samedi 15 octobre 2016

Le prix Nobel de Littérature 2016 par les comiques suédois

Le prix Nobel de Littérature 2016 par les comiques suédois (Politiquement incorrect éditions)

J'ai cru à un poisson d'avril, mais voilà nous ne sommes pas en avril. Bob Dylan prix Nobel de Littérature 2016. Très surprenant. Si la surprise était la volonté du comité alors pourquoi pas un Prix Nobel de Littérature pour un auteur de BD, un mathématicien (les mathématiques ne sont-ils pas un langage universel ?), un cinéaste, un musicien (la musique n'est-elle pas un langage ? Beethoven Prix Nobel de Littérature cela se défend non ?), un auteur de littérature jeunesse, ou, plus dans l'esprit du temps et du dévoiement des prix et de leur finalité, à une agence de communication. Mais parait-il il faut élargir notre vision du monde, décloisonner ... sinon on est un esprit chagrin. Alors allons-y pour une agence de communication pour le prochain Nobel de Littérature et un Grammy Awards pour Homère, pourquoi pas. Le comité participe à sa manière à la confusion des valeurs du monde d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas de dire que Dylan c'est mauvais (au contraire c'est très bien), mais de dire que par rapport à Homère, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Apollinaire, entre autre exemples, ce n'est pas comparable (et de loin).

Un choix nostalgique d'un groupe d'anciens, où Antoine Compagnon, connaissant une partie des jurés, a bien ramé à la radio (Hier matin, sur France Culture, je crois) pour défendre le côté littéraire, parlant même de jeunisme pour ce choix. Rappel de la définition (Wikipédia) : "Le jeunisme est un néologisme généralement péjoratif qui décrit la volonté supposée de donner une place plus importante aux jeunes, ou aux notions liées à ces derniers". Lapsus révélateur (car jeunisme est généralement péjoratif) mais surtout contresens d'Antoine Compagnon, car lorsqu'un groupe de personnes d'un âge certain l'attribue à une personne elle-même âgée de 75 ans, j'ai du mal à percevoir où se situe le jeunisme.  Je constate plutôt la gêne de l'universitaire.

Il est symptomatique de lire un nombre de sites web conséquents expliquant à longueur de pages pourquoi c'est un bon choix, exposant de nombreux extraits de textes de Dylan. Il se trouve que je lis l'anglais et que la pauvreté des textes est assez surprenante. Je ne doute pas un seul instant que chanté, accompagné de musique, cela se révèle magistral. Mais à lire c'est une autre chanson (ha ha). Avez vous lu du Rolling Stones ? Non ? Ben le faites pas. Écoutez plutôt leurs albums.Dylan qui a aussi puisé chez de nombreux poètes (27 citations dans un de ses albums, dixit un journaliste du Monde de ce week-end), au point où, personnellement, je me demande ce qu'a vraiment écrit Dylan par lui-même et si c'est vraiment le plus grand poète vivant (?!). Ayant lu Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Victor Hugo, Dylan ne leur arrive pas à la cheville. Encore une fois je parle de ses textes, pas de ces derniers chantés et accompagnés de musique. Amusant de lire aussi (Le Monde de ce week-end) que les textes de Dylan sont parfois abscons, rétifs à la compréhension etc. bref un substrat qui permet beaucoup d'interprétations, des liens d'associations, ce qui fait leur force bien sûr, mais aussi selon moi leur faiblesse littéraire. Un manque de substance permet plus d'hypothèse mais un manque de substance est un manque du substance. Parfois, toujours dans Le Monde de ce samedi, sont admirés les passages surréalistes, mot intellectuel qui cache parfois le n'importe quoi. Le journaliste rapporte aussi les propos d'un maître de conférence qui insiste sur le fait que Dylan lisait beaucoup, critère un peu faible (sinon je vais être nobélisable ?), et qui cite le vers suivant, un superbe exemple de flux kerouacien qui a marqué les sixties (rien que ça) dixit le maître de conférence :


Don't follow leaders/Watch the parkin' meters ("Ne suis pas les maîtres/surveille les parcmètres").

Hummm ... ah ouais quand même. Renversant. Si on arrive à dire autant sur ce type de vers, je m'interroge sur les adulateurs de Dylan. Abus de LSD ? Idolâtrie ? Delirium Tremens ? trop de Kellogs aux pesticides au petit déj le matin ? trop de chewing gum ?


Beware of the dark / who's kickin' your back ? ("Fais gaffe à l'obscurité, qui te botte le derrière ?")

On nous balance que Dylan a écrit 700 textes, mais en livres, combien de pages (oui ok c'est quantitatif et le qualitatif est important aussi) ? L’œuvre de Murakami est tout de même plus dense, plus littéraire que les 700 textes de Dylan.Le plus ironique (toujours dans Le Monde de ce week-end) il est écrit que traduire Dylan n'avait pas de sens (normal, cela nuit à la prosodie, aux assonances etc vu qu'on change de langue) ce qui limite drastiquement la portée universelle des textes (et non de ses chansons j'insiste).

Que les fans de Dylan soient ravis cela se conçoit, mais quid des lecteurs, des écrivains ?  Il est surprenant que les quelques personnes de mon entourage qui trouvait cela bien ne lisent pas ou s'en moque un peu de ce prix. Ce qui me confirme dans l'idée que ce choix est un doigt d'honneur à la littérature, qu'il n'incitera pas le moins du monde à lire, qu'il s'agit plus d'un non évènement, d'un choix de nostalgiques gâteux, peu inspiré dans un monde où tout se vaut, où tout peut se justifier. Heureusement il y a tellement d'auteurs merveilleux et toute la littérature classique que finalement ce choix, même si je le trouve médiocre, m'incite encore plus à lire des auteurs. Mais étant déjà lecteur je prêche un convaincu, moi-même de surcroit, c'est d'un intérêt tout relatif.

Bon je ne vais pas être un de ces esprits chagrins, tout se vaut, à quand le Goncourt pour Banksy, le Renaudot à Jeff Koons, le Médicis à Madonna ou Maître Gims ?


Attention le deuxième vers cité (supra) est une blague !! ha ha !

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