mardi 2 mai 2017

Fils du feu de Guy Boley

Fils du feu de Guy Boley (Grasset, 157 pages, 2016)

Incipit :
Souvent il arrivait que papa et Jacky martèlent de concert. Pas un mot, pas un cri, juste des souffles mêlés comme font les amants. De lourds coups sur l'acier, de petits sur l'enclume, en rythme cadencé, sorte de concerto pour enclume et marteaux où la basse continue n'était autre que celles de leurs respirations.

Une belle langue au service de souvenirs d'enfance, bercée de sons rythmiques que ne renierait pas un compositeur de musique concrète. La nostalgie d'un auteur au parcours atypique, d'une époque où on forgeait à la main, où l'idée de beau était soumise à un art transmis de génération en génération et non pas le fruit de machine-outils industrielles déshumanisées créant en série le même modèle médiocre et à bas coût, règne sans partage du plastique roi, soubassement de l'obsolescence programmée du surplus sans fin d'organes ménagés encombrant nos cuisines exsangues et fourbues. L'époque où un forgeron était un Dieu et son enfant le fils du feu, où les étincelles du fer chauffé à blanc tissait une voie lactée sur nos pupilles émerveillées. Une vie rude non dénuée d'incident de parcours, où la perte se compense par un imaginaire, à l'instar d'En attendant Bojangles que ce livre m'a un tantinet rappelé (et un tondu). Une histoire touchante.

Fruit d'une bonne et équilibrée sélection du prix Roblès 2017, il n'emportera tout de même pas le gros lot, selon moi, Désorientale gardant toute ma sympathie !!!

Note : AAA

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