jeudi 26 novembre 2020

The End of College by Kevin Carey

 The End of College : Creating the Future of Learning and the University of Everywhere by Kevin Carey (Riverhead Books, 288 pages, 2016)

Incipit :

The Japanese television crew and excitable LA producer were the first signs that something unusual was happening at MIT.

Un livre plus réaliste, concret, étayé que Petite Poucette. Plus récent aussi. Mais qui n'évacue pas l'enseignant, ne confondant pas savoir/connaissance et éducation/pédagogie. Le constat du Digital Learning, de l'enseignement à distance, du numérique, est maintenant bien connu. Même des instances européenne s'en font l'écho comme le CEPS (Rapport en ligne). La France n'est pas très bien classée (18ème). Et il ne suffit pas de Moodle pour répondre aux enjeux. Dans ce livre le constat est sévère, élitisme des Universités, manque crucial de pédagogie, dépenses délirantes pour attirer l'étudiant, dépenses non en pédagogie, en travail, en accompagnement mais en infrastructures de divertissements (terrains de sport, murs d'escalades, salles de sport high tech etc) qui font grimper les inscriptions à des niveaux indécents où les étudiants se retrouvent endettés jusqu'au cou à 21 ans. Or le numérique change la donne. Accès global à des cours, à des ressources, à de l'aide (Forum), nouveaux outils (Octave, Fold-it), coût marginal très peu élevé etc. Un marché énorme où le privé peut se substituer rapidement aux Universités publiques ou élitistes. Comme une plateforme qui met en lien étudiant, enseignant avec des cours optimisés, organisés, multi-formes, où une I.A. permet de déceler les points faibles de l'apprenant, où les données récupérées permettent d'affiner un cours et le rendre accessible au plus grand nombre. Quelle sera la plateforme GAFA de l'éducation ? EdX ? Coursera ? Khan Academy ? Fun MOOC ? Jeune je rêvais d'une ... simple calculatrice, j'ai fini par avoir une TI57LCD, mais je voulais une calculatrice graphique et programmable (avec plus de mémoire que la TI57). Maintenant on a en ligne ou en client lourd Octave !!! On peut voir les arcanes de l'implémentation des variables dans Python Live, on peut expérimenter avec les dernières technologies comme les containers Docker, on a un environnement intégré pour apprendre à coder sur CodeCademy, etc. J'ai aussi suivi il y a quelques années un cours d'Art Contemporain de John David Ebert (Contemporary Art Course, qui n'est plus disponible sur Open Online Education ni dans le channel Youtube, alors pour la certification c'est râpé ! Mais j'ai son livre, excellent) . Il y a plus intéressant dans ce livre The End of College, même si l'auteur se perd un peu sur sa propre vie avec un propos un peu redondant et dilué. Met il met le doigt sur le pouvoir des Université actuelle : le diplôme ! Les université étant détentrices de cette clé d'entrée, mais la foi en ce bout de papier est la même que la foi dans les billets de 20 euros, cela repose sur une entente tacite. La mise en place de certifications reconnues, étayées et validées et leur mise en valeur dans LinkedIn par exemple peut sonner le glas de la toute puissance des Universités traditionnelles. Il y a encore quelques années les enseignants ne voulaient pas que leurs cours soient disponibles, accessibles, partagées. Ils risquent de se tirer une balle dans le pied à une époque de l'Open Learning Inititative, des MIT Open Courseware, de l'Open Educationnal Ressource. Ce livre regorge d'anecdotes, de rencontres, de ressenti divers, d'expérience, et fait ressentir la vague numérique qui nous submerge. Dommage qu'il n'y ait pas de bibliographie, de références et que le propos ne soit pas plus académique. Adepte des MOOCs pour découvrir tout un tas de chose, je ne peux qu'adhérer aux propos de l'auteur, propos qu'on peut constater lorsqu'on s'intéresse à ce sujet ou qu'on connait de près une université. J'ai bien aimé la partie validation des certifications en dehors du circuit habituel des diplômes émis par des institutions reconnues, les Open Badges, et j'ai apprécié les propos qui sous-tendent non pas l'intérêt qui me semble évident, mais qui la manière dont les apprenants s'en saisissent et leur approche pour les mériter, les collectionner, les mettre en valeur. Cette reconnaissance des compétences acquises était le dernier rempart qui protégeait les Universités ... Que va-t-il se passer ?

