samedi 28 décembre 2013

En avant comme avant ! de Michel Folco

La plume est plus forte que l'épée
En avant comme avant ! de Michel Folco (Grands Romans Points, 475 pages, 2001)

Incipit :
-- Non ! Comment cela non ? Mais qu'est-ce à dire alors ?
 Jamais encore l'abbé Colin Beaulouis n'avait été confronté à pareille situation.

La suite d'Un loup est un loup, troisième volet de la fresque historique entamée par Dieu et nous seuls pouvons, où l'on retrouve Charlemagne là où il avait été laissé, dans l'église de Bellerocaille, pas loin de minuit, refusant de se marier à la Bertille (crénom de nom dé diou kek qu'il lui prend à ce macarel ?!).

Dans la même veine que les précédents, sans faiblir, toujours cette verve à raconter des histoires dans un environnement historique plus vrai que nature où j'ai l'impression d'y être tellement le style est vivant, plein de gouaille, d'humour, d'ironie, d'anecdotes ou de détails qui font le sel de ses ouvrages. Et un choix de citation en début de chapitre toujours à propos. Plus centrée sur la famille Tricotin on y croise tout de même les (fameux) Pibrac, pour les abandonner rapidement (dommage mais les Tricotin sont une sacrée fratrie !).

L'impression au fil de cette fresque d'assister à un feuilleton à la Alexandre Dumas (le style est tout de même assez différent), d'une grande richesse détaillant des lieux emblématiques (Versailles, la Bastille), des coutumes (métiers, le parler des différentes régions, la Cour ...) ou encore des "entreprises" propres à cette époque comme le duel. Comme pour le précédent volume une belle illustration à la fin !

Un travail d'orfèvre, un roman passionnant qui m'a émerveillé par son sens du récit. Une suite digne des précédents. J'ai commandé le volet suivant Même le mal se fait bien tant je me sens emporté dans ces livres épiques !

Note : 10/10

vendredi 27 décembre 2013

Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

Te gêne pas surtout ...
Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (Folio, 160 pages, 2006)

Incipit :

Cher Monsieur,
Votre lettre m'est parvenue il y a quelques jours seulement. Je tiens à vous remercier pour la grande et l'aimable confiance dont elle témoigne. Je puis à peine faire davantage.

Il s'agit d'un recueil de dix lettres que Rilke a adressé à un jeune poète, F. X. Kappus, au début du XXème siècle. Seule les lettres de Rilke sont présentées. C'est très court, j'ai été surpris d'arriver à la dixième, les lettres ne prenant que la moitié du livret le reste étant soit des extraits d'autres ouvrages, soit des fiches de lecture ou encore les liens entre Rilke et Rodin dont il a été le secrétaire.

J'avais toujours ce recueil sur moi, car les lettres sont courtes et je pouvais les lire à l'occasion de moments suffisamment longs pour apprécier la lecture mais incertain sur leurs durées. Comme par exemple dans une salle d'attente comme cela a été le cas il y a peu pour une radiographie et une échographie. Attente avant la radio, avant l'échographie et finalement pour le compte-rendu et j'ai donc terminé ces lettres et entamé la deuxième partie, le dossier.

Des lettres étonnantes de lucidité et de fluidité sur des points de vue très personnels comme la création (poétique), l'amour et surtout la solitude.

Des lettres qui méritent d'être relues régulièrement.

Note : 10/10

mercredi 25 décembre 2013

ATOM[KA] de Franck Thilliez

Même les lacs sont taggés !
ATOM[KA] de Franck Thilliez (Pocket ou Fleuve Noir, 606 pages, 2012)

Incipit :

Il faisait bon vivre dans cette ville d'Europe de l'Est où le printemps était doux. Tard dans la nuit, Piotr et Maroussia Ermakov s'étaient approchés de leurs fenêtres pour assister à un spectacle unique. A environ trois kilomètres, des couleurs bleues, orange et rouges très vives avaient mordu le ciel.
Il y a presque trente ans l'incident nucléaire de Tchernobyl. Une personne avec de hautes habilitations va sur le site et y ramène un secret scientifique.De nos jours Lucie et Sharko enquêtent sur un journaliste retrouvé mort dans un congélateur.

Et voilà je n'ai pu résister, il était au pied du lit et me narguait le fourbe (je parle du livre pas de Franck Thilliez). Déjà à cause de lui (je parle de Franck Thilliez pas du livre) et de son roman GATACA, j'ai entamé The Selfish Gene de Richard Dawkins. Cela ne se lit pas aussi facilement, rien de compliqué mais il faut tout de même se poser et réfléchir ! Donc je parallélise un peu mes lectures et Atom[ka] me regardant du fond de l'atome ... La couverture fait écho à un livre précédent (la marque de la main sur le lac alors que dans le précédent c'était sur des murs), je ne sais si c'est fait exprès mais amusant tout de même.

A nouveau un livre que j'ai dévoré, je retrouve Lucie et Sharko (et leur relation compliquée) sur un sujet d'actualité (à vous de lire pour savoir de quoi il s'agit). Coïncidence cela se passe aux alentours de Noël ! Et je l'ai fini hier en matinée le jour du réveillon, en accord synchrone avec l'histoire ! Idéal pour être dans le bain ...

L'auteur entremêle avec brio plusieurs fils narratifs, entre l’événement de Tchernobyl il y a presque trente ans, un passé qui ressurgit pour Sharko, la vie de couple chaotique et un journaliste assassiné retrouvé dans un congélateur ... Quel programme ! Et il se paye le luxe d'apporter une réflexion sur le pouvoir atomique et une quête mythique (que je ne peux nommer).

