samedi 26 mars 2016

Je me suis tue de Mathieu Menegaux

La chute
Je me suis tue de Mathieu Menegaux (Grasset, 186 pages, 2015)

Incipit :
La porte vient de se refermer derrière moi. J'attends le claquement coutumier du verrouillage électronique, et voilà. Je suis tranquille, jusqu'à demain matin, 7 heures. Tranquille, façon de parler : il suffit de faire abstraction des plaintes des nouvelles arrivées, du grincement des œilletons qui coulissent et des éclairs de lumière dans la cellule toutes les trois heures.  
Une bourgeoise, quadragénaire, dont on pourrait dire qu'elle a tout pour être heureuse, a un seul regret, ne pas avoir eu d'enfant. Par un hasard tragique, son souhait va s'exaucer. Elle le paiera au prix fort.

Un portrait de femme, avec toutes ses contradictions, ses ambiguïtés, ses regrets, ses changements d'émotions, sa psychologie, devant la mécanique implacable qui va l'écraser, l'anéantir. Je ne suis pas une femme mais j'avais l'impression que c'était écrit par une femme. L'auteur remercie d'ailleurs l'aide apportée par celles-ci dans la postface pour rendre crédible ce portrait d'un point de vue féminin. Réussit selon moi, pauvre homme.

Une sélection du prix Roblès 2016, et encore un bon livre. Le classement déjà pas simple devient plus difficile encore, mais Je me suis tue est de toute façon, pour moi, soit premier, soit deuxième. Le problème est que je dirais aussi cela de En attendant Bojangles ou Today we live. Hummmm.

Un très beau titre, à double sens, qui joue sur l’ambivalence du mot "tue" (verbe taire et tuer).

Note: AAAA

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