lundi 1 janvier 2018

Connaissance ignorance mystère d'Edgar Morin

Gnōthi Seauton for President !
Connaissance ignorance mystère d'Edgar Morin (Fayard, 175 pages, 2017)

Incipit :
 J'aime connaître.
 J'ai gardé les curiosités de l'enfance, les interrogations de l'adolescence, j'ai pu, à vingt-sept ans, dans mon livre L'Homme et la Mort, interroger ce qui, dans la condition humaine, pose le plus de problème et nécessite une culture transdisciplinaire ; à trente ans, j'ai eu la chance d''être intégré au CNRS, qui m'a permis de satisfaire mes curiosités et interrogations, loué soit-il pour la liberté qu'il m'a accordé !
 Je ressens toujours très vivement le plaisir des découvertes et des élucidations, et je n'ai cessé de lire revues scientifiques et ouvrages m'informant des prodigieux progrès des connaissances.
J'ai flashé sur le titre, lors de mon énième passage à la librairie de Beaugency (Christophe n'en peut plus de me voir passer ...), un titre que je qualifiais de prometteur dans un article précédent. Déjà je sens qu'Edgar Morin est typiquement le genre de personne qui me fascine, je n'ai évidemment pas son niveau, sa culture et sa carrière mais néanmoins je partage avec lui la curiosité et la soif d'apprendre et de comprendre. J'aimerais en plus suivre son exemple et être capable de raisonner autant et de produire quelque chose de censé, j'y travaille c'est toujours cela. Bref, ce livre est du miel pour le cerveau (genre braingasm ASMR) car autant que je m'en souvienne j'ai toujours apprécié ce qui est transdisciplinaire, ce qui recherche l'analyse de fond, des grandes lignes, la prise de distance et l'influence ou le mélange de sources variées et a priori non miscibles (produit par les premiers de cordée en pensée latérale). Ce livre et aussi celui que je suis en train de lire du même Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, développent tout cela, et non seulement montrent à quel point connaître est ignorer mais aussi que la perspective mortifère de séparer les savoirs ne fait qu'accentuer cette ignorance, au point de s'inquiéter de tous ces experts qui en dehors de leur matière sont d'une très grande ignorance, en particulier sur l'avenir. C'est fou ce que je suis en accord avec ce qu'il dit. Le titre se prête à merveille à sa démonstration, tant la connaissance renvoie à l'ignorance et à la limite de la première qui devient de facto mystère. Je suis content d'avoir embrayé sur un autre ouvrage de l'auteur (cf. supra) vu qu'on y retrouve des thèmes similaires et que ses ouvrages se complètent. J'ai également commencé un livre sur Kant (Apprendre à philosopher avec Kant de Muglioni, supposé être accessible, mais qu'est-ce que j'en bave ...) pour plusieurs raisons, la première est que je suis une quiche en philosophie et que cela m'ennuie beaucoup (je dirais même c'est inacceptable), la deuxième est que ma fille va vers une filière où la philosophie a de l'importance et que j'aimerais pouvoir continuer à discuter intelligemment (autant que faire se peut) avec elle même s'il est plus que probable qu'elle m'apprenne des choses (ce qui me convient tout à fait, je la pousse à se dépasser, et donc d'une certaine manière je me prépare à comprendre ce qu'elle va me dire dans un futur proche ...), livre qui finalement se recoupe sur certains points avec Edgar Morin.  Déjà Kant me plait comme gars, penser par soi-même (sapere aude !!! Merci Horace)  me semble un bon point de départ et il milite pour cela ! en plus c'est un soutien des Lumières, bref nous sommes entre amis. Dommage que je ne puisse dîner avec lui, ou suivre ses cours.

En conclusion un livre fort intéressant qu'il me faudrait déjà relire tant il est dense en idées. Et puis vous apprendrez en autre ce qu'est le catoblépas, cela ne se refuse pas !

 Note : AAAAA

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