lundi 22 juin 2020

Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne

Elephant man !
Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne (Livre de poche, 316 pages, 2003)

Incipit :
En l'année 1872, la maison portant le numéro 7 de Saville-row, Burlington Gardens - maison dans laquelle Sheridan mourut en 1814 -, était habitée par Phileas Fogg, esq., l'un des membres les plus singuliers et les plus remarqués du Reform-Club de Londres, bien qu'il semblât prendre à tâche de ne rien faire qui pût attirer l'attention.

  Et voici le Fogg londonien (ha ha), un gentlemen, tout en retenu, précis comme une horloge suisse, au point où son nouveau domestique, Jean Passepartout,  croit pouvoir y trouver la paix, la sérénité, le calme, la sédentarité. Quelle ne va pas être sa surprise ! Et de taille ! Un livre d'aventures entrainant , drôle, plein de péripéties avec des personnages attachants et mémorables. Un classique qu'on ne présente plus. Une conclusion très philosophique, très belle, de Jules Verne. Oui les voyages ne forment pas que la jeunesse. Une invitation à la découverte de l'Autre et du Monde. Une belle couverture en écho aux éditions Hetzel, des gravures à l'intérieur qui illustrent à merveille ce roman ... merveilleux, pétillant, doux comme une madeleine. Et de surcroit une biographie où on comprend mieux la maîtrise de l'auteur pour la navigation. Une petite merveille qu'il me semble ne jamais avoir lu. Hé bien j'en suis fort aise de l'avoir fait. On retrouve de manière métaphorique les adages "Les voyages forment la jeunesse", "L'homme se découvre devant l'obstacle", "Qui ose réussit" et bien d'autres. En ce sens ce livre est un puits de sagesse qui dépasse de loin la simple distraction. On pourrait même y voir la force de la volonté et de la pugnacité, Philéas Fogg appliquant des principes de développement personnel qu'on peut trouver dans les ouvrages d'Anthony Robbins ... bien avant Anthony Robbins.

Note : AAAAAAAAAAA

Ouverture de la librairie Le Chat qui dort à Beaugency !

Ouverture de la librairie Le Chat qui dort à Beaugency ! (Le Chat-qui-dort, millions de pages, 18 juin 2020)

Incipit :
rooonnn rôôoonnnn

C'est nouveau, c'est tout chaud, cela sort du four ! La librairie Le Chat qui dort a ouvert ses portes à Beaugency, place du petit marché, le 18 juin 2020 !!! Véronique a remplacée Christophe et la décoration a été revue de fond en comble. Vous pouvez la découvrir sur Facebook ! J'y suis déjà passé et j'ai déjà reçu quelques livres de commande. Très content de retrouver une vraie librairie où il est possible de discuter, échanger, regarder des livres, les feuilleter. Prochainement il y a aura même un rayon de livres en anglais !! Après ce confinement, faites la fête à cette librairie !! C'est important les livres, c'est important de lire, c'est important les commerces de proximité !

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

dimanche 14 juin 2020

Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov

MiaououUUU !
Le Maître et Marguerite de Mikhaïl  Boulgakov (Robert Laffont Pavillons Poche, 704 pages, 2018)

Incipit :
C'était à Moscou au déclin d'une journée printanière particulièrement chaude.

Un livre étonnant, qu'on pourrait classer dans le fantastique. Peu importe en fait. Une critique sociale de l'époque de Moscou des années 30, en partie sur ce qu'à subit l'auteur sous l'habillage d'une revisite du mythe de Faust, où c'est Marguerite qui fait le pacte, bref de multiples variations pour un roman riche et complexe, mais coloré d'une mondanité satanique délicieuse. Quel contraste avec le Faust de Goethe que je n'arrive pas à terminer, qui commençait si bien avec des très beaux vers, mais dont l’architecture est bancale, mal jointoyée, un salmigondis du mythe de Faust, de nuit de Walpurgis, d'échanges des Parques Atropos, Clotho, Lachésis, de rebondissements (tavernes, etc.) mal à propos. Bref, très déçu de Goethe. Quant à Boulgakov, même en prose, c'est bien mieux, plus frais, frétillant, malicieux, rocambolesque, fantasque, poétique, symbolique (Soleil/Lune). L'épilogue montre bien l'esprit moutonnier, conformiste, plein de commérage, de superstitions, de comportements grégaires, mais c'est surtout une relecture de Faust surprenante qui s'inscrit dans le vécu de l'auteur, cela fait d'ailleurs quelque chose de savoir que tel paragraphe a été dicté sur son lit de mort. Un livre inachevé mais tout de même abouti. Les notes de bas de page précisent et éclaircissent certains points, une préface et avant-propos qui enrichissent cette œuvre. Cela m'a rappelé de très nombreuses choses, l'Air des bijoux dans Tintin du Faust de Gounod, où ici Marguerite, pétillante, ri de se voir si belle, l'échiquier animé qu'on retrouve dans Star Wars, et pleins d'écho qui me rappelle Harry Potter, notamment la cheminée qui sert à voyager ... Mais au delà de ça c'est une vision du climat Stalinien, une ambiance plus métaphorique que dans le 1984 d'Orwell. Un livre marquant ... Et j'aime bien l'édition Pavillons Poche !