Bon là je m'aperçois que j'aurais peut-être du lire les livres de F.T. par ordre de parution, car pour Sharko il fait référence à son passé plusieurs fois et vraisemblablement à toute la branche que je n'ai pas lue (1).

Encore un bon polar de Mister T.

Note : 10/10

(1) Pour résumer il y a les histoires indépendantes comme Vertiges, la branche Lucie et la branche Sharko. Ces deux dernières ont depuis fusionnés.

Jeux de plateau et littérature

En noir et blanc j'exilerais ma peur !
Jeu de plateau Le Masque et la Plume et Jeu de plateau littéraire C'est dans quoi déjà ?

Et voilà c'est Noël ... et les cadeaux bien sûr !!! Un papa Noël qui doit faire partie d'un club de lecture car parmi eux j'ai eu le plaisir de découvrir deux  jeux de plateaux liés à la littérature. Hier soir, assez tard, j'ai fait quelques questions pour le Masque et la Plume et une partie avec ma dulcinée de "C'est dans quoi déjà".
Poursuite Tribale
Personnellement je suis assez fan de jeux de plateau (ainsi que figurines et, dans une moindre mesure, de jeux de rôle) alors si en plus il est possible de s'amuser avec le monde du livre et de se cultiver c'est l'extase.

Le Casque et l'Enclume
Cela reste sur le principe d'un jeu très connu qui n'a rien inventé mais qui reste intemporel (voir le foisonnement des questionnaires en ligne !!). Le jeu du Masque et la Plume, en plus des questions sur les thèmes abordés par cette émission (théâtre, cinéma), contient un livret sur les animateurs, quelques anecdotes et un approfondissement de certaines questions. Cela complète bien le livre Le masque et la Plume (en 10/18) de Jérôme Garcin et Daniel Garcia.

Pour passer une bonne soirée entre amis !!!

Note : 10/10




dimanche 22 décembre 2013

Joyeux Noël 2013

http://www.christmasbuzz.com/
Dis, j'te plais, hein ? dis ?

Joyeux Noël !!!!!!! du Père Noël (Editions Christmas Tree , 2048 pages, 2013)

Je vous souhaite à tous et à toutes un merveilleux Noël, des lectures passionnantes, des découvertes de nouveaux auteurs, des histoires étonnantes, intrigantes, dérangeantes, de l'émotion, de la joie, de la poésie, de sublimes phrases, de l'inquiétude, des pleurs, bref tout le sel de la Littérature !!

mercredi 18 décembre 2013

In the Country of Last Things by Paul Auster

This is the end, my only friend ...
In the Country of Last Things by Paul Auster (Kindle, 155 pages, 1987 première publication)

Incipit :

These are the last things, she wrote. One by one they disappear and never come back.

Un journal écrit par une femme, à la recherche d'un William, narre son quotidien alors que la fin du monde est proche.

Un livre sombre, à l'ambiance pesante, un monde désolé où la survie est la règle, où tout dépérit, disparaît. Ne reste que les instincts et la survivance d'un passé révolu qui s'éteint.

Une ville inconnue, une monnaie imaginaire (les glots), un climat aliénant, fragmenté qui renvoie à l'absurdité du monde, de sa consommation (et son caddy), aux dérives sectaires aberrantes, un livre noir qui vous étouffe.

L'auteur a bien construit ce monde fictif où le prénom de la narratrice est connu au tiers du livre et son nom vers la moitié (ce qui rend encore plus étonnant le choix du titre français !), où  les besoins primaires deviennent la priorité, suivant la loi de la pyramide de Maslow.

Un livre qui m'a évoqué Eraserherad de David Lynch, The road de Cormac McCarthy, le film Les fils de l'homme d'Alfonso Cuarón ou encore I Am Legend de Richard Matheson. Ce même côté fin du monde désespérant.

En revanche l'histoire m'a moins passionné que Moon Palace, La trilogie New-Yorkaise ou Illusion même si c'est toujours aussi abouti. Avec toujours ce jeu avec la Littérature et la Vie, cette exploration de la psyché et les sensations évoquées pour le lecteur. A la frontière du réel et de la fiction, comme Murakami, sauf que ce dernier serait plus onirique alors que Paul Auster serait tendance plus cérébrale.

Un livre intéressant, bien écrit, prenant dans sa noirceur mais le Paul Auster que je préfère le moins de ceux que j'ai lus jusqu'à maintenant.

Note : 8/10

dimanche 15 décembre 2013

Malavita encore de Tonino Benacquista

Notre ombre n'éteint pas le feu. P. Eluard.
Malavita encore de Tonino Benacquista (Folio, 400 pages, 2009)

Incipit :

L'écrivain américain Frederick Wayne n'avais jamais été un grand spécialiste du malheur. Il n'en avait jamais connu qu'un seul, bien réel, mais dans une autre vie.

C'est vrai je devais lire ATOM[KA] de Franck Thilliez. Et puis j'ai vu le film La famille de Luc Besson, une adaptation plutôt fidèle mais sans génie de Malavita que j'avais bien aimé. Et puis inutile d'arriver au point d’écœurement d'un trop de lecture de Franck Thilliez, que j'aurai donc grand plaisir à retrouver, en particulier Puzzle que Sandrine va bientôt me prêter.

