lundi 20 mai 2019

Harry Potter and the Order of the Phoenix by J. K. Rowling

I've got the blues ...
Harry Potter and the Order of the Phoenix by J. K. Rowling (Scholastic Press, 896 pages, 2003)

Incipit :
                                 Dudley Demented


The hottest day of the summer so far was drawing to a close and a drowsy silence lay over the large, square houses of Privet Drive. Cars that were usually gleaming stood dusty in their drives and lawns that were once emerald green lay parched and yellowing; the use of hosepipes had been banned due to drought. Deprived of their usual car-washing and lawn-mowing pursuits, the inhabitants of Privet Drive had retreated into the shade of their cool houses, windows thrown wide in the hope of tempting in a nonexistent breeze. The only person left outdoors was a teenage boy who was lying flat on his back in a flower bed outside number four.


Je crois que c'est le plus long de la saga, le plus lourd, d'autant que je l'ai reçu en édition américaine, relié, cousue, dos toilé et illustré par Mary Grandpre. J'aime beaucoup les différents dessins, cela donne un cachet supplémentaire. Le papier est aussi de très bonne qualité. C'est le seul volume en édition américaine que j'ai, et à ce titre cela me chagrine, car, comme je l'ai appris récemment, il a été traduit en américain, donc des mots ou expressions ont été changées (Argh), je n'ai donc pas lu l'édition d'origine, fut-il en anglais, vu que c'est le dialecte américain et non le dialecte british. Pas grave la House Edition est anglaise, je le relirais à cette occasion, quand cela paraîtra. Bon là l'histoire s'assombrit pas mal. Mais quel plaisir à relire tout de même, que d'émotions. Et aussi de redécouvrir la saga quasiment d'une traite, cela donne une autre impression, une plus grande profondeur, et puis il est plus facile de faire des liens avec les volumes précédents, je n'ai pas trop eu le temps de tout oublier. Bon voilà je n'ai rien dit d'intéressant, je ne me sens pas inspiré ce soir, et puis il y a tant de choses qui ont déjà été dites sur Harry Potter ! Ah si, j'ai apprécié me remémorer tout de même le combat final, dans un genre de labyrinthe magique. Épique ! Bon je pense entamer la suite rapidement. En édition anglaise cette fois. Depuis 15 jours j'ai une correspondante New-Yorkaise très sympathique qui adore Harry Potter. Donc à notre prochain échange sur Skype nous allons nous lire des passages, elle en français et moi en anglais et on corrigera notre accent. Eh oui Harry me sert à tout, papier mouchoir, allumer le feu de la cheminée, lecture en langues diverses, cocottes en papier, caler une armoire etc.

“It is our choices, Harry, that show what we truly are, far more than our abilities.” 
Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore in Harry Potter and the Chamber of Secrets

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAA puissance 230

mercredi 8 mai 2019

Harry Potter and the Goblet of Fire by J. K. Rowling

Excusez-moi, vous avez du feu ?
Harry Potter and the Goblet of Fire by J. K. Rowling (Bloomsbury, 636 pages, 2000)

