samedi 16 janvier 2016

Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery

So much beauty in the world,
so few eyes to see it.
Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery (Éditions Joëlle Losfeld, 235 pages avec les annexes, 2013 pour la présente édition)

Incipit :
Gohar était réveillé à présent ; il venait de rêver qu'il se noyait. Il se souleva sur un coude et regarda autour de lui, les yeux remplis d'incertitude, encore hébété par le sommeil. Il ne rêvait plus, mais la réalité était si proche de son rêve qu'il demeura un instant perplexe, fortement conscient d'un danger qui le menaçait.
J'ai découvert cet auteur grâce à Frédéric Beigbeder dans son ouvrage  Premier bilan après l'apocalypse. Et je ne le regrette pas. Un livre qui suit quelques personnages en Égypte. Un policier et un groupe de mendiants. L'un d'entre eux, Gohar, était un philosophe qui aurait pu avoir un avenir tout tracé mais a préféré la vie de mendiants, car libre, détaché du monde matériel, de la consommation, du capitalisme et des mensonges du pouvoir (dit-il). Un acte irréversible va déclencher quelques évènements.

Il se dégage de ce livre une atmosphère de sédition et de subversion, d'ironie douce, un souffle de liberté qui prend à contre-pied nos modes de vie occidentaux. C'est rafraichissant et pousse à s'interroger sur notre manque de spiritualité. L'auteur pousse loin la provocation car Gohar, un des mendiants, se retrouvera par la grâce de l'auteur dans une position au delà du bien et du mal.

J'ai apprécié cette ambiance ambivalente, la description de la pauvreté et de l'indigence, prostitution, misère, et cela sans sensiblerie mais plutôt avec un regard attendri, d'amour même, pour ses personnages. Un style vaporeux comme une boulette de hash, matière très consommée par les différents protagonistes. Un appel à la contemplation, à se détacher des valeurs matérielles, une philosophie de vie qui fait la nique à l'absurdité de nos vies. Faudrait que je relise la chronique de Frédéric Beigbeder !

Note : AAAA

Article écrit en écoutant Take Five de The Dave Brubeck QuartetInfinie solitude, Tutto Va Bene, Sur le bout de la langue de Camille Bazbaz, Blood like lemonade de Morcheeba, Walking in the air de Nightwish, Goodnight Moon de Shivaree.

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