vendredi 22 avril 2016

Substance Mort de Philip K. Dick

DSM V
Mémoires d'un corps calleux
qui se désagrège

Substance Mort de Philip K. Dick ( folio SF, 396 pages, 1978)

Incipit :
C'était un type qui passait ses journées à se secouer les poux des cheveux. Le toubib lui dit qu'il n'y avait pas de poux dans les cheveux. Après être resté huit heures sous la douche, debout sous l'eau chaude à souffrir le martyre, heure après heure, à cause de ses poux, il sortait et se séchait, et il trouvait encore des poux dans ses cheveux ; en fait il en trouvait partout.

Movie Poster
Dans une banlieue sordide, Bob, un toxico, passe du temps avec quelques potes drogués. Certains pètent un peu les plombs, normal, la substance mort détruit le cerveau, le dissocie. Les stups sont sur le coup et Fred, un agent, a en charge la surveillance du groupe. On apprend assez rapidement que Fred est un agent infiltré et qu'il est en fait ... Bob.

Les thèmes de prédilection de Dick, société de la surveillance, drogues, hallucinations, pertes de repères, fragmentation de la personnalité. Un récit sombre, halluciné, où on est plus ou moins à la place d'un drogué, qui devient plus ou moins schizo. Une écriture simple, efficace, mais non dénué d'originalité et de complexité, on a l'impression de lire un traité de psychopathologie, côté victime. La postface, qui montre à quel point l'auteur connait son sujet, est poignante. Une plongée dans la lutte anti-drogue, l'infiltration et ce que cela implique de sacrifice.

Une (excellente) adaptation a été portée à l'écran, sous forme animé (de mémoire cela a été en partie filmé puis retraité par ordinateur).

Note : AAAA

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