lundi 11 janvier 2016

Les groseilles de Novembre d'Andrus Kivirähk

Peakaboo !!!
Les groseilles de Novembre (Chronique de quelques détraquements dans la contrée des Kratts) d'Andrus Kivirähk (Le Tripode, 265 pages, 2014)

Incipit :
PEU AVANT MIDI, LE SOLEIL SE MONTRA UN INSTANT. Cela faisait plusieurs semaines que l'on n'avait plus vu un tel prodige : depuis le début d'octobre, le temps était resté gris et pluvieux. L'astre du jour épia une dizaine de minutes entre les nuages, puis le vent se leva, reboucha le mince interstice qui s'était ouvert brièvement, et le soleil disparut. De la neige fondue se mit à tomber.

Découvert dans ma librairie de quartier un samedi matin avant d'aller déguster un café sélectionné avec le plus grand soins dans un café bio d'élite. J'avais déjà pu apprécier le talent de l'auteur dans l'excellent L'homme qui savait la langue des serpents. De plus il s'agit du même type original de couverture, toujours aussi magnifique ! Bravo à l'éditeur.

L'histoire est toujours aussi païenne et farfelue. Nous passons ici un mois en compagnie de paysans d'un village. Ils sont méprisants, voleurs, débrouillards, lâche, égoïste etc. mais parfois peuvent faire preuve d'humanité (en cherchant bien) ou d'un amour touchant. Assez deuxième degré, donc ne vous minera pas le moral, parfois cocasse, toujours inventif, mais tragique tout de même. La rencontre avec le Diable est assez amusante, la confection des Kratts (constructions hétéroclites qui, après un accord Faustien, sont habités d'une âme et servent de personnel à tout faire, en particulier voler le bien d'autrui) est pour ainsi dire poétique. Je ne suis pas surpris que l'auteur traduise Arto Paasilinna, un auteur que j'affectionne. Il est vrai que la côté nature et découverte, deuxième degré, moquerie, dans un monde absurde les rapproche. Pour l'imaginaire c'est aussi un peu dans l'esprit Tim Burton ou de la poésie délirante de la série Pushing Daisies (dont je ne regretterais jamais assez l'arrêt, retrouver l'acteur Lee Pace, notamment dans La bataille des cinq armées, ne m'a pas consolé non plus).

Une lecture plaisante, originale, drôle (un art consommé pour l'auto dérision, l'auteur parlant de son peuple tout de même !!! Qu'il soit populaire en son propre pays, l'Estonie, montre que l'autodérision est bien plus répandue qu'on ne croit) mais une histoire malheureusement moins bien que L'Homme qui savait la langue des serpents. Une petite déception de ce point de vue. Compensée par l'arrivée massive de livres commandés (à cause de Premier bilan après l'apocalypse et de Conversations d'un enfant du siècle), je quitte mon boulot, nous partons en famille loin, et bim ! la lecture toute la journée ! Yeepee !)

Un livre tout de même à conseiller car sort des sentiers battus. Tiens, là que j'y pense, pour ceux qui ont aimé La mécanique du cœur de Mathias Malzieu même si Les groseilles de Novembre est moins optimiste.

Note: AA


Article écrit en écoutant Shigeru Umebayashi Lovers, Sophie Hunger Le vent nous portera, Ella Fitzerald & Louis Armstrong Summertime, et après une séance chez le dentiste (I will survive !)

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