jeudi 14 janvier 2021

La conjecture de Poincaré de George G. Szpiro

 La conjecture de Poincaré de George G. Szpiro (Lattès Points Sciences, 408 pages, 2000) 

Incipit :

Le mois d'août n'est pas la meilleure époque de l'année pour visiter l'Espagne.

Mathématiquement plus ardu à suivre que Le dernier théorème de Fermat (La topologie me semble assez ésotérique et l'ouvrage n'offre pas la moindre illustration ou quelques bases ne serait-ce que pour se faire une idée) et plus centré sur le XXième siècle, début XXIème (Le livre de Singh remontait à Pythagore), et s'intéressant aux "petites affaires" dans le milieu assez clos des mathématiciens. Cela reste néanmoins tout aussi passionnant, donne une idée, même lointaine, de ce monde de la pensée abstraite, ce qui n'exclus pas la recherche de la gloire, les coups bas, les rancœurs, l'hostilité, la jalousie. Mais aussi l'entraide, le soutien, le partage. Disons qu'il semble qu'une certaine éthique se soit perdue dans les périodes récentes. Vraiment ? Peut-être. Disons que le slogan libéral "être publié ou crever" n'accentue pas les meilleures aspects de nos personnalités. Je serais plutôt d'avis de Perelman, la recherche pour la recherche et ne pas s'empêtrer dans ces travers si humains. J'ai découvert au passage le site ArXiv, et en parcourant cet article, j'ai été agréablement surpris que Matlab, que j'étudie aussi dans mes révisions mathématiques, était utilisé. Cool, non ? Bon je me dit qu'un jour je tenterais un livre de topologie pour débutant. Pour voir. Cela m'a donné envie de lire d'autres ouvrages de ce type. Notamment Le théorème du perroquet, qui me semble plus orienté roman que ces essais sur des conjectures mais je n'en ai pas d'autres sous la main alors pourquoi pas ? J'ai aussi en ligne de mire Oncle Petros et la conjecture de Goldbach. Et puis ces histoires, qui me dépassent d'une certaine manière, sont très motivantes pour mes révisions. Même si ces dernières n'ont pas du tout le même niveau (et de très très loin), je ne puis m'empêcher de ressentir une certaine satisfaction à faire des dérivées, entre autre. Dans peu de temps j'arrive aux intégrales, cela me rappellera des souvenirs. Et pouvoir faire des graphiques avec Matlab est une grande satisfaction aussi. Je découvre aussi l'intérêt pratique, les liens avec la physique et même le calcul pour des emballages ! Un peu comme Théorème vivant de Villani, on touche du doigt, même de manière imperceptible, ce monde qui me restera en très grande partie inconnu. Mais cela vaut le coup de s'y intéresser.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAA

Foundation's edge by Isaac Asimov

 Foundation's edge by Isaac Asimov (HarperCollins, 432 pages, 2016)

Incipit :

THE FIRST GALACTIC EMPIRE WAS FALLING. IT HAD been decaying and breaking down for centuries and only one man fully realized that fact.

J'ai parfois un peu de mal à débuter chaque tome car avant que l'intrigue débute vraiment on est un peu dans le flou. Et puis l'intrigue est assez élaborée voire retord finalement et là, comment dire, je n'ai pas été déçu, au contraire. Asimov arrive à maintenir l'intérêt dans ce sixième et avant-dernier tome. La fin est même ... cosmique ! Il arrive à insérer des considérations sur l'humanité, nos travers si caractéristiques : l'ambition, la perfidie, la jalousie etc et même la deuxième fondation n'est pas exempt de ces travers toute évoluée qu'elle est dans l'esprit. D’ailleurs ce niveau intellectuel et spirituel me rappelle un tantinet Le jeu des perles de verre d'Hermann Hesse. D'une certaine manière ce volume réponds à une des questions existentielles mais dans une perspective grandiose, qui rappelle une hypothèse dont je puis dire plus sans dévoiler la fin. Disons l'hypothèse G, sans trop en dire. Et puis sept volume comme pour Harry ma saga fétiche. cela ne peut être un hasard ...  J'ai commencé le dernier volume et peut-être que je m'aventurerais dans Le cycle des robots. Dans la postface Asimov parle d'autres ouvrages qui font référence à cet univers, cet empire, par exemple Peeble in the sky que j'avais lu il y a longtemps sans me douter de toutes ces ramifications. En fait cela fait parti d'un plus grand cycle, le cycle de l'Empire (Oui le nom utilisé par Lucas pour sa saga Star Wars) pour  Décidément il est fort Asimov ... un Maître.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAA

samedi 9 janvier 2021

Le dernier théorème de Fermat de Simon Singh

 Le dernier théorème de Fermat - L'histoire de l'énigme qui a défié les plus grands esprits du monde pendant 358 ans de Simon Singh (Pluriel, 305 pages, 2002)

Incipit : 

Nous nous rencontrâmes enfin dans une salle clairsemée, assez grande pour contenir tous les gens du Département des mathématiques de Princeton à l'occasion de leurs grandes célébrations.