Incipit :
THE RIDDLE HOUSE

The villagers of Little Hangleton still called it “the Riddle House,” even though it had been many years since the Riddle family had lived there. It stood on a hill overlooking the village, some of its windows boarded, tiles missing from its roof, and ivy spreading unchecked over its face. Once a fine-looking manor, and easily the largest and grandest building for miles around, the Riddle House was now damp, derelict, and unoccupied.
Pas de réelle surprise, après Harry Potter and the prisoner of Azkaban, c'est Goblet of Fire. Ma relecture continue, et à nouveau, c'est fou comme j'avais oublié. D'un autre côté lu en 2000 la première fois, j'ai presque des excuses. Pourtant j'ai aussi vu  les films. Bon alors niveau mémoire : 0. D'un autre côté je retrouve un plaisir quasi intact !!! Je révise, niveau mémoire : 18. Cela fait bizarre de lire les tomes sans devoir attendre 1 an voire plus entre les deux. Je suis content de les avoir en première édition aussi, et que ce soit le même volume lu il y a 19 ans. Bon je vais arrêter dans la nostalgie, sinon je vais perdre mes derniers lecteurs. Toujours une histoire passionnante, avec un final d'anthologie et un tournant qui s'assombrit nettement. Bon je n'ai pas grand-chose à ajouter à une série aussi connue. Quelques extraits tout de même, bien dans l'esprit de la série : "If you want to know what a man's like, take a good look at how he treats his inferiors, not his equals" (p. 456). Ou la manière dont il traite ses supérieurs pourrait-on ajouter. "Understanding is the first step to acceptance, and only with acceptance can there be recovery" (p.590).  Et enfin "We are only as strong as we are united, as weak as we are divided" (p. 627). Au delà du conte, du combat éternel entre le Bien et le Mal, l'auteur égrène dans son œuvre des pierres philosophales qui peuvent servir à retrouver son chemin dans le monde, à l'instar du Petit Poucet. Et ben voilà j'ai réussi à dire un truc à peu près potable dis-donc ! Allez, à la prochaine ! Je pars dans l'Ordre du Phénix ! Bon peut-être aussi un petit tour sur Pottermore, oui je sais à quelle maison j'appartiens, quelle baguette j'ai et quel est mon Patronus, pour lire peut-être un nouvel article et un tour aussi chez Bloomsbury, pour savoir si le prochain tome 20ème anniversaire est annoncé (hé ben non, toujours pas ... pffft).

La vérité est dans l'imaginaire.
Eugène Ionesco.

Note : AAAAAAAAA

dimanche 5 mai 2019

Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann

Totem et tambouille
Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann (Actes Sud, 299 pages, 2007)

Incipit :
LE VOYAGE
En septembre 1828, le plus grand mathématicien du payes quitta, pour la première fois depuis des années, la ville où il résidait, afin de participer au Congrès allemand des naturalistes à Berlin. Bien évidemment, il ne voulait pas y aller. Il s'y était refusé des mois durant, mais Alexander von Humboldt était resté inflexible jusqu'à ce que, dans un moment de faiblesse et dans l'espoir que ce jour ne vînt jamais, il eût accepté.

Deux grands esprits explorent le monde à leur manière. L'un dans le monde abstrait des mathématiques, rechignant à voyager, l'autre par une exploration obsessionnelle, notant, mesurant, escaladant, et collectionnant les échantillons. Deux approches différentes, tenant chacune à leur manière de repousser les frontières de l'inconnu, mais qui se rejoignent, la géographie et la mesure du monde, l'espace abstrait n'étant qu'une autre couche de l'espace physique, même si la carte n'est pas le territoire. L'un, Gauss, sera amené à se déplacer et à mesurer (ha ha) de manière plus concrète le monde, quant à l'autre, Humboldt, de tenter de concevoir plus abstraitement le monde, surtout lors de son voyage arrangé et truqué en Russie. D'une certaine manière inadapté au monde qui les entoure mais traçant des voies innovantes, l'interaction de ses deux esprits ne manque pas de sel, à la fois opposés et complémentaires, ce qui permet à l'auteur d'avoir un regard amusé et amusant sur deux personnalités atypiques. Il se dégage une certaine philosophie de la vie, arpenter étant une manière de méditer, que ce soit au travers d'efforts physiques et de la souffrance, que de s'abstraire au monde immédiat, au prix d'heurter la sensibilité de ses proches et de rater des évènements qui pourtant nous enrichissent. Faut-il, pour repousser les frontières de l'ignorance, être autant asocial ?  Est-ce une nécessité, pour découvrir le monde, physique ou des idées, de devoir s'affranchir de celui-ci ? Il y a un léger paradoxe que ce livre explore, nos choix ayant des conséquences et chacun gère à sa manière le difficile équilibre entre ce à quoi il aspire et le devoir de gérer le quotidien. Équations à nombre d'inconnues infinies et qui n'a pas de solution. Bon après de vaines recherches je n'ai pas retrouvé mes notes sur cette lecture, je comptais extraire quelques citations et les mettre ici ... Tant pis. La feuille aux annotations crayonnées a du se perdre quelque part, dans un espace non euclidien certainement.


Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.
Guy de Maupassant

L'homme est la mesure de toute chose
Vendeur de chez Castorama, rayon vis à placo

Note : AAAA

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban by J. K. Rowling

A dada sur mon bidet !
Harry Potter and the Prisoner of Azkaban by J. K. Rowling (Bloomsbury, 468 pages, 1999)

Incipit :
Owl Post

Harry Potter was a highly unusual boy in many ways. For one thing, he hated the summer holidays more than any other time of year. For another, he really wanted to do his homework, but was forced to do it in secret, in the dead of night. And he also happened to be a wizard.