Note : AAAAAAAAAA


Doing math with Python by Amit Saha

 Doing math with Python. Use Programming to Explore Algebra, Statistics, Calculus, and More!  by Amit
Saha
(No Starch Press, 264 pages, 2015)

Incipit :

The USA  Network television channel once ran a detective dramedy called Psych, in which hyper-observant amateur sleuth Sean Spencer solved cases while pretending to use psychic abilities.

Un livre fabuleux. Ha si j'avais pu avoir accès à de tels ouvrages plus jeune ... J'adore cet éditeur. Et ce livre est parfait pour découvrir Python en s'amusant !!! Bon ok faut aimer s'amuser avec les maths, mais le calcul symbolique, quelques stats, etc. mais apprendre en s'amusant quoi de mieux ? C'est extrêmement motivant, cela permet de découvrir diverses facettes de ce langage tout en s'intéressant à diverses problématiques. En particulier produire des haïkus ! Cracker des codes, élever des rats, jouer avec la formule de gravitation, etc. Le petit souci pour les haïkus, c'est de trouver une base de mots en français qui compte les syllabes mais bon un peu de challenge que diable. Et au passage on découvre les chaînes de Markov. Et comme je suis visuel, l'occasion de faire des graphiques avec la librairie MatPlotLib .... que du bonheur ... Nerdgasm ! Je me suis préparé sur Codecademy (Python 2) et sur Fun MOOC pour Python 3 (J'en suis à la cinquième semaine, bientôt les classes objets !!!). C'est là aussi qu'on s'aperçoit que les cours en ligne ont énormément progressé. Même si la France est 18ème (Rapport du CEPS) pour sa préparation au numérique. Cela rejoint le livre que j'ai presque fini, The end of College, une critique sévère du système universitaire US, qu'on pourrait étendre sur certains aspects au système français. Même si le livre commence à perdre sa place pour apprendre, le numérique étant plus dynamique, malléable, interactif, etc., il reste tout de même de ouvrages comme celui là qui sont très amusant à explorer. J'aurais aimé que le livre nous fasse coder par étape pour arriver à la fin au programme complet, un peu comme le fait Codecademy. Mais globalement ce livre adresse des sujets très divers et montre le potentiel de la programmation, sa plasticité. Les concepts Python se retrouve par exemple dans Octave, l'équivalent libre de Matlab, un outil génial pour explorer les matrices, l'algèbre linéaire. Quand j'étais au lycée j'ai tout juste pu accéder à une TI57LCD (De mémoire) puis à une HP11C en NPI (Toujours de mémoire) et là on a ... Octave qui fait des graphiques comme avec MatPlotLib. cela permet de comprendre des concepts, de jouer avec. Comme ce livre qui démontre tout le potentiel de la programmation, ici en Python. Cela rend l'algorithmique plus sexy ... Et cet éditeur No Starch Press me plait autant que l'éditeur O'Reilly !

Note: AAAAAAAA

mercredi 18 novembre 2020

Prelude to Foundation by Isaac Asimov

 Prelude to Foundation by Isaac Asimov ( HarperCollins, 216 pages, 2016)

Incipit :

Suppressing a small yawn, Cleon said, “Demerzel, have you by any chance ever heard of a man named Hari Seldon?”
Ahhh quel cycle !!! J'ai commencé par relire la trilogie initiale et puis ... dans la foulée ... retour aux sources. Cela commence un peu lentement et même avec quelques longueurs au début même si cela est suffisamment intriguant, puis cela décolle et la fin, quelle fin !!! J'adore ! On ressent bien le côté humaniste de l'auteur, sa vision, à une échelle cosmique. Il n'y a pas que la science ou les maths, mais aussi la psychologie, la sociologie, une forme de géopolitique. Je me demande dans quelle mesure il n'a pas influencé l'auteur de Dune ou tant d'autres. Et puis finalement j'apprécie de le lire dans le "désordre", de savoir d'où vient cette psychohistoire comment Hari en est venue à la développer dans quelle conditions. Et là surprise il y a même de l'amour !! Hummm nerdgasm ...

