samedi 5 mars 2016

Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain Levison

Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain Levison (Liana Levi, 2009, 267 pages)

Incipit :
Mitch était planté devant un écran plasma 42 pouces quand la femme surgit derrière lui. Elle était jolie mais n'avait pas l'air commode, le genre hippie, avec de longs cheveux répandus sur une espèce de drap de lit marron. Mitch avait contemplé l'étiquette de la télé - 1 799 dollars - en sachant qu'il ne la possèderait jamais, pas avec son salaire de chef de rayon à Accu-mart. A moins de la voler.

Le titre anglais est plus sobre et moins dans le tape à l’œil (The dogwalkers), cela sent un peut le marketing spécialisé dans les titres les plus farfelus pour attirer le chaland. Bref. D'autant que dogwalkers montre bien l'idée que les héros du livre se laissent entrainer et ne maitrisent pas grand-chose, une métaphore en somme. Pour le titre français, concernant la langouste c'est moins discernable, même si celle-ci est bien cité dans le livre. Bref.

L'histoire tragi-comique d'une bande de losers, pas vraiment méchants, plutôt même attachants, mais avec la tendance assez fâcheuse à monter des plans foireux pour s'en sortir. Une critique corrosive du matérialisme et de la misère sociale qui vous poussent parfois à des excès incontrôlés. La pulsion ludique mêlée de bêtise naïve. De petit boulots en petits boulots, luttant pour payer le loyer, contre les petits chefs, trois gars pas vraiment idiots, ayant le sens des réalité pour leur quotidien mais le perdant dès qu'ils se bercent d'illusions pour une vie meilleure, décident divers plans pour enfin ne plus lutter pour survivre. Deal de drogues, vol de voiture de luxe, promenade de chiens de riches, pour finalement préparer l'apothéose de leur carrière de délinquants minables, un casse. A votre avis, cela va-t-il bien se passer ? Suspense intolérable, angoisse insoutenable du lecteur ...

Un livre sympathique mais j'ai préféré ma lecture précédente de cet auteur (que j'apprécie toujours par ailleurs, pour ses personnages, sa critique sociale, sa description de la misère et de nos illusions).

Note : AA

Article écrit en écoutant Schéhérazade de Rimsky Korsakov.

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