Note : AAAAAAAAAAAA

Mémoires de deux jeunes mariées d'Honoré de Balzac

Mémoires de deux jeunes mariées d'Honoré de Balzac (Pléiade, pages 128 à 327, 1951)

Incipit :
Ma chère biche, je suis dehors aussi, moi !


Seul roman épistolaire de La Comédie Humaine. Dédié à Georges Sand. Bon vu comment cela se finit, je commence à douter du terme 'Comédie', car pour l'instant chaque roman a une bonne part d'amertume ... c'est le moins que je puisse dire ... La Comédie Humaine mais alors de manière ironique ou absurde au sens Camusien. Disons que cela explore les facettes labyrinthiques de nos visions, de nos vues, de nos conditionnements, de nos âmes, etc. C'est en premier lieu une grande complicité entre deux femmes, intelligentes, fines, délicates, qui s'ouvrent l'une à l'autre. Puis petit à petit leur destin diverge. Comme dans La Maison du chat-qui-pelotte, c'est entre une vie 'normale', l'amour raison, et l'amour passion, cet amour passion qui, dans Le Bal de Sceaux, s'agrémente parfois de conditions jusqu'au-boutiste. C'est très bien analysé, détaillé, et Balzac écrit tellement bien, les lettres d'amour sont tout simplement magnifiques ! Et cette complicité, qui se complique certes, mais si belle entre deux âmes ! Je suis plutôt content d'avoir décidé de lire toute La Comédie Humaine. Enfin je le suppose car j'estime à un an pour la lire, à raison d'un volume par mois, mais sans lire que cela. Oui il me faut lire autre chose parfois ! Bon je comprends que Mémoires de deux jeunes mariées fassent l'objet de rééditions en un seul volume, c'est effectivement un beau roman d'amour qui décrit bien les sentiments, mais aussi une complicité rare.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

lundi 8 juin 2020

le Bal de Sceaux de Balzac

le Bal de Sceaux de Balzac (Pléiade, pages 72-127, 1951)

Incipit :
Le comte de Fontaine, chef de l'une des plus anciennes familles du Poitou, avait servi la cause des Bourbons avec intelligence et courage pendant la guerre que les Vendéens firent à la république.


Deuxième livre de La Comédie Humaine, juste après La Maison du chat-qui-pelote. Ce dernier exposait les nuances entre un mariage de raison et un mariage de passion, tradition contre aventure, et changement de classe. Là nous suivons une héroïnes très difficile sur le choix de son mari, s'étant imposé un nombre de critères comme par exemple qu'il soit pair de France. Sûr d'elle, la première à jeter des épigrammes aux yeux de monde, elle tombe tout à coup amoureuse d'un mystérieux jeune homme, au bal de Sceaux. A-t-il tous les critères ? L'amour n'est-il pas plus important après tout ? Jusqu'où aller entre l'être idéal et un être réel qui sied à son cœur ? Comme dans une fable, la chute est sévère, mois que dans La Maison du chat-qui-pelote, mais tout de même. Balzac ne devait pas connaitre les fins hollywoodienne ni la série Harlequin, enfin je dis cela je n'en ai jamais lu, mais j'ai cru comprendre que cela se terminait toujours bien. Bref, au delà de ces amours tarabiscotés c'est aussi une analyse ds mœurs et une critique sociale détaillé que nous offre l'auteur. Quand même quel génie que ce Balzac !!! Je dis cela car j'ai bientôt terminée l'histoire qui suit, Mémoires de deux jeunes mariées, et il  a un style qui se déploie de manière magistrale, les lettres amoureuses, par exemple, sont somptueuses . Décidément cette Comédie Humaine est d'une richesse stupéfiante.