On retrouve la famille Blake, sous un autre nom, les Wayne, là où on les avait quittés. Cela démarre plutôt doucement, chacun des personnages tentant de démarrer une nouvelle vie de son côté et évacuer le pesant et encombrant passé. Toujours un humour noir ou quelques phrases très drôles. Des situations cocasses. Et Fred, le chef de famille qui se met à lire (en plus d'être "auteur"). Le talent de Benacquista nous offre un beau résumé de Moby Dick et une comparaison joliment amenée entre la destinée de Fred et le roman de Melville.

Au trois quarts de l'ouvrage la situation se précipite et on retrouve le côté policier du premier volume. La fin est un peu trop expédiée à mon goût dans un épilogue que je trouve trop court et qui peut laisser présager une troisième partie que je serai prêt à découvrir.

Peut-être moins surprenant que le premier volume mais l'auteur a su renouveler l'intrigue et ne pas se laisser aller à la facilité. Un livre plaisant, heureux de retrouver cette famille atypique.

Il y a peu à la radio était exposées les thèses d'Ayn Rand dont l'idéologie peut se résumer en : peu d'état, libre entreprise, individualisme exacerbé, pas d'impôts, etc. et qui colle assez parfaitement à l'idéologie de la Mafia (aux armes utilisées près, à savoir l'assassinat, et encore ...). Amusant de lire ce livre après cet exposé.

Ce livre vous apprendra ce que veut dire l'acronyme Mafia, créé au XIIIème siècle si ma mémoire ne me fait pas défaut et son rapport aux français, mais également ce que signifie pour Cosa Nostra le mot Malavita. si en plus on s'instruit alors ...

Note : 9/10

mardi 10 décembre 2013

[Gataca] de Franck Thilliez

Bienvenue à GATACA
[Gataca] de Franck Thilliez (Pocket, 603 pages, avril 2012)

Incipit :

Il n'aurait pas dû faire beau, ce jour-là.
Nulle part, sur cette terre, des gens n'auraient dû avoir le droit de rire, de courir sur la plage ou de s'échanger des cadeaux. Quelque chose ou quelqu'un aurait dû les en empêcher.


La suite tant attendue de Le Syndrome [E]. Et quelle suite ! Biologie évolutive, ADN, la source du mal. Diptyque sur la violence, un second volet rondement mené avec, comme toujours, un fond scientifique travaillé qui m'a passionné.

A nouveau Lucie et Sharko et leur relation aussi mouvementée que le roman lui-même. Une préface instructive sur l'origine des idées de l'auteur pour écrire et une postface tout aussi instructive sur les différentes sources d'inspiration scientifique. Que l'auteur ait lu Jared Diamond ne peut que me réjouir. Mais d'autres auteurs cités vont alourdir ma P.A.L. dans les jours à venir que ce soit Yves Coppens ou Richard Dawkins.

Encore un thriller (un de plus) qui m'a emporté et qui, en dépit de sa noirceur, a su me faire voyager, dans les tréfonds de l'âme ou de la science (de la Nature cette fois). Décidément Franck Thilliez tombe à point nommé, cela faisait un peu de temps que je n'avais lu de thriller à caractère psychologico-scientifique et j'adore (oui je me répète ... mais Franck Thilliez est un peu fautif aussi).

J'ai pourtant Michel Folco en attente (sans parler des autres) mais comme tout mono-maniaque qui se respecte (1) j'exploite le filon jusqu'au bout et je vais commencer ATOM[KA]. Je me demande ce qu'il a Sieur Thilliez à mettre des crochets à tous ses derniers titres ...

Note : 10/10

(1)  J'ai eu mes périodes Sherlock Holmes, Agatha Christie, Robin Cook (thriller médical), Mary Higgins Clarck, Patricia Cornwell etc.

L'onde Septimus de Jean Dufaux, Antoine Aubin et Etienne Schréder

Te retourne pas on te regarde ...
L'onde Septimus de Jean Dufaux, Antoine Aubin et Étienne Schréder (Editions Blake et Mortimer)


Difficile de succéder à La Marque Jaune, du grand Edgar Félix Pierre Jacobs, qui a bercé mon enfance de ses mystères, aux images, ombrages et situations  fortes et de son scénario futuriste. Une BD qui a laissé une empreinte indélébile. Difficile aussi de résister à découvrir cet album !

Un dessin et une ambiance fidèle à celle instillée par le créateur, un réel effort de scénario, de bonnes idées et finalement une suite qui se laisse dévorer même si au final je ne retrouve pas l'étincelle du premier volume, peut être due à une nostalgie et une idée fausse, vestiges de souvenirs d'un passé lointain.

Plutôt satisfait, l'héritage est respecté et j'ai pris plaisir à lire cette suite. Beaucoup plus que le dernier Astérix au scénario convenu, aux gags éculés, aux figures imposées et qui n'a pas su m'enchanter le moins du monde (à part le dessin très fidèle). Il n'est pas facile de faire vivre la légende au delà du ou des créateurs mais pour Blake et Mortimer l'effort est plus que louable.

Un bémol pour (au moins une) faute d'orthographe.

Note : 9/10

samedi 7 décembre 2013

Le syndrome [E] de Franck Thilliez

[O]uvrez l’œil, et le bon !
Le syndrome [E] de Franck Thilliez (Pocket, 510 pages, 2010 Fleuve Noir)

[I]ncipit :

[A]rriver le premier.
Dès qu'il avait été alerté par l'annonce, à l'aube, Ludovic Sénéchal avait pris la route et avalé les deux cents kilomètres qui séparaient la banlieue lilloise de Liège en un temps record.
[U]ne grande partie, pour ne pas dire l'intégralité, de mon otium (1) passe par la lecture de Franck Thilliez en ce moment.Comme dirait Balzac, il peut s'en sentir honoré.