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

mardi 10 novembre 2020

Ce qu'ici-bas nous sommes de Jean-Marie Blas de Roblès

 Ce qu'ici-bas nous sommes de  Jean-Marie Blas de Roblès  (Zulma, 268 pages, 2020)

Incipit:

Ce mémoire est une mise en forme de mes carnets de route destinée, sur la suggestion du professeur Binswanger, à mettre un peu d'ordre dans le chaos de mes souvenirs.
Ce livre me fait l'effet d'un O.L.N.I (Objet Littéraire Non Identifié) encore qu'il me rappelle par certains côtés à la fois le roman The Selected Works of T. S. Spivet mais encore l’inénarrable Catalogue d'objets introuvables de Carelman. Mais c'est surtout l'angle sous lequel il est raconté, une monographie anthropologique sur la contrée du Zindàn. Mélange de verve, d'humour pince sans-rire, de références diverses et surprenantes qui allie à la fois le sérieux et le déjanté, l'imaginaire ébouriffé, entremêlant actualité et passé, une mixtape postmoderne poétique. Vous y retrouverez des passages sur le jeu de Go, et donc sur le deep learning (pour les fans du software engineering) qui a mené Lee Sedol à sa perte, (pour les fans du jeu de Go et d'Alphago) mais aussi des tatouages en forme de QR code, pour les fans de technologie, de l'EMDR (pour ceux qui s'intéressent à la psycho), un langage (qui existe), le BrainFuck (Sur la page wikipédia l'incontournable 'Hello World' en BrainFuck, genre de machine de Turing), pour ceux qui ont un côté g33k, à la fois humour raffiné, provocateur, érudit, fourre-tout parfois, mais très bien raconté, avec un côté Oulipien dont je devine à peine les contraintes. J'ai raté une bonne partie des références littéraires citées en fin d'ouvrage. Mais ce qui fait aussi la particularité de ce roman ce sont ses illustrations, en partie collage mais aussi réalisations de l'auteur (Bravo !). En fait, j'adore ces gravures noir et blanc vintage (style XIXème siècle) finement ciselées et souvent complètement barrées, en contrepied de leur statut encyclopédique d'origine. Un roman atypique qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, un peu du Lévi-Strauss sous LSD ou psylocibin, voire des deux. A un moment il y a un écorché d'un personnage nommé Occam et je me demandais si cela avait un rapport avec le rasoir d'Occam, principe bien connu, je suppose que oui, en tout cas je trouve cela délicieusement raffiné.

Note : AAAAAAAAAAA

dimanche 8 novembre 2020

Le proto-fasciste Donad Trump viré

 Donald J. Trump (SORE LOSER) viré 

Despicable man. Indecent guy in chief

Enfin le dictateur aux petits pieds, le sexiste (tweet, documentaires), raciste (tweets, mur Mexique, propos sur les pays shithole), escroc (Trump University [Commision sénatoriale], évasions fiscales [l'analyse de ses comptes]), menteur compulsif (tweets, il triche y compris au Golf !!), corrompu/corrupteur, égocentrique, déstabilisateur du monde (fermeture d'ambassade, mépris des Palestiniens etc.), sociopathe (cf. le portrait par sa nièce, Too much and never enough de Mary L. Trump), impoli (tweets, conférences), grossier (tweet, conférences, débats), complice de meurtre dans sa gestion du COVID9, mal éduqué, insultant, méprisant, irrespectueux des lois (y compris protocole de la Maison Blanche), mauvais perdant, traitre à sa propre nation (Collusions avec la Russie avérée mais la lâcheté et l'idéologie crasse des Républicains l'a protégé), anti-démocrate, mettant en péril les piliers de base comme la séparation des pouvoirs (judiciaire etc), attaquant les médias systématiquement, populiste au vocabulaire limité, enfin il dégage. C'est un soulagement. Le monde ne peut que s'en porter mieux. Car avec les Bolsonaro, Boris Johnson, Erdoğan, PoutineOrbán, Kim Jong-un franchement cela devient inquiétant. Sans parler de Fox News (aka Fake News) et du journalisme partisan qui n'a quasiment plus aucune éthique. Un système qui est devenu mafieux et funeste. Pas surprenant que le RN soit supporter d'un tel individu.

