jeudi 4 février 2016

EBEN ou les yeux de la nuit d'Elise Fontenaille-N'Diaye

Beau titre, non ?
EBEN ou les yeux de la nuit d'Elise Fontenaille-N'Diaye (Rouergue Doado, 58 pages, 2015)

Incipit :
Je m'appelle Eben. Ebenzebe en vérité - mais tout le monde m'appelle Eben. Mon nom tout entier veut dire Pierre de mémoire, mais c'est un peu lourd à porter.
 Alors Eben, je préfère, c'est plus léger.

C'est un livre qui m'a été choisi pour le compte du Salon du Livre de Beaugency qui aura lieu en mars (Le 18-19-20). Je dois en faire une critique donc je m'abstiendrais de trop en dire ici.

Eben est un jeune garçon de Namibie. Il a un signe particulier, les yeux bleus, fruit inattendu des conséquences tragiques d'un fait méconnu, un des premiers génocide du XXe siècle où deux ethnies, les Hereros ainsi que les Namas, ont été massacrées par les Allemands, le grand humaniste Guillaume II préfigurant le génocide nazi, Eugen Fisher, un médecin Allemand racialiste, ayant notamment inspiré Adolf Hitler, c'est dire si les racines du mal sont profondes. C'était l'ambiance à l'époque, la France s'est aussi illustrée à la même époque (20 ans plus tard en 1947) en massacrant des Malgaches, certains historiens contemporain pinaillent sur l'emploi du mot "génocide", il est vrai que massacrer en masse (a minima 10 000 personnes, mais certaines estimations montent à 100 000) une population ciblée ce n'est pas aussi grave qu'un génocide, et évite de dire crime contre l'humanité ?. Un manque d'appréciation peut-être. Un peu comme une écrivaine/essayiste, Dominique Eddé, horrifiée récemment dans le journal Le Monde pour un dessin de Riss (je résume : que ce serait devenu le petit Alyan s'il avait survécu ? : peloter un allemande, suite aux problèmes lors de la Saint Sylvestre). Certes on a le droit de ne pas apprécier l'humour noir, de ne pas aimer Charlie Hebdo, et même de ne pas apprécier les dessins de Riss ou Riss lui-même. Mais je suis tout de même surpris, la tragédie n'est-elle pas l'immigration sur des embarcations dangereuses ? la gestion de l'accueil par l'Europe ? Les passeurs qui exploitent la misère humaine ? Les guerres en Syrie ? etc. etc. Mais non, une "intellectuelle" préfère s'en prendre à un dessin et à une personne plutôt que d'utiliser son temps à des objectifs plus ambitieux (ce serait trop demander semble-t-il). Cela illustre magistralement l'excellent proverbe : lorsque le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. Et même si c'est le doigt d'un dessinateur, pas n'importe lequel, on en est pas moins idiot pour autant. A peu près du même niveau que ces ados qui ne savent pas interpréter les caricatures de Mahomet, ne l'ayant pas vu pour certains, n'ayant su lire le surtitre pour d'autres, ou n'ayant pu dépasser le dessin pour se sublimer et atteindre un niveau supérieur. Mais concernant des ados je peux (presque) le comprendre. D'un écrivain beaucoup moins. Et, O surprise, il est possible de trouver drôle une caricature, tout en déplorant ce qui arrive aux réfugiés, voire peut-être plus car la caricature nous montre du doigt (encore lui). Mais dans la pensée binaire pas de place à la réflexion, mais à celle de l'émotion, sans recul, sans intellect, qui se rapproche de la position des terroristes contre la Liberté d'expression. Alors merci à Charlie Hebdo, Le Canard Enchainé  si cela peut aussi emmerder ces pisse-froids et mous du bulbe.

Elise Fontenaille-N'Diaye n'utilise pas un dessin, une caricature, ni même l'humour noir, pour démontrer le tragique, l'ignoble, la monstruosité. Elle écrit (très bien) un livre pour ado qui raconte la violence extrême au travers des yeux d'un jeune enfant et d'un pays magique, la Namibie, où, dans le désert du Kalahari, gisent les vestiges oubliés des corps détruit par la folie des hommes, recouvert en saison, de fleurs multicolores ...

Note : AAAA

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