[U]n passionné de films anciens, Ludovic Sénéchal, se rue chez un particulier qui se déleste d'un grand volume de bobines appartenant à feu son père. Parmi ces bobines s'en trouve une en 16 mm, amateur, sans étiquette, source d'une découverte d'un film rare, ou disparu, possiblement très excitante.

[M]ais voilà, au cours de la projection, un malaise s'installe et Ludovic en perd la vue. (Cela m'a rappelé un peu à ce moment-là le film japonais Ring et sa vidéocassette maudite, mais rien à voir). Paniqué il contacte une de ses ex ... Lucie Henebelle.Pas de hasard, quitte à lire plusieurs livres de Franck Thilliez, j'ai pris ceux où Lucie se trouvait, depuis La chambre des morts et dernièrement La mémoire fantôme. Et là un autre personnage récurrent des ouvrages de Franck Thilliez apparaît, Sharko. Un crossover qui réjouira les fans ! Pour ma part c'est la première fois que je le croise ce Sharko et cette rencontre avec Lucie est réjouissante.

[C]e livre m'a éveillé plein de souvenirs différents, comme Forgotten Silver de Peter Jackson pour le côté précurseur de l'auteur de la bobine 16 mm mais également  Un Chien Andalou de Luis Buñuel d'ailleurs explicitement cité au cours de l'histoire. Bien d'autres éléments que je ne puis trop citer sans dévoiler des parts de l'intrigue mais comme à son habitude Franck Thilliez régurgite intelligemment dans une construction parfaite des faits historiques, la stéganographie, les effets spéciaux cinématographiques,  l'expérience de Milgram, l'effet Koulechov, les sciences forensiques  ... bref tout ce qui fait la richesse et l'intérêt de ses thrillers et qui me plaît particulièrement.

[D]ans une précédente chronique je citais Le Silence des Agneaux de Thomas Harris car je ressentais une atmosphère similaire dans les livres de Franck Thilliez et j'en étais plutôt très content. Là F.T. cite Jodie Foster sous forme de clin d’œil. Hommage ?

[A] nouveau un excellent livre qui se dévore de la première à la dernière page. Un seul bémol ... la fin se termine sur un cliffhanger ... et comme je n'ai pas le tome suivant j'ai du ravaler ma frustration. Je prie pour que la Médiathèque l'ait dans ses rayonnages, comme cela dès aujourd'hui je pourrai continuer l'aventure !

Note : 10/10

(1) K. Marx disait d'ailleurs que la religion est l'otium du peuple.

mercredi 4 décembre 2013

La mémoire fantôme de Franck Thilliez

Il faut joindre le nautile à l'agréable
La mémoire fantôme de Franck Thilliez (Pocket, 442 pages, 2007)

Incipit :

La rumeur rapportait qu'elle les avait tous tués. Une femme, un enfant de quatre ans, des hommes, retrouvés pendus, au fil des années.

Une femme retrouvée errante, frappée d'amnésie antérograde (comme le héros du film Memento), est en fait sur la piste d'un dangereux psychopathe, le Professeur.

Comme d'habitude, Franc Thilliez n'y va pas par quatre chemins, vous êtes dans le bain direct. Toujours aussi dynamique, calibré, ingénieux, et j'ai retrouvé avec grand plaisir Lucie Henebelle, déjà rencontrée dans La chambre des morts. Depuis que j'ai lu Vertige, je m’investis dans cet auteur qui tombe à pic dans cette période de froid où la nuit de plus en plus tôt se glisse de son long manteau sur nos âmes errantes. Il est particulièrement distrayant, roboratif et allège le fardeau parfois pesant du travail. J'ai d'ailleurs commencé Syndrome [E].

Cette histoire explore les tréfonds de la mémoire et de ses dysfonctionnements au sein d'un thriller de bonne facture qui tient en haleine jusqu'au bout. On découvre d'autres facettes concernant Lucie et l'auteur en dévoile un peu plus sur son trauma déjà évoqué dans La chambre des morts.

Bref, du tout bon ! Des moments de frissons, du suspense et une histoire bien rodée. Un livre qui m'a rappelé (pour la partie déficiences neuronales et les incidences comportementales suite à une modification de notre cerveau) L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau d'Oliver Sacks (un livre hautement recommandé également).

Note : 10/10

samedi 30 novembre 2013

La chambre des morts de Franck Thilliez

C'est pas du vent !
La chambre des morts de Franck Thilliez (Pocket, 342 pages, 2005)

Incipit :

Depuis la nuit dernière, l'odeur avait encore empiré. L'infection ne se contentait plus d'imprégner les draps ou les taies d'oreiller, elle se diluait dans toute la chambre, tenace et nauséeuse.

Deux informaticiens chômeurs, taguent un soir la façade de leur employeur et après avoir bu décident de faire une virée, tous phares éteints, dans la campagne. A plus de 100 km/h ils percutent quelqu'un. Ce dernier transportait un sac de sport contenant un petite somme. Deux millions d'euros. Une tentation irrésistible. Mais la somme avait un destinataire (on s'en serait douté) ... très particulier.

Depuis que j'ai lu Vertige, je suis tombé accro de Franck Thilliez. Du polar/thriller/horreur efficace, rondement mené, exploitant tout ce qu'il est possible d'exploiter pour vous tenir en haleine, avec un sens inné du rythme. La chambre des morts m'a emballé et je vais entamer de ce pas La mémoire fantôme.

