dimanche 16 octobre 2016

PSYCHOBOOK: Games, Tests, Questionnaires, Histories de Lionel Shriver

Forever Jung, I want to be forever Jung
PSYCHOBOOK: Games, Tests, Questionnaires, Histories de Lionel Shriver, Oisin Wall and Mel Gooding (Princeton Architectural Press, 192 pages, 2016)

Incipit :
As a kid I was always beffudled by classmates whose reigning ambition was to "fit in" - to blend with their peers as if into human wallpaper. I wanted to stand out. Admittedly, I came of age in the 1960s, an era that celebrated oddity.
Un livre multiforme fruit d'une équipe d'auteurs, un guide historique bien illustrés d'anciens tests de personnalités. Assez grand public, supposé nous étonner à chaque page (bon là c'est un peu survendu) qui est assez critique soit sur le défaut scientifique du test (la phrénologie), soit sur l'instrumentalisation des tests à des fins idéologiques ou politiques (armée, recrutement, classement des étrangers, politique d'immigration) qui montre que parfois les tests de personnalités ou les tests psychotechnique sont aussi créés dans un contexte social, politique et font écho aux stéréotypes ou tendent à prouver ce qu'ont souhaitait qu'ils prouvent.

Depuis il y a une démarche scientifique plus aboutie (la psychologie a énormément progressé depuis le début du XXème siècle), une épreuve des faits (statistiques, enquêtes, recherche, mis en ligne), et les biais idéologiques sont normalement écartés autant que possible (ils sont pris en compte dans l'élaboration et éliminés autant que possible). Néanmoins ce livre rappelle qu'un test en tant que tel peut être pervertie de sa finalité, par incompétence, par idéologie, par narcissisme du psychologue qui se croit tout puissant et bien d'autres facteurs. Ce livre est tout de même assez à charge, omettant qu'un test fait partie d'un contexte, qu'un test à lui seul est insuffisant dans une démarche thérapeutique, par exemple, que c'est un outil parmi d'autres, qu'il est un des éléments permettant d'aider ou d'étudier l'autre mais ne se suffit pas à lui-même. Le danger sont ceux qui se servent des tests à des fins autres, qui en ont une vue idéalisée et réductrice, qui instrumentalisent ces tests pour prouver des vues politiques, raciales, etc. et qui cherchent à faire dire beaucoup plus que ce qu'un test peut dire. Ce livre à ce titre le rappelle et il est une forme de mise en garde. en revanche le choix de certains tests dans ce livre, que le lecteur peut faire, est assez pauvre, quelques questions sur certains thèmes, le tout se rapprochant des pseudo tests de magazine, que l'ouvrage dénonce par ailleurs. Des tests actuels peuvent avoir 500 questions et demander plusieurs heures à réponde. Certains arguments sont de toute manière intéressant et pourront rappeler à l'étudiant en psychologie quelques règles de déontologie, de rigueur scientifique et de rester humble.

Ce qui me gêne le plus dans ce livre est la confusion entre les type (Jung) et les "big five" (traits). Dans le premier cas il y a quelques catégories par des types qu'on a ou pas (on/off). Dans le cas des big five, c'est l'aspect dimensionnel des traits de caractères (par exemple l'angoisse sera évaluée entre 1 et 10), ce n'est plus du "on a le trait ou pas" mais plutôt on est plus ou moins angoissé. Sur 5 traits cela donne 10 puissance 5 différentes personnalités, bien plus riche que les quelques types de Jung, beaucoup plus fin etc. et une approche radicalement différente. Et le livre ne fait pas la distinction entre ces deux approches et les mets dans le même sac !!!!! Big five n'étant pas 5 types de personnalité. C'est assez décevant pour ce type d'ouvrage.

L'iconographie, les photos, les objets anciens mis en valeur dans ce livre est le point fort de l'ouvrage. Cela donne presque envie de collectionner les mallettes, les planches de ces tests.

Un livre intéressant mais pas aussi génial que le quatrième de couverture me l'avait laissé penser.

Note : AAA


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