mercredi 8 mars 2017

comme neige de Colombe Boncenne

comme neige de Colombe Boncenne (Buchet Chastel, 114 pages, 2016)

Incipit :
« Là, celle-là ! avait hurlé Suzanne, en désignant de la main la sortie que nous étions en train de dépasser.
- Alors là, bravo, Suzanne ! Tu ne pouvais pas le dire plus tôt ? »

Constantin Caillaud a tout lu d'Emilien Petit. Jusqu'au jour où, accompagné de sa compagne Suzanne, il tombe par hasard, dans une boutique, fourré au fond d'un carton, sur un livre qu'il n'a jamais lu de cet auteur, Neige noire. Il en parle même à son amante, éditrice, qui prend peu au sérieux cette annonce, prétexte, selon elle, à la revoir. Mais, pour lui prouver sa bonne foi, impossible de remettre la main dessus. Recherche internet, lettre à l'éditeur ... rien n'y fait.

Le premier livre lu de la sélection pour le prix Emmanuel-Roblès 2017. Une écriture travaillée, appliquée, recherchée, je n'ai pas été surpris que l'auteur ait fait des études de lettres, un récit captivant vu que je prenais intérêt à reprendre ma lecture du livre et que je l'ai lu assez rapidement finalement. Un mystère intriguant pour exercice de style sur la création (œuvre de collaboration, collective ou encore composite) dont les définitions sont rappelées opportunément en début de volume. Une mise en abyme ludique, un jeu sur la porosité entre narrateur, auteur, personnage de fiction, lui-même auteur ou co-auteur de sa propre narration qui ferait une autofiction sous un pseudo dont le titre du livre dans le livre serait en rapport avec le titre du livre que tient le lecteur, ce dernier à la recherche d'un livre perdu  qu'il tient pourtant dans les mains alors que l'auteur n'est peut être même pas Colombe Boncenne (Un pseudo d’Émilien Petit c'est sûr !) Au final le lecteur n'est-il pas co-auteur de l'histoire, participant à sa manière, via son vécu, son ressenti, son interprétation, à l'histoire elle-même fût-elle connue que de lui ? Ne reste qu'à barrer le nom de Colombe Boncenne et le remplacer par mon nom. Vous avez suivi ? Vous en avez de la chance ! Je vous rassure le livre est tout à fait compréhensible, rien à voir avec le charabia ci-dessus. J'ai bien aimé les références littéraires ou les clins d’œil à certains auteurs (comme Volodine) on sent que l'auteur s'amuse bien (et moi aussi au final). Le livre de Petit s'appelle Neige noire, un complément en forme de Yin Yang de blanc Comme neige ? Le Grand Tout littéraire en fusion des compléments d'objets (directs).

Un livre intéressant, que l'on peut conseiller mais cela fait peut-être un peu trop exercice appliqué pour ravir tout le monde. je vais de ce pas entamer un autre livre de la sélection, L'été des charognes.

Note : AAA

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