'agissait d'un roman, en fait c'est un essai (réussi). Mais je n'y perds rien au change. D'une écriture claire, limpide, rappelant judicieusement ce qu'il appelle des évidences, Amin Maalouf disserte sur une notion complexe, multiple, évanescente parfois, sensible toujours, en particulier de nos jours car souvent instrumentalisée par des politiciens démagogues.

J'ai trouvé ce livre pédagogue, nuancé, fort à propos dans cette période troublée que nous traversons, et offrant même au delà d'une analyse fine et optimiste, un code de conduite, qui, appliqué par tous, pourrait apaiser et désamorcer toutes tentatives violentes et offrir à tout un chacun une ouverture sur l'autre, source d'enrichissement. C'est aussi un livre qui peut permettre, sur les bases communes qu'il propose, d'échanger avec celui qu'on considère parfois avec peur, inquiétude, hostilité. Un livre de salut public en somme.

Prémonitoire lorsqu'il envisage l'élection prévisible d'un Noir à la Présidence des États-Unis, il l'est moins, malheureusement, à son insu, en ce qui concerne l'espoir qu'il recèle. Et suite aux derniers évènements (France, Tunisie, États-Unis) il est d'autant plus important de le lire.

Il a même une proposition pour l'Europe, étayée et soutenue par des argumentations solides comme le reste de son essai,  concernant l'apprentissage des langues. Trois, une identitaire, la troisième l'anglais et celle du milieu une langue européenne de cœur. Cette idée, apparemment simpliste, jouerait plusieurs rôles concernant les identités meurtrières (qu'elles ne seraient donc plus) ce qui lui donne toute sa force. Pour illustrer cet article j'aurais pu extraire beaucoup de phrases pleines de bon sens et sur lesquelles tout le monde devrait être amené à réfléchir, discuter, et avancer.

Un très beau livre avec une conclusion qui clôt cet essai avec brio. Un livre à offrir autour de soi !

Note : AAAAA


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