Et voilà, je n'ai pas attendu la parution dans la version 20ème anniversaire ... 1999 ? Déjà ? 20 ans ??? Mince alors ... Au moment où j'écris ce post, je suis dans Goblet of Fire. C'est un tel plaisir à relire dans la continuité que je ne vais pas attendre des mois la nouvelle édition. Bon cela veut dire la lire dans des formats différents (4 !), avec même un volume en américain (The half-blood prince) dont j'ai appris récemment qu'il différait de l'anglais (!?). Quand même pas au  point de l'écossais tout de même !!! Oui, car j'ai reçu Harry Potter and the Philosopher's Stane, version scottish d'Harry. Cela surprend un peu au début, mais si on annone on retrouve, dans une version déformée, l'anglo-saxon sous-jacent, et puis je ne saurais dire pourquoi mais cela m'amuse, un peu comme Star Wars en vieil anglais, trop drôle !. Comme j'ai une mémoire d'huître, j'avais oublié encore un nombre de points tout de même notables. C'est pour cela aussi que j'hésite à jouer au Trivial Pursuit Harry Potter Ultimate Edition (Magnifique avec des pions 3D en métal pour chaque maison ... un must). D'abord parce que ma fille a une meilleure mémoire et me bat, l'effrontée, mais parce que comme j'ai oublié, je risque de divulgâcher le plaisir de la redécouverte. Mais d'ici peu j'aurais fini les sept tomes et là on va voir ce qu'on va voir. Bon je ne vais pas parler du Prisonnier d'Azkaban, tout le monde connaît maintenant. Non ?

Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité
Antoine de Saint-Exupéry
S'il existe une réalité qui dépasse le rêve, c'est ceci : Vivre
Victor Hugo dans Les misérables (1862)

Note : AAAAAAA

dimanche 28 avril 2019

A mind at play by Jimmy Soni & Rob Goodman

Are you talkin' to me ?
A mind at play. How Claude Shannon invented the information age by Jimmy Soni & Rob Goodman (Simon & Schuster paperbacks, 365 pages, 2017)

Incipit :
The thin, white-haired man had spent hours wandering in and out of meetings at the International Information Theory Symposium in Brighton, England, before the rumors of his identity began to proliferate.
Wahou, quelle très belle biographie, qui rend honneur à son sujet. A la fois les aspects scientifiques d'un changement de paradigme notable sur le traitement de l'information, sur sa nature réelle, et comment l'appréhender, mais aussi l'histoire d'un génie, d'un chercheur, d'un curieux, d'un bricoleur. Le mot bricoleur m'ennuie car tinkering en anglais n'a pas les mêmes connotés négatifs que bricoler en français. Une personnalité un peu névrosée, humble, à l'esprit brillant. Une lumière qui va vaciller (Alzheimer) comme l'écrivent les deux auteurs, pour un esprit toujours en joie (A part un bref passage limite de dépression), ce qui est rare, semble-t-il, parmi les chercheurs. Le mot courage (p. 277) est même évoqué alors qu'il est rarement associé aux mathématiciens et autres ingénieurs. J'aime beaucoup que Claude ait été comparé à Maurits Cornelis Escher (p. 278) dont je suis un admirateur depuis longtemps. Amusant que les auteurs estiment que tout "vrai" mathématicien ou informaticien ait un jour essayé de jongler avec au moins trois balles. Ce qui est mon cas (*wink*). J'avais aussi une version de The Ultimate Machine avec une main de squelette (Arf arf), qui doit trainer quelque part dans mon bureau, qui porterais bien le même nom que la maison de Claude : Entropy house. Et puis un de mes premiers programme en C, il y a bien longtemps, était un logiciel de compression de données utilisant l'algorithme LZW (Liv Zempel Welch) bien que Welch ne soit pas ici cité (je ne sais pourquoi), et Claude a ouvert cette voie sur cette compression particulière. Dans la richesse de ce livre j'y entraperçoit de la philosophie antique, page 257, le connait-toi toi-même, p. 263 le discours lié au prix Kyoto mélangeant entreprenariat et Zen (!), ou encore p. 260, le changement de perspective et à l'instar d'Alice traversant le miroir et changeant de dimension, permet de percevoir le monde différemment, de le transformer radicalement. Un peu comme l'expérience à la Maison de la Magie de Blois, il y a quelques années, où, en portant des lunettes miroir 45° (Diagon Alley ?) on voyait le plafond lunaire donnant ainsi l'impression de marcher sur une planète inconnue, le sol étant en réalité normal. Génial !!! J'aime beaucoup le code caché sur sa pierre tombale (p. 272). Seul le curieux est ainsi récompensé, seul celui qui fait l'effort de chercher trouve, seul celui qui a encore le courage d'aller au delà peut aller au delà justement (Oui La Palice en rougit de bonheur). En plus une formule cachée, cela fait rêver, non ?. Ce n'est pas la formule de Dieu, mais celle de Claude, voilà tout. Claude qui a su garder une âme d'enfant et s'intéresser à des choses qu'un scientifique "standard" considèrerais comme superflu, indigne de lui, frivole. Il a eu l'énorme chance d'être dans une époque qui laissait aller à la rêverie, au temps libre pour s'adonner à ses passions, un peu comme une part de temps libre chez Google pour projet personnel, sauf qu'à Bell Labs c'était tout le temps (!). Moi qui aime bien les codes, Claude a travaillé pendant la seconde guerre mondiale en cryptographie ... Son attrait pour les jeux d'argent me parlent, lui la roulette, moi plutôt le Poker Texas Hold'em. Wouha la vie de rêve, la maison de rêve, emplie de gadgets ... une vie riche, passionnée et passionnante ... Bref, cette biographie m'a émue, transporté, fait voyager dans les étoiles. Claude is my new God. Oui, c'est vrai, je me permet de l'appeler Claude. Je n'ai pas son génie, mais je me sens extrêmement proche de lui, à mon échelle. Cela aussi a contribué à faire de cette biographie un moment de grand bonheur. Un hommage éblouissant pour "l'esprit ingénieur", que beaucoup de jeunes devrait lire, étudier. Un exemple à suivre.

The true spirit of delight, the exaltation, the sense of being more than man, which the touchstone of the highest excellence, is to be found in mathematics as surely as in poetry.
Bertrand Russell.

Note : AAAAAAAAA,

Jojo, le gilet jaune de Danièle Sallenave

La lutte déclasse, la classe des luttes
Jojo, le gilet jaune de Dnièle Sallenave (Tracts Gallimard, 42 pages, 2019)

Incipit :
Fin mars 2019. Il y a quatre mois maintenant que le mouvement des Gilets jaunes a commencé. Dès ses premières manifestations j'ai éprouvé pour lui un élan de sympathie, régulièrement renouvelé par le contraste réjouissant, à la télévision, entre leur assurance un peu maladroite et l'hostilité mal dissimulée des journalistes et de leurs invités.