Ce livre, La chambre des morts, rappelle Le silence des agneaux de Thomas Harris, voire Seven, avec un soupçon d'Hostel et aussi dans une certaine mesure Les Racines du Mal, excellent livre de Maurice Dantec que j'ai lu déjà deux fois. Il s'en détache par une histoire bien sûr différente et des personnages attachants comme Lucie ou Pierre et une bonne imprégnation de l'air du temps (bulle internet, chômage, métro/boulot/dodo, violence, mal être etc.) de nos vies et de notre société. Un livre qui colle d'une certaine manière à l’actualité. Un livre dérangeant comme Des nœuds d'acier.

Un rythme haletant et un thriller qui vous scotche ! J'adore ! J'ai appris qu'un film en avait été tiré (Room of Death, en 2007 sur IMDB) et qu'il s'en sort plutôt honorablement sur l'agence de notation Rotten Tomatoes.

Livre qui vous permet de vous évader et de ne plus penser au quotidien (je parle du boulot)  :-)

Note : 9,5/10

Just a geek by Wil Wheaton

Wil Kinson, pour un rasage d'homme !
JUST A GEEK. Unflinchingly honest tales of the search for life, love, and fulfillment beyond the Starship Enterprise by Wil Wheaton (O'Reilly Media, Kindle, 304 pages, février 2009)

Un récit basé sur le blog de Wil Wheaton sur sa vie, son œuvre et l'influence majeure sur son quotidien d'avoir fait partie de Star Trek, et comment s'en sortir.

Il s'en sort plutôt bien, némésis de Sheldon dans The Big Bang Theory, animateur de l'excellent Table Top, pour tous les fans de jeu de plateau avec des invités de la geek culture, participant de l'inénarable Pax celebrity game, une partie de D&D très drôle où cela fuse de partout avec les créateurs des webcomics PvP et Penny Arcade. I love you guys !


Un récit plaisant plutôt intimiste, et la verve humoristique de Wil, qui ravira les g33ks ! Dans la même veine qu'un récit de Kevin Smith (cheers man !) comme Shootin' the sh*t with Kevin Smith, the best of the smodcast !

Note : 9/10

lundi 25 novembre 2013

La cravate de Milena Michiko Flašar

L'arbre aux chats beaux
La cravate de Milena Michiko Flašar (Editions de l'Olivier, 164 pages, 2013)

Incipit :

Je l'appelais Cravate.
Le nom lui plaisait. Il le faisait rire.
Des bandes rouges et grises sur sa poitrine. C'est ainsi que je veux le garder dans mon souvenir.

Un Hikikomori et un Salaryman se rencontrent dans un parc, font connaissance et finissent par s'apprécier.

Sur le conseil d'un membre du Club parce que cela parle du Japon et que j'apprécie ce pays et sa culture.

Un livre sur les conventions sociales, l'aliénation de l'individu, la normalisation, l'isolement, le poids des idéologies. Des symptômes qu'il est possible de constater un peu partout et pas qu'au Japon. Un sentiment plus fort qu'ailleurs (la Honte) favorise le phénomène des Hikikomori mais cela n'en change pas fondamentalement les causes. Un livre terrible sur la lâcheté, l’hypocrisie, ce malaise pesant qui écrase la tête du clou qui dépasse, qui étouffe la créativité, le superflu, la poésie, l'individu et sa spécificité. Qui s'attaque brutalement à la différence, y compris à l'école qui devrait être le lieu de l'épanouissement.

De très courts chapitres, un style sensible qui évoque avec beaucoup de tendresse et d'amertume deux destinées fragilisées avec l'instinct de mort très prégnant qui rôde toujours, pas loin.

Un livre intéressant.

Note : 8,5/10

samedi 23 novembre 2013

Les chaussures italiennes d'Henning Mankell

Les chiens aboient le Caravage passe
Les chaussures italiennes d'Henning Mankell (Points, 373 pages, éditions du Seuil 2009)

Incipit :
Je me sens toujours plus seul lorsqu'il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude.

Un homme vivant en ermite depuis douze ans sur une île suédoise revoit un amour de jeunesse, Harriet, qu'il avait abandonné du jour au lendemain trente-sept ans plus tôt. Sa vie va en être bouleversée.


Je me rappelais vaguement avoir lu en anglais une aventure de Wallender, Firewall [1], que j'avais appréciée. De plus depuis le temps au Club de Lecture que revenait dans les discussions ce livre Les chaussures italiennes, c'était deux bonnes raisons de le lire.

Un livre magnifique qui entre en résonance avec l'âme et la fait chanter. Sur des thèmes classiques (la mort, l'amour) l'auteur nous fait voyager dans un monde à la limite de l'onirisme, entre vague à l'âme, road movie, nostalgie à la rencontre d'un amour inachevé.

Avec bonheur, le cadre se marie  avec une histoire tragique, pourtant contée avec délicatesse et douceur nimbée de non dits qui brillent de mille feux.

Un récit d'une profonde humanité avec un anti héros qui se débat pour réparer ses égarements.

Un très beau livre.


Note : 10/10

[1] En français La Muraille invisible (plus joli que pare-feu)

vendredi 22 novembre 2013

Vertige de Franck Thilliez

Ça vous tente ?
Vertige de Franck Thilliez (Fleuve Noir, 330 pages, 2011)

Incipit :

L'obscurité est partout.
Depuis dix minutes, j'essaie à tout prix de bouger mais j'en suis incapable. D'ordinaire, chez nous, depuis la fenêtre de notre chambre, j'entends toujours le feulement des voitures. Mais ici, rien.

