lundi 1 août 2016

Demande et tu recevras de Sam Lipsyte

Mathieu 7:7
Demande et tu recevras de Sam Lipsyte (MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE EDITIONS, 416 pages, 2015)

Incipit :
L'Amérique n'était plus qu'une vieille mère maquerelle en fin de vie. Qu'était donc devenue cette grande nation qui avait pris d'assaut les plages de Normandie, fait la nique aux soviets et inondé les marchés émergents d'une génération pleine de promesses ?

On suit Milo et ses déboires, une vie considérée comme moyenne, non réussi, au point de se demander s'il ne provoque pas ce qu'il redoute, un être pathétique jusqu'à en être drôle. Une Amérique décadente, un parallèle à peine dissimulée avec la chute de l'Empire Romain, d'ailleurs cité dans le livre, p.328). Un humour noir, au deuxième degré, un côté aussi joyeux et optimiste qu'un Michel Houellebecq mais situé ici aux states. Caustique et décalé, n'hésite pas dans l'ironie mordante et le politiquement incorrect.
Le médecin s'est arrêté devant mon lit avec son porte-bloc.
"Vous allez pouvoir sortir, annonça-t-il.
-- Tout va bien donc ?
-- Ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit le toubib. J'ai seulement dit que vous alliez pouvoir sortir."

Le titre français rappelle une citation de la Bible,  Mathieu 7:7, ce qui est moins évident avec le titre anglais mais toujours possible. Milo est un dépendant, qui tend la main à son épouse, son patron, son ami, etc. Il quémande en quelque sorte, et cela se dégrade, il perd rapidement son triple A, les agences de notations ne lui sont guère favorables. Cela me rappelle, chez le même éditeur, Mailman et Karoo, éditeur d'ailleurs aux couvertures si particulières et aux remarques si amusantes (à la fin de l'ouvrage) sur la confection dudit volume (Couverture gentiment claquée pour la secouer un peu, ouvrage rempli d'innombrables désillusions ...ha ha sont trop forts !!!!).
Je ne lirais jamais un livre dont vous seriez le personnage principal, Milo. Et je doute que quiconque ait envie de le faire. A quoi bon ?
Personnellement j'ai bien aimé (j'aime Houellebecq, alors ...), les destins désespérés, le style ironique caustique grinçant deuxième degré, à la limite de l'absurde parfois, cela doit m'interpeler, et il y a quelques passages qui m'ont bien fait rire. Oui, ci-après, un des personnages s'appelle bien Vagina.
"Tout va bien se passer, Milo, reprit Vagina. Tenez."
Elle fit glisser une fiche plastifiée vers moi. C'était la recette de la salade russe.
"J'ai regardé comment faisait mon mari. Il ne doit jamais savoir. Personne ne doit jamais savoir.
-- Merci Vagina
-- Promettez-moi d'arrêter les wraps, Milo. C'est répugnant, vraiment.
-- Je m'en rends compte, maintenant."

Note : AAA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire