dimanche 31 janvier 2016

Hell de Lolita Pille

Assholes not dead
Hell de Lolita Pille (Livre de Poche, 156 pages, 2002)

Incipit :
Je suis une pétasse. De celles que vous ne pouvez supporter ; de la pire espèce, une pétasse du XVIe, mieux habillée que la maîtresse de votre patron. Si vous êtes serveur dans un endroit «branché» ou vendeur dans une boutique de luxe, vous me souhaitez sans doute la mort, à moi, et à mes pareilles.

Une pétasse aristo, d'un cynisme trash, recherche un sens à sa vie et incidemment l'âme sœur. Cela tombe bien, Andréa, un petit con friqué aristo, comme elle, semble être son double idéal. Auront-ils des enfants cyniques, superficiels, pourris gâtés comme eux ? Le suspense me taraude l'esprit.

Genre Roméo & Juliette (pour l'amour impossible) version Dolce & Gabbana destroy, beaucoup plus proche du cynisme nihiliste de notre époque que du romantisme d'un Choderlos de Laclos avec ses Liaisons dangereuses. Version encore plus pathétique et trash que Cruel Intention, un film déjà inspiré des Liaisons dangereuses, mais cette fois spécial pour ado. Difficile de s'émouvoir pour ces écorchés vifs dont la seule intelligence émane de l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes, pas une seule ligne (même de coke) indiquant leur richesse intérieure, étouffée totalement par leur richesse extérieure (sac Dior, voiture de luxe, montre à 100 plaques etc). L’instinct de mort décuplé par le pouvoir de la carte bleue (ici en noire VIP, les Carte Bleues "normales" c'est pour les bouseux). Une fascination de l'auteure pour les plaques minéralogiques, des phrases qui font mouche, un style un peu punk déjanté. Mais un peu vain tout cela, car une fois lu, So What ? Bref. Mauvais point pour avoir mal orthographié Creep de Radiohead (écrit Creap dans le livre). Bon point pour le choix de paroles de Léo Ferré que j'aime beaucoup. Mais voilà, au final personnages inconsistants et creux, que de l'apparence, ce qui est raccord avec le sujet d'une certaine manière mais manque de psychologie.

Lu sur les conseils de Frédéric Beigbeder, dans son livre Premier Bilan après l'apocalypse, et je me demande un peu pourquoi (j'ai préféré sur ses conseils Disgrace ou Mendiants et orgueilleux), à part peut-être parce que Lolita Pille cite le livre de F.B. 99 francs et que ce dernier l'a édité, un renvoi d'ascenseur ? ils ont partagé un rail de coke lors d'une soirée ?  ils ont vomi ensemble dans les chiottes d'un hôtel de luxe 5 étoiles ? Bon cela ne nous regarde pas. Peut-être que l'histoire lui rappelle des souvenirs tout simplement, ou l'attrait pour les phrases concises comme un slogan de pub dont il est friand lui-même dans ses livres ? J'ai appelé Mme Soleil pour savoir. J'ai eu le répondeur. Dommage.

Il y a du potentiel c'est vrai (ben oui je reconnais que c'est balaise de pondre un livre, j'en suis pas capable) mais l'histoire est un peu convenue et tourne parfois en rond (normal vu ce qu'ils s'enfilent derrière la cravate, en soie). Se lit bien mais sans plus. Pour ado névrosé, cela les rassurera sur leur condition comme à l'époque de Dallas (la Dallasothérapie comme l'avait titré un magazine de Psychologie de l'époque. Je résume : hein ? les riches de Dallas sont méchants, alcoolos, ne sont pas heureux ???!!!! mais ... alors ... ma vie de pauvre est pas si mal alors ... allez cool je pars chez Dia m'acheter des chips avec ma mob, youpiiiiiiii !!!!). Vous pouvez faire l'impasse et lire autre chose, vous pouvez aussi la jouer à Pille ou face (désolé ai pas pu m'empêcher).

Note : A

Article en écoutant Avec le temps de Léo Ferré, Engels de Rammstein, l'adagio d'Albinoni, Wish you were here de Pink Floyd. Position du poirier ascensionnel.


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