Une histoire très bien racontée, le juste équilibre entre émotions, aventures, suspense, notions mathématiques pour en comprendre l'enjeu intellectuel. Cela donne envie de devenir mathématicien c'est dire. Une quête commencée très tôt et l'auteur rappelle les origines à Pythagore, la question posée, la réponse dans la marge d'un livre par Fermat mais sans le détail de la démonstration, et la quête de nombreux mathématiciens, y compris des pointures Leonhard Euler, Gauss et d'autres. J'ai dévoré cet ouvrage. Cette lecture est très motivante aussi. A mon échelle je fais des mathématiques pour le plaisir, j'utilise Matlab depuis quelques jours et je comprends les sentiments qui habitent les mathématiciens (toute proportion gardée). Non seulement cela me permet de vérifier des calculs mais aussi es les représenter, que ce soit des fonctions, des dérivées ou la modification de coordonnées via des matrices. Il y a quelques passages dans ce livre qui m'ont beaucoup touché, la quête personnelle d'Andrew Wiles mais aussi le destin tragique de Taniyama. J'ai aussi regardé le documentaire de la BBC sur Dailymotion, et j'ai été fasciné par les formes modulaires, encore plus qu'elles aient un lien avec les équations elliptiques. L'auteur arrive à nous faire toucher du doigt cette épopée absolument passionnante. Et puis quelques anecdotes amusantes et quelques énigmes. Au point que cela m'a incité à en lire un autre dans la même veine : La conjecture de Poincaré de Szpiro qui parle d'un autre génie des maths, Grigori Perelman et d'une autre conjecture, non pas celle de Shimura-Taniyama mais celle de Poincaré, oui c'est le titre, cela tombe bien, fou non ?

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

Le discours de Fabrice Caro

 Le discours de Fabrice Caro (Folio, 210 pages, 2018) 

Incipit :

Tu sais, ça ferait plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.

Du grand Fabcaro. Déjà drôle dans ses BD il réussit dans cet ouvrage à garder le même 'mauvais' esprit, un ton décalé, un regard acéré sur nos faiblesses humaines, nos travers et une mise en perspective qui frôle parfois l'absurde. Sous un prétexte assez trivial, un discours de mariage, il nous emmène dans les relations dysfonctionnelles, les affres de l'amour, les non dits familiaux, sur un ton détaché et moqueur, un peu comme Houellebecq mais en moins sinistre, enfin moi Houellebecq me fait rire, mais bon. En lisant ce livre je m'imagine les planches que Fabcaro pourrait en tirer. Une lecture agréable assez détente, feelgood en fait.


Note : AAAAAAAA

vendredi 1 janvier 2021

Super crunchers by Ian Ayres

 Super crunchers - How anything can be predicted by Ian Ayres (John Murray, 260 pages, 2008)

Incipit :

Orley Ashenfelter really loves wine : "When a good red wine ages," he says, "something quite magical happens".
Un livre étonnant qui montre à quel point le calcul sur les données à partir des statistique (calcul régression) ou à partir de réseau neuronaux sur un ensemble gigantesque de données peut permettre de comprendre, analyser, produire de nouvelles informations et même prédire, anticiper. Le premier exemple sur la qualité d'un vin est révélatrice. A la fois de ce qu'il est possible de faire, de remettre en cause l'hégémonie d'une personne se prétendant experte, de réduire à une formule ce qui apparemment était du domaine des sens. Au fil du livre on perçoit à quel point l'expertise remise en cause peut être mal perçue voire complètement rejetée. Une blessure narcissique s'ajoutant aux trois de Freud ... Et pourtant, si on s'en tient aux exemples éducatifs ou médicaux, cela semble permettre de faire mieux, beaucoup mieux. Aussi fun que le livre Freakonomics, cela pose aussi la question, comment une 'simple' formule peut prédire la qualité du vin ? Et comment ce type de résultat permit par le data mining peut semer le trouble, le désordre, voire créer de l'hostilité ? Comment l'analyse régression peut se passer de soit-disant experts, la formule magique étant ici dévoilée, de nouveau pour orienter vos investissements, formule accessible ... à tous, tout comme sa découverte ou la découverte d'autres 'formules' à partir des OpenData. Et puis la vie privée qui est bousculée, car nous laissons d'innombrables traces et nos habitudes en sont bien plus prévisibles qu'on veut bien le croire, analysées et valorisée par le data mining, cela pose question sur nos libertés, notre autonomie, notre besoin de liberté, fut-elle illusoire. Encore une lecture suggérée par Culture Numérique. Excellente suggestion.