Un homme se réveille d'un sommeil artificiel dans une grotte et réalise qu'il est maintenu au bout d'une chaîne. Une tente sommaire gît au milieu avec le minimum pour vivre. Pourquoi se retrouve-t-il là ?  Est-il seul ? Son passé d'alpiniste extrême a-t-il un rapport ?

Un climat oppressant, une angoisse sourde, un environnement hostile en mode survie et une intrigue qui se dévoile au goutte à goutte et vous prend aux tripes. Ne vous lâche plus. Une très belle couverture qui met bien en confiance ...

Un excellent thriller, que j'ai lu sur les recommandations de Sandrine (encore elle, douée la petite non ?). Sandrine l'a bien présenté à la dernière réunion du Club de Lecture. Lors de son exposé des condensats d'angoisse ruisselaient le long de ses tempes, ses pupilles dilatées par une peur incontrôlée masquée par des clignotements d'yeux spasmodiques dignes des lumières intermittentes d'une 4L en fin de vie exprimaient toute la frayeur vécue à la lecture de Vertige et seuls les tranquillisants à haute dose pouvaient ... heu pardon je m'emporte. Non elle était totalement maître de ses émotions ... pour mieux nous piéger je parie. Enfin bref j'ai survécu, à peine ...

Ce livre est très bien mené, avec intensité, une tension à tout rompre et sait comment vous clouer (crucifier ?) au siège ! Rappelle un peu SAW 1 (de beauté) dans sa mise en place mais son style propre [1], ses variations, son travail sur la psychologie des personnages, sur les éléments d'empathie (le chien par exemple) le contexte (la montagne, l'alpinisme, les notes et références) et bien sûr le final emporte le tout très largement ! Un huis clos mais pas celui de Sartre, plutôt en beaucoup plus flippant. Quoique ...

A lire la nuit sous la couette, l'hiver, seul, une nuit d'orage ... bonne chance. Je vais de ce pas m'intéresser à d'autres ouvrages de Sieur Thilliez !!!

Note : 10/10

[1] enfin propre, pas totalement, ça tache un peu

mardi 19 novembre 2013

Peste & Choléra de Patrick Deville


La jungle, la terrible jungle ...
Peste & Choléra de Patrick Deville (Points, 253 pages, 2013)

Incipit :

La vieille main tavelée au pouce fendu écarte un voilage de pongé. Après la nuit d'insomnie, le vermeil de l'aube, la glorieuse cymbale. La chambre d'hôtel blanc neige et or pâle.

La vie romancée d'Alexandre Yersin, le découvreur du virus de la peste, qui porte en reconnaissance son nom Yersinia pestis, un savant un peu méconnu, voyageur, arpenteur et d'une curiosité insatiable. Un esprit indépendant aux aventures dépaysantes.

L'auteur tisse avec érudition des liens entre des personnages célèbres, des lieux géographiques éparpillés et des événements historiques majeurs tout en les mettant en perspective avec subtilité [1]. Il recrée en quelques phrases bien ciselées  la géopolitique de l'époque ou encore les contraintes pour voyager. Un personnage étonnant qui me rappelle par certains côtés Nikola Tesla, la même passion pour la science, le même désintéressement pour la gloire ou l'argent, le même génie, à ce titre Alexandre Yersin rejoint mes héros haut la main !

Un livre magnifique et passionnant, véritable hommage à A. Yersin, qui m'a emballé totalement. Non seulement un grand moment de lecture mais en plus un grand moment de culture [2].

Note : 10/10

[1] Ou avec une ironie mordante comme dans cet extrait p. 129, Yersin ayant reçu la Légion d'Honneur : "Là encore, comme pour la démographie et l'espérance de vie, il convient de se garder de tout anachronisme. On ne donne pas alors le ruban aux footballeurs".

[2] C'est le cas de le dire !

dimanche 17 novembre 2013

Une partie de chasse d'Agnès Desarthe

Where's the rabbit hole ?
Une partie de chasse d'Agnès Desarthe (Points, 162 pages, 2013)

Incipit :

J'aimerais mourir de mort naturelle. Je voudrais vieillir. Personne ne vieillit chez nous. Nous partons dans la fleur de l'âge.
J'aimerais avoir le temps de sortir de l'enfance. Connaître la nostalgie poignante qui étreint le cœur des adolescents. Quelque chose en eux pleure l'enfant qu'ils ne sont plus, et c'est un chagrin magnifique et muet.

Pour faire plaisir à son épouse, Emma, et s'intégrer au sein d'un village, Tristan finit par accepter de participer à une chasse. Avec trois autres villageois ce qui devait être une initiation à la vie commune, à l'acceptation, à l'assimilation va être perturbé par un incident puis la situation va empirer, l'entropie gagner et faire ressurgir des passés douloureux ainsi que des secrets.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Comment une simple partie de chasse peut dériver, épaulé par la Nature et dépeindre petit à petit la brutalité des relations humaines.

Extrait :

-- C'est comme ça, maintenant, explique-t-elle. Il faut tout dire. Aller au bout. Les gens sont anesthésiés. Il faut les choquer, les réveiller. On a tout vu, tout entendu. Blasé, tu connais ce mot ? Voilà ce que nous sommes. Blasés. Les génies les plus inventifs de nos jours, tu sais où ils sont ? Dans les prisons, dans les asiles psychiatriques. Ils ont tué des gens en série, selon des modèles mathématiques, des modèles philosophiques. Nous avons tellement œuvré pour prolonger nos vies, pour les améliorer, que le dernier refuge de la créativité se loge dans la destruction.