Note : AAAAAAAA

mercredi 3 juin 2020

Bartleby the scrivener by Herman Melville

Bartleby the scrivener. A story of Wall Street by Herman Melville (CreateSpace Independent Publishing Platform, 32 pages, 2017)

Incipit :
I am a rather elderly man. The nature of my avocations for the last thirty years has brought me into more than ordinary contact with what would seem an interesting and somewhat singular set of men, of whom as yet nothing that I know of has ever been written:--I mean the law-copyists or scriveners.
Une nouvelle, très courte, sur un personnage particulier, pour ne pas dire singulier. Personnage dont on sait très peu de chose, effacé, inodore,solitaire, isolé dans son monde, perdu dans son labyrinthe ?, qui en dit le moins possible, qui mange peu, qui s'incruste et fini par faire partie des meubles. Qui dit peu et même qui répète souvent à peu près la même chose I would prefer not to, qui devient presque du comique de répétition. Moins on en sait et moins il en dit et plus le responsable réfléchit, se pose des questions, imagine des choses. Il y a le mur qu'on voit au travers de la fenêtre, le mur du nom de la rue, peut-être un lien avec le quartier d'affaire, encore que au moment où cela a été écrit, je ne sais trop, et ce mur d'incommunicabilité entre Bartleby et son entourage. Et pourtant il parasite son entourage, trois clercs de notaire, qui finit par utiliser le mot prefer au point d'inquiéter le responsable, le notaire, qui se perd dans des méandres de réflexions devant cette passivité inamovible, au point de déménager ... Bon je n'en dit pas plus mais étonnamment Herman Melville rend ce personnage intriguant, le notaire aussi, c'en est même drôle d'une certaine manière. On finit comme le notaire par s'attacher à Bartleby !!! On sent une grande bonté pour son personnage, d'autant plus paradoxale que ce personnage est minimaliste, comme le notaire on se construit une image, un imaginaire à partir de quelques informations aussi pauvres que Bartleby. Mais d'ailleurs est-il pauvre ? On l'imagine car cela nous le rend cohérent. Mais est-il cohérent ? Bartleby rend le questionnement infini devant ce minimum d'informations, c'est un peu le tour de force de l'auteur. En tout cas j'ai trouvé cette nouvelle accrocheuse, souhaitant en savoir plus, l'auteur titillant la curiosité comme un expert. J'ai appris qu'il était fait référence à ce personnage dans La vie mode d'emploi de Perec, sous le nom de Bartlebooth. Cela ne me surprends guère ...

Note : AAAAAAA

The Last Dragonslayer by Jasper Fforde

The Last Dragonslayer. The Chronicles of Kazam Tome 1 by Jasper Fforde (HMH Books for Young Readers, 306 pages, 2013)

Incipit :
It looked set to become even hotter by the afternoon, just when the job was becoming more fiddly and needed extra concentration. But the fair weather brought at least one advantage: dry air makes magic work better and fly farther.

Une aventure rocambolesque que j'hésite à classer dans la fantasy ou dans le fantastique. Cela m'a plutôt l'air d'être dans le fantastique mais il y a des dragons. C'est surtout plein d'humour et pourtant lorsque l'histoire prend de l'ampleur c'est une satire de notre société : l'argent, la consommation, la publicité, le pouvoir, la lutte des classes etc. Un monde où la magie se retire peu à peu, les sorciers sont utilisés pour faire de la plomberie ou refaire le réseau électrique d'une maison, plus rapide, moins salissant etc. que fait par un professionnel du métier. Ils n'ont de pouvoir magique qu'un passé révolu. Il y a une héroïne qui s'ignore, il y a un dragon qui ne s'ignore pas, le dernier de son espèce, et qui vit dans une zone protégée. Et une prédiction dit qu'il va bientôt mourir ... tué par le dernier chasseur de dragon. Alors se met en place les intérêts des uns et des autres pour utiliser cette terre et l'exploiter, cela crée des tensions géopolitiques. Qui croire ? Une réflexion sur la manipulation, le mensonge.  Mais c'est surtout une histoire traitée de manière décalée, ironique, mordant, où une épée s'appelle Exhorbitus ? Pourquoi ? Parce qu'elle a du coûter cher à fabriquer ! ha ha ha mort de rire. Bon dit comme cela ce n'est pas particulièrement drôle mais dans le flux de l'histoire ça l'est. Et puis c'est le même auteur que L'affaire Jane Eyre avec une autre héroïne, Thursday Next. J'avais bien aimé la série car il y a une réflexion sur le pouvoir de la littérature où quelqu'un peut se retrouver prisonnier d'une histoire ... génial, non ? Bref, cette histoire du dernier tueur de dragon est un vrai bon moment. En plus Jasper Fforde l'a ciblée pour les jeunes adultes donc l'anglais est particulièrement aisé. Mais vous pouvez le lire en français !! Il me faut bien entretenir mon anglais aussi.

Note : AAAAAAAA