dimanche 5 février 2017

L'imprescriptible de Vladimir Jankélévitch

L'imprescriptible Pardonner ? Dans l'honneur et la dignité de Vladimir Jankélévitch (Seuil, 104 pages,1986)

Incipit :
Est-il temps de pardonner, ou tout au moins d'oublier ? Vingt ans sont, paraît-il, suffisants pour que l'impardonnable devienne miraculeusement pardonnable : de plein droit et du jour au lendemain l'inoubliable est oublié.
Deux textes de Vladimir Jankélévitch parus l'un en 1948 et l'autre en 1971, les replacer dans leur contexte est important encore que de nos jours ces textes me semblent avoir toujours leur importance.

Deux textes sur le devoir de mémoire, sur la spécificité du crime contre l'humanité de l'holocauste voire de leur singularité et pourquoi il est vital de transmettre ce moment indicible, à la limite de l'impensable, pour espérer que l'humanité en retire quelque chose.

Je ne connais pas suffisamment le contexte de l'époque (1948 et 1971) qui pourrait justifier le style pamphlétaire dont je sens sourdre un cri de souffrance poignant. Cela me gêne un peu d'essentialiser les allemands, de les rendre tous responsables collectivement et d'oublier les justes fussent-ils peu nombreux, l'auteur en est conscient et à un moment dans un des articles il le fait remarquer. Mais sur le fond il rappelle violemment quelques principes qui dérangent car rentrent en conflit avec la realpolitik (la guerre froide notamment). Il y a quelques oublis que je trouve malheureux, un mot aurait suffit,  les nazis ayant aussi détruit les handicapés ou les homosexuels dans les camps.  Certes les juifs ont été la cible prioritaire de la folie d'Hitler, de ses camps d'extermination, et ont payés un très lourd tribu, mais ce n'est pas un raison. Un manque de nuance qu'on retrouve dans anti-sionisme = antisémitisme, on peut, à raison, ne pas être d'accord avec les colonies illégales de l'état d’Israël, mais là je parle en 2017, peut être que cette remarques était totalement juste à son époque. Mon avis pèsera de toute façon assez peu (même rien soyons honnête) au regard des forces internationales et de la folie des hommes.

Il reste deux textes (et des annexes) d'un grande force, émouvants, d'une importance vitale pour rappeler que l'être humain est capable du pire et que beaucoup s'arrangent des faits, des situations et tentent de se parer de vertu de pacotille. L'auteur rappelle que les bourgeois, les intellectuels etc. se sont bien accommodés de l'occupation pour se trouver, sur le tard, de grands résistants. Jean-Paul Sartre (qui n'est pas nommé, mais je me rappelle des podcasts de Michel Onfray et du livre Une si douce occupation) a pu faire ses pièces de théâtres sans souci majeur. Cela ne doit pas occulter l'essentiel, que l'auteur nous rappelle avec conviction et passion.

Certaines saillies ont, de nos jours, gardé toute leur puissance :

../.. la France signifie quelque chose d'exceptionnel et d'irremplaçable sur quoi le monde a les yeux fixés et qui rend plus honteuse encore la médiocrité morale de ces dernières années. Il faut, hélas ! en prendre son parti : l'évidence de la honte n'est pas encore évidente pour tout le monde.
Tout rapprochement avec des évènements politiques récents serait tout à fait fortuit et déplacé. Il n'empêche ...

Note : AAAAAAAAA




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