Note : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA


lundi 21 décembre 2020

Glyph by Percival Everett

 Glyph by Percival Everett (Faber and faber, 208 pages, 1999) 

Incipit:

I will begin with infinity.

Un livre à l'architecture sophistiquée, aux jeux de langage et une mise en abyme sur la création même du roman, en tant que fiction, une interrogation philosophique. C'est aussi et surtout une histoire d'enfant ultra-doué, qui ne parle pas (prééminence de l'écrit), teinté de références sémiotiques (Version très romancé d'un essai comme Le signe, Eco), avec forces référence à Lacan, à la psychanalyse, à Barthes comme dans La septième fonction du langage de Binet, et qui propose, comme dans l'Ethique de Spinoza, des axiomes, une formulation mathématique d'une modélisation de notre perception du monde, une intellectualisation du suspension of disbelief. Cela fait écho à ma lecture récente, L'Anomalie, où la fiction devient ici simulation de nos vies, un cadre, un référentiel. C'est également un roman (quand même) qui m'a rappelé Le bizarre incident du chien pendant la nuit. L'histoire d'un enfant à l'intellect exceptionnel, qui en creux nous dépeint, nous, pauvres mortels, avec nos affects, nos émotions, nos ambitions, nos perversités, nos folies. Cet enfant va être enlevé et à partir de là cela devient assez rocambolesque. Les chapitres sont découpés d'une certaine manière avec des titres significatifs, comme par exemple le mot-clé la différance (qui fait appel à un concept de Derrida) par exemple. Personnellement j'ai trouvé cette lecture vivifiante, labyrinthique, mais avec l'impression d'être passé à côté de plein de choses, sans savoir vraiment quoi. Cela m'évoque divers souvenirs sur le langage, mais je ne sais quoi vraiment penser de cette histoire qui mélange fiction, essai, réflexion sur la sémiologie, avec comme début de quelques parties du livre illustré d'un schéma, modélisation du langage vue par différents auteurs comme Saussure. Je ne pense pas avoir suffisamment de bases pour avoir compris où l’auteur voulait en venir, ou peut-être que j'ai compris mais que je ne m'en suis pas rendu compte, il y a quand même des passages que je trouve un peu abscons. J'ai tout de même pris plaisir à cette lecture où mes mots prennent corps et les corps prennent mots. Qu'est-ce qui nous distingue ? Les mots ne sont-ils pas l'essence de ce qui nous humanise ? Mais ont-ils une limite ? Est-ce un cadre borné dans lequel nous nous débattons ?

Note : AAAAAAA



vendredi 18 décembre 2020

50 clés pour comprendre les maths de Tony Crilly

 50 clés pour comprendre les maths de Tony Crilly (Dunod, 207 pages, 2017)

Incipit:

Les mathématiques sont un vaste domaine que nul ne peut maîtriser entièrement.

Dommage que ce livre comporte beaucoup de coquilles (Graphiques erronés des carrés parfaits page 16, triangle de Pascal erroné page 52, formules mal imprimée (pas retrouvé la page), erreurs dans la table logique de l'"implication" page 66, erreur dans les hypothèses page 66, erreur de somme page 146 ...), plus techniques que Le Grand Roman des Maths, et de ce point de vue plus riche, même s'il s'agit ici de points clés et non de l'Histoire des maths, mais on apprend tout de même des anecdotes, par exemple sur Von Neumann. De nombreux concepts, des exemples bien amenés, un juste équilibre entre idée, concept, exemple et accessibilité. Un livre tout de même passionnant pour les sujets traités et abordés. Bien sûr il ne s'agit que d'une esquisse mais donne suffisamment à réfléchir pour en avoir un début d'idée. Et j'ai appris plein de chose, notamment ce qu'était un halmos (L'équivalent du Q.O.D. Quod Erat Demonstrandum), car dans Mathématiques discrètes et Informatique de N.H. Xuong c'est utilisé lors des démonstrations et ce n'est pas un effet de style il y a une raison, mais sans que ce soit précisé. Ok c'est pas le point le plus important mais j'étais content d'apprendre ce point. Comme je refais des maths, ce livre est très bien pour présenter un paysage varié, à la fois abordable, riche de références, d'idées, de concepts et demandant un effort très raisonnable de la part du lecteur (Surtout avec les erreurs typographiques!).

Note : AAAAAAAAAAAAA