De bonnes idées, le lapin bien sûr mais aussi l'allégorie de la grotte.

Un livre qui se dévoile petit à petit et se déguste comme un un bonbon qui se révèle empoisonné. Quasiment lu d'une traite. Recommandé lors de la dernière présentation Chantelivre à la médiathèque de Beaugency. Merci !

Note : 10/10

La Faute de goût de Caroline Lunoir

Mathilde à la piscine
La Faute de goût de Caroline Lunoir (Actes Sud, 113 pages, août 2013)

Incipit :

LE DÉBUT des vacances résonne dans la gare et dans ma tête. J'attends que l'on vienne me chercher, mon sac à mes pieds. Le préau de l'arrivée brûle sous un soleil impassible.

Retrouvailles familiales lors de vacances d'été dans une vaste demeure du Sud, avec plusieurs générations présentes.

Un des romans recommandé lors de la dernière présentation de Chantelivre à la médiathèque. Excellente proposition, je n'ai pas du tout regretté de l'avoir lu.

Bon choix de titre superposé à la couverture représentant un bord de piscine ... avec quelques feuilles éparses. A noter le f majuscule de faute et l'imaginaire culturel et religieux lié à cette notion.

L'auteur retranscrit avec justesse et sensibilité l'ambiance des réunions de famille lors des grandes vacances, les questions de conventions, la diplomatie nécessaire, les hypocrisies et travers de chacun, le conformisme des uns et le désir des nouvelles générations de sortir du carcan familial qui vous a vu grandir. Une touche de féminisme nécessaire sur ces changements de génération qui ont vu le poids patriarcal diminuer sans toutefois totalement disparaître. L'observation d'une forme de bourgeoisie décadente et ses relations avec le "petit" personnel complexifiée par la porosité des relations.

Un don d'observation et un regard acéré sur les non-dits, sur ce théâtre social où il est difficile d'exister hors des sentiers battus. Mais c'est dit d'un style doux, léger qui immerge totalement.

D'une écriture fine et délicate, un portrait de famille doux-amer, sans fard, un peu détaché et désabusé sur l'existence mais qui vous nourrit sur la psychologie et les relations humaines.

Un coup de cœur pour ce premier roman. Je vous incite chaudement à le lire !

Note : 10/10

samedi 16 novembre 2013

Arthus Bayard & les maîtres du temps de Laurent Bettoni

Vous avez l'heure ?
Arthus Bayard & les maîtres du temps Penicillium notatum de Laurent Bettoni (Don Quichotte, 365 pages, 2013)

Incipit :

Ce samedi-là, tous se réunirent dans la cuisine autour de Tomaso, qui préparait le petit déjeuner pour la famille au grand complet. Au grand complet signifiait le groupe des quatre habituels : Loreena la gouvernante, Tomaso l'homme de main, Lalie et Arthus, les deux adolescents de quatorze ans, auxquels s'ajoutaient Bérengère et Thibault Saint-Ange.

Des personnages attachants, une aventure pleine de rebondissements, des sentiments, de l'angoisse, du suspense, le tout sur fond de voyage dans le temps emprunt de mythologie (et ça j'aime beaucoup). Ajoutez à cela quelques touches d'humour et vous avez un cocktail bien équilibré.

Une histoire qui n'est pas exempte de facilités ou de clichés mais qui est captivante de bout en bout. D'une lecture aisée, vous emporte jusqu'à la fin sans aucun temps mort en prenant petit à petit de la vitesse et réservant son lot de surprises. L'auteur se permet d'y insérer des réflexions sur la répartition des richesses ou sur certains événements historiques passés. Bref une réussite. De la bonne littérature jeunesse que je vais de ce pas recommander à ma fille.


J'attends la suite avec impatience !!! Merci Sandrine de ce conseil.

Note : 10/10

vendredi 15 novembre 2013

Prix Goncourt des lycéens 2013

Prix Goncourt de Lycéens 2013 !!!!!

Alors là je suis très content, Le quatrième mur de Sorj Chalandon a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens 2013, je ne me suis pas trop fourvoyé sur la qualité de cet ouvrage en lui prédisant un Goncourt  le 28 septembre dernier, ce n'est pas exactement le prix Goncourt mais pas loin tout de même !


jeudi 14 novembre 2013

La femme à 1000° d'Hallgrìmur Helgason

Vous avez du feu ?
La femme à 1000° d'Hallgrìmur Helgason (Presses de la cité, 640 pages, 2013)

Incipit :

Je vis ici, seule dans un garage, avec pour unique compagnie un ordinateur portable et une vieille grenade. Un vrai petit nid douillet.
J'ai adoré la couverture ... et le titre, c'est ce qui m'a incité à m'intéresser à ce livre, puis les quelques critiques glanées par ci par là, en évitant d'en lire qui dévoileraient trop l'intrigue. De plus cela a été conseillé par une lectrice du Club de la Marguerite !

Une vieille dame mourante, dans un garage avec comme compagnon un ordinateur et l'accès à des réseaux sociaux, se remémore les moments clés  de sa vie au travers d'un journal.

De courts chapitres, nombreux (155) sur des dates et des périodes phares, en particulier la seconde guerre mondiale, alternant entre le présent (2009) et différents passages du passé de la narratrice, Herbjörg Maria Björnsson. Nom qui n'est pas aussi imprononçable que veut bien le vanter la quatrième de couverture.