 Avec Kamala Harris on retourne à une politique intelligente, décente et compétente au moins !

Chandan Khanna / AFP

Culture Numérique de Dominique Cardon

 Culture Numérique de Dominique Cardon (SciencesPo Les Presses, 432 pages, 2019)

Incipit :

L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques provoquées par l'invention de la machine à vapeur ou de l'électricité au cours des révolutions industrielles.
Une compilations des cours de l'auteur à Sciences Po, accessible à tous et c'est là son tour de force. Même si par mon métier j'ai plus d'affinités sur le sujet qu'une personne n'ayant aucune connaissance sur ce thème. L'importance d'une culture numérique, étant donné que c'est la société dans laquelle on vit et donc la comprendre, me semble essentiel pour comprendre les enjeux, les inquiétudes, les contraintes, les possibilités et être un citoyen/citoyenne éclairé. Chaque article est cours et va à l'essentiel et chaque article est accompagné d'excellentes références soit de livres (sociologie, études, réflexions), soit de conférences (TED par exemple), soit d'articles fondateurs (Celui de 1936 de Turing ou de 1998 de Brin et Page, le pagerank de Google), bref une mine d'informations même si ces articles fondateurs je les connaissais. Quelques erreurs de typographie, ce qui est un peu dommage. Et, horreur, encore cette confusion entre programmateur et programmeur (p. 395) que je m'amusais à pointer dans de nombreux ouvrages. Un programmateur travaille à la radio ou se trouve dans une machine à laver, alors que le programmeur est le codeur, le développeur de programmes. Rien à voir. Trouver cette confusion dans ce genre d'ouvrage, de culture numérique, je le rappelle, fait un peu mal quand même. Bon c'est tout de même contrebalancé par la qualité des articles et le spectre large des points adressés. Je regrette qu'il y ait si peu sur le e-learning, sur l'Art numérique (le deep dreaming inversant le Machine Learning, cf. DeepDream, et Deep Dream Generator), ou une référence à Snowden (Par exemple l'excellent No place to hide de Glenn Greenwald) mais globalement du bon ouvrage. Devrais être lu par tout le monde. Car cela parle aussi du citoyen et de l'usage des big data avec l'opendata comme dans les sites nosdeputes.fr ou ParisData. Ils rappellent aussi l'usage de CookieViz (de la CNIL) qui permet de connaitre la manière dont vous êtres traqués.

Note : AAAAAAAAAAAA

Seconde fondation d'Isaac Asimov

 Seconde fondation d'Isaac Asimov (Denoël, 256 pages, 1966)

Incipit :

Il y aurait bien d'autres choses à dire sur le Mulet et son Empire que ne le fait l'Encyclopédie, mais la plupart s'écartent des préoccupations qu'elle s'est tracées.

Le cycle initial, de trios volumes, se termine. après Fondation et Fondation et Empire. Mais le cycle de Fondation est bien plus important et comprends au final sept volumes. Je n'ai pas réussi à les trouver en ouvrage complet ou séparé et encore moins à un coût raisonnable. Mais j'aimerais bien lire les sept. Je vais y réfléchir. Là un cycle s'achève. C'est toujours brillamment mis en scène et Asimov trouve, encore, le moyen de nous piéger et de nous surprendre. Matérialisme de la première fondation et monde du pouvoir psychique de la deuxième de nombreux symboles et idéologies parcourent l’œuvre, notamment cette volonté de puissance propre à l'humain, même si c'est au détriment d'un idéal plus vaste. Cette saga est un peu Star Wars mais avec un scénario bien plus élaboré et profond et bien antérieur à cette saga filmique. Dommage que Denoël est mal fait son travail éditorial, c'est plein de fautes de français, de fautes typographiques et page 211 il manque même une partie de phrase !!! Du travail ni fait ni à faire. quel mépris pour l'auteur et les lecteurs. J'espère que les éditions ultérieures auront eu plus de soin à l'ouvrage. Franchement ...

Note : AAAAAAAAAAAA