Dès l'incipit le ton est donné. Une sympathie pour un mouvement, démocratique en son essence, et un regard biaisé des media de masse. On peut retrouver cette tonalité sur rezo.net ou encore Acrimed. Nulle surprise que la fabrique du consentement soit évoqué (Le travail de Noam Chomsky et Herman en 1988) page 30, que la devise "Liberté, Concurrence, Finance" remplace celle de la République, confortant ainsi les dires de Warren Buffet, la lutte des classes existent et nous l'avons gagnée (page 30). L'Histoire est écrite par les vainqueurs, non seulement les chefs de guerre (Napoléon, Hitler, Staline) mais aussi les représentants médiatiques (Roi, Président, responsables, etc.) alors qu'en vérité ce sont les gens dans leur ensemble qui réalisent réellement et concrètement (Poème de Brecht page 28) qui m'a évoqué Howard Zinn et son Histoire populaire des Etats-Unis. La classe aristocratique a été remplacée par une classe bourgeoise qui méprise et écrase toujours autant le peuple (Cf. 1789 : Silence aux pauvres d'Henri Guillemin) et qui se synthétise dans cette petite phrase d'un mépris écœurant et d'une bêtise crasse d'un Président des riches : Jojo le Gilet jaune, qui fait le titre éponyme de cet ouvrage. Cela rejoint le vocable des "Sans dents" (page 17) d'un autre Président. A se demander s'ils font un concours du plus cynique, du commentaire le plus con, de la recherche la plus indigne d'une parole présidentielle, perdue depuis longtemps, dont l'analyse, pour le moins superficielle et quand même assez dégueulasse dans l'esprit, entre en résonance abyssale avec leur supposé supériorité intellectuelle, dont on peut constater qu'elle est pour le moins surfaite. Tout ça pour ça. Toutes ces études pour ça. Tout ces beaux complets vestons pour s'abaisser à la médiocrité paradoxalement dénoncée mais où se vautre sans conscience son auteur. A force de briller l'arrogance rend aveugle. C'est utiliser sa connerie à ses dépends comme d'autres utilisent leur intelligence à leur dépend. Cette supériorité vole en éclat, le roi est nu, il ne reste que des ambitieux défendant leur classe, n'ayant aucune vision sociétale digne de ce nom.  Page 265 de A Mind At Play, une biographie de Claude Shannon, ce dernier estime que l'histoire telle que racontée dans l'enseignement Américain et donnant une prime étonnante aux politiciens et autre va-t-en guerre, comme Napoléon ou Hitler, était erronée. Bien sûr en tant qu'ingénieur il estimait plutôt ceux qui innovent, inventent, modifient en profondeur la vie de leur concitoyen et que l'histoire vue par le prisme quasi unique des Grands Hommes & Femmes politique étaient ainsi particulièrement réducteur, alors que Newton, Einstein, ou encore Galilée (La première vexation) avaient un plus grand impact.  Dommage qu'il cite en exemple Edison au lieu de Tesla. Quelque part il subit la même chose, on se souvient de commerciaux de génie comme Steve Jobs (dont j'ai lu la biographie par Walter Isaacson, en 2011 selon mes notes, et Steve Jobs n'en sort pas grandi, plus complexe, plus riche, plus humain, certes, mais loin de l'adulation, imméritée à mes yeux, dont il fait l'objet, totem/idole pour un fan club d'aveugles) ou Bill Gates, et on oublie les milliers d'ingénieurs derrière. Et qui connait aujourd'hui Claude Shannon ? Qui enseigne à l'école qui il est ? Pourtant le découvreur de la Théorie de l'Information qui irrigue notamment internet. Mais oui l'histoire telle qu'enseignée est une vision simpliste, réductrice qui occulte d'autres courants aussi important, voire plus, entre autre les découvreurs, les innovateurs, les scientifiques (Mais aussi qui oublie la spiritualité, quoi qu'on en pense). Mme Sallenave déconstruit aussi la vision des media, orientée, sensationnaliste, basée sur l'émotion (BFMTV le bruit et la fureur non stop !), le storytelling et la mise en avant d'a priori, de préjugés de classe et indexé sur l'audimat et l'autocensure pour ne pas déplaire à leurs soutiens financiers. Du journalisme pas suffisamment équilibré et professionnel, pour les media les plus emblématiques et leurs représentants sur chaise, une médiacratie déjà maintes fois dénoncée (Les chiens de garde d'Halimi ou le livre sur Les médiacrates de Nouailhac), à juste titre. Aucun regard distancié, grossissement de ce qui arrange les uns et les autres. L'auteur est nuancé, très fine dans ses analyses, très référencée, mais aucune remarque ne m'a réellement surpris. Cela a été dit et analysé maintes fois et pourtant le traitement des Gilets jaunes pâtit, une fois de plus, des mêmes travers. Ce n'est guère étonnant, il s'agit de la même lutte, entre ceux d'en haut et ceux d'en bas. Ce tract ne fait que rappeler des choses pour moi évidentes, et je pense pour tous, même les hypocrites ou les possédants. Ce qui est le plus étonnant est qu'il faille toujours le rappeler, car en fait il s'agit de gagner la guerre de l'information. Le problème est aussi bien plus profond, formation des élites, des journalistes, esprit critique des citoyens, juste répartition des richesses etc. C'est l'idéologie actuelle qui écrase tout et qui empêche de concevoir un monde plus juste avec une meilleure répartition. Ces riches qui s'étonnent (!?) que soit critiqué leur donation pour Notre-Dame, mais quid des autres cathédrales avant cet évènement hyper médiatisé ? Ils s'occupaient de l'entretien de la Cathédrale d'Amiens ou de Chartres ? Bien sûr que cela leur donne l'occasion de faire bonne figure, de redorer leur image ! L'opportunisme est tellement visible que cela en devient risible. Leur discours culpabilisant comme ils ne comprennent pas pourquoi ces critiques soient relève de la bêtise pure ou d'un déni d'une bêtise confondante. 26 milliardaires ont autant que la moitié de la planète la plus pauvre. Tout est dit dans l'iniquité. Le capitalisme est le hold-up du siècle, le vol organisé à l'échelle planétaire. Il y a bien un ruissellement (une des théories fumeuses des économistes) mais elle est vers le haut. Après le livre Le Capital au XXIème siècle de Piketty,  certains "intellectuels" et journalistes ont dit : ce n'est pas vrai, il n'y a pas captation de l'argent par quelques-uns. Quelques jours après un rapport de l'ONU ne faisait que dire en substance la même chose. Les riches sont de plus en plus riche et le reste .... Alors quand on lit dans Le Figaro (11/03/2019) "Comment échapper à l'impôt sur la richesse immobilière", en pleine crise des Gilets jaune, nous sommes dans la provocation, le déni, le mépris pur et simple. Et je pense même que c'est volontaire. Bon je vais m'arrêter là. Un tract qui interroge. C'est bien écrit, nuancé, avec en filigrane des références à trouver soi-même. Un tract à lire et relire et à diffuser. Pour en discuter et ne pas condamner un mouvement beaucoup plus riche (ha ha) que présenté par les média chiens de garde. L'appel au meurtre d'un philosophe et ancien ministre (page 9) a peu ému alors que l'appel au suicide des policiers par quelques haineux fait l'objet d'une comparution immédiate (NouvelObs) et d'une condamnation. Pas les mêmes conséquences selon que vous soyez d'en haut ou d'en bas ... La Fontaine n'a fait que dire la même chose depuis longtemps. Bonne lecture quand même ...