Extrait p. 182 (qui résume bien le livre comme si l'auteur voulait expliquer son projet au travers de son personnage) :

Je peux veiller sur mes instants, survolant chaque bout d'existence, les choisissant puis les ordonnant à ma convenance pour former un ensemble : l'image d'une femme, d'une vie, d'un siècle. ../..


La liseuse de Manet (trucage par mes soins)
L'Islande, le Danemark, l'Allemagne dans une période trouble au travers d'un personnage et quel personnage ! D'un cynisme fin,  des propos au vitriol, une chronique rustique parfois fruste sur l'Islande du temps passé jusqu'au constat amer de l'Islande d'aujourd'hui, à genoux devant la finance globalisée et les déviances d'un capitalisme débridé.

L'auteur a l'art de conter, d'un humour noir, teinté d'ironie, avec parfois des phrases de pure poésie. Un personnage haut en couleurs bien campé, indépendant, un esprit libre, facétieux,  qui a subi les affres de la vie mais ne regrette rien, au dessus de la mêlée, qui a bien vécu et qui est prête à finir sa vie, sans fatalisme ou tristesse au point de s'y préparer, alors qu'elle est rongée par le cancer.

Une fresque humaine, avec des passages durs sur le fascisme ou l'horreur de la guerre, et des morceaux de vie au sein d'une famille particulière, sur fond de nazisme, d'un pays singulier que l'auteur aime bien (dans le sens qui aime bien châtie bien ...).

Extrait :

Rien n'est plus comique que la vengeance d'un lâche, rien n'est plus tragique.

Hallgrimur Helgason
Hallgrìmur Helgason
Un livre qui sait faire voyager, sur un peu dont on parle peu, même si le propos n'est pas toujours très drôle. Pas de sensiblerie, brut de fonderie, une écriture vivace qui vous emporte. Un ouvrage fort avec des passages puissants.

Extrait (sur l'amour) :

Personne ne devrait laisser son cœur bouillir tout entier. Il est plus sage de le couper en quarts, d'en faire griller un ou deux morceaux à la poêle et de mettre le reste au congélateur.

Peut être quelques longueurs tout de même à partir de la page 400  mais au final un bon livre que je ne regrette pas d'avoir lu.Un regard acéré sur la crise financière, le fascisme et la bêtise en tout genre et des remarques pertinentes assez amusantes.

Extrait p. 527

- Un pays c'est bien, mais pas plus de deux semaines.
- Pourquoi pas ?
- Oh, car après, tout devient compliqué. On se fait des relations et on reçoit des coups de fil.


Un livre épique ! A lire. Présentation par l'auteur sur youtube.

Note : 8,5/10

mardi 12 novembre 2013

Présentation Chantelivre du 12 novembre à la médiathèque de Beaugency

Et voilà ! Une présentation de plus, ce soir par Élisabeth de la librairie Chantelivre d'Orléans qui nous a parlé des différents prix (Goncourt, Médicis, Femina, Académie Française, Renaudot), de la rentrée littéraire, des romans français et étrangers qui se démarquaient et bien sûr d'une sélection établie par ses soins.

Sans ordre particulier :
  • Confiteor de Jaume Cabré, bien mis en avant (il faut juste dépasser les 200 premières pages et s'accrocher un peu, j'avais calé à 150 environ je vais reprendre)
  • La réparation de Colombe Schneck
  • Robert Mitchum ne revient pas de Jean Hatzfeld
  • La maison des chagrins de Victor Del Arbol, un bon policier semble-t-il
  • Bel-Air de Lionel Salaün
  • Une partie de chasse d'Agnès Desarthe
  • Mauvaise étoile de R.J. Ellory, très sombre, vous êtes prévenus
  • Le dernier lapon d'Olivier Turc, un autre policier
  • La faute de goût de Caroline Lunoir
  • L'empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau
  • Ma grand-mère russe et son aspirateur américain de Meir Shalev, a priori très drôle
  • Le spectre d'Alexandre Wolf de Gaïto Gadzanov, que j'ai lu (et donc content qu'il soit présenté vu que je l'ai apprécié)

Il est possible que je n'ai pas tout noté.

La liseuse de Fragonard (trucage par mes soins)
Un merci à Sandrine qui m'a fait passer Arthus Bayard et les maîtres du temps (elle l'a bien vendu à la dernière réunion !!), à Catherine pour le Hors Série 60 millions de consommateurs pour son article sur la liseuse (électronique pas de celle de Fragonard)

Je ne sais si je dois remercier Chantelivre et la médiathèque de Beaugency vu que j'ai encore acheté des livres ! ... quatre tout de même (en vert dans la liste ci-dessus) et qui vont gonfler ma P.A.L. que je mettrai à jour ... plus tard. Vivement que je les lise (juste ne pas en acheter trop entre temps ...)

Une très bonne soirée, chaleureuse avec des passionnés de lecture et une présentation très agréable. Et un accueil toujours aussi réussi de la Médiathèque !

Bonne lecture à toutes et à tous !

samedi 9 novembre 2013

esprit d'hiver de Laura Kasischke


esprit d'hiver de Laura Kasischke (Bourgeois, 276 pages, 2013)

Incipit :

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :
Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.
C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?
Le jour de Noël, Holly se réveille en retard, alors qu'elle attend plein d'invités, amis et beaux-parents. Elle n'a pu ouvrir comme à l'habitude les Noëls précédents les cadeaux avec sa fille Tatiana et son mari, ce dernier devant aller chercher ses parents. Tout ne va pas se