vendredi 8 avril 2016

Le Journal du Diable de Wittman et Kinney

Lucifer Corp (c)
Le Journal du Diable. Les secrets d'Alfred Rosenberg, le cerveau d'Hitler de Robert K. Wittman et David Kinney (Michel Lafon, 487 pages, 2016)

Incipit :
 Au beau milieu de la campagne bavaroise, à flanc de montagne, l'abbaye surplombait une vallée si belle qu'on lui avait donné le nom de Gottesgarten, le « jardin de Dieu ».
 Quand on l'observait d'en bas, depuis les villages et les fermes qui bordaient le fleuve sinueux, force était de reconnaître que l'abbaye de Banz attirait le regard.

Les aventures rocambolesques du journal d'Alfred Rosenberg, ce dernier étant le cerveau (malade) d'Hitler, depuis sa subtilisation par Robert Kempner, un des intervenants au procès de Nuremberg, jusqu'à sa découverte par un agent du FBI spécialisé dans la recherche d'objets ou d’œuvres d'art historiques.

J'ai confondu, lors de mon achat en librairie, avec Journal 1934-1944 qui parle également de ce journal, comment je ne saurais le dire, car ici, en tout cas, peu d'extrait dudit journal, mais surtout la vie de Kempner et celle de Rosenberg. Bien sûr il y a toute la clique autour de Hitler.

Ce qui surprend ici c'est la destinée de ce journal personnel, et surtout qu'il a fait l'objet de tractations un peu mesquines d'héritage, et qu'il aurait très bien pu disparaître, pour une pièce historique de cette nature cela aurait été dommageable. Cet ouvrage se base sur ce journal pour raconter la montée puis la chute du nazisme, donc se situe par rapport au regard de Rosenberg. On peut y découvrir aussi les coulisses du procès de Nuremberg, on y apprend notamment comment plusieurs forces ont amoindri la justice contre les nazis (pour des raisons de pouvoir entre les procureurs, et aussi pour des raisons géopolitiques des USA contre la Russie et donc le début de la guerre froide etc) et la difficulté d'analyse au regard de la masse des archives (les Allemands étaient méticuleux). Mais surtout on est au sein de la machinerie et de l'idéologie nazie, de ses crimes les plus funestes, le trafic d'objets d'arts étant le moindre de leurs forfaits.

L'autre point notable c'est un livre idéologique au moins aussi important que Mein Kampf, bien que moins connu, Le Mythe du XXème siècle d'Alfred Rosenberg qui a servi de base, qui a été diffusé et imposé aux masses, en particulier dans l'éducation. J'en avais entendu parler et j'en avais un peu lu dans divers ouvrages mais je ne m'attendais pas à ce rôle si central dans l'idéologie nazie.

Après cette lecture épuisante moralement, il est assez sidérant de lire la défense des différents dignitaires nazis lors du procès, leur mauvaise foi, leurs mensonges, en particulier celle de Rosenberg puisque ce livre s'y intéresse principalement. C'est extrêmement dur de se confronter à une personne qui nie, dit ne pas être au courant, etc. en dépit de toutes les évidences.

Un livre assez documenté (pas mal de références à la fin), bon complément d'autres ouvrages sur cette période noire de l'Histoire. Une fois de plus, à cette lecture, on peut se rendre compte à quel point le gazage de 6 millions de juifs n'est pas un "détail" de la Seconde Guerre Mondiale, de tels propos sont ignobles et indignes, mais sa spécificité, l'industrialisation de la Mort. Le livre souligne aussi l'influence idéologique, qu'ont eu sur Hitler, Alfred Rosenberg ou Dietrich Eckart.

Note : AAAA


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