There is class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war, and we're winning. (C'est moi qui souligne)
Warren Buffet. CNN, 2005.
Note : AAAAAAAA

lundi 22 avril 2019

Le langage de la nuit d'Ursula K. Le Guin

Janus Saturnien ?
Le langage de la nuit d'Ursula K. Le Guin (Le Livre de Poche, 191 pages, 2016)

Incipit :
Une citoyenne de Mondath
 Un soir, j'avais peut-être douze ans, je parcourais les rayons de la bibliothèque du salon à la recherche d'un livre à lire, quand je trouvais un petit volume des éditions Modern Library, à la reliure de vieux cuir fatigué.
Un recueil de textes, réflexions, interventions, conférence, d'Ursula K. Le Guin et qui tente, entre autre, d'expliquer pourquoi le genre science-fiction est mal compris, considéré comme un sous-genre ou encore dénigré au point de le ranger dans la catégorie littérature jeunesse. Étant donné la qualité de cette dernière je ne vois pas cela d'un si mauvais œil, mais je m'égare. Des réflexions profondes qui me rappellent Psychanalyse des contes de fées de Bettelheim ou encore les ouvrages de Joseph Campbell sur les mythes. Mais ce n'est pas une analyse systématique ou un essai, la forme est plus libre, et l'auteur partage aussi une partie de sa vie. Les premiers articles me paraissaient un peu léger mais la suite m'a rassuré. C'est le titre qui m'a attiré et un article sur la méfiance envers l'imaginaire, la fantasy ou la science-fiction. Comme j'ai un peu de mal à comprendre cet ostracisme je me suis dit que j'y trouverais peut-être des réponses. En fait non. Les qualités du genre me sont connues, les travers des détracteurs aussi. Ces derniers souvent résument la science-fiction à des vaisseaux spatiaux, ce qui est assez réducteur. Mais la partie concernant les mythes et leur utilité, là en revanche cela m'a fait réfléchir. Et puis le titre est très beau, le langage de la nuit ... Rien que cela et je pars déjà ... Cela m'a rappelé un des livres de Michel Onfray qui expliquait combien l'imaginaire était réprimé au travers de l'histoire, pour des raisons politique et religieuse. Bref.

L'histoire du christianisme ressemble à un récit de science-fiction. 
Emmanuel Carrère.

Note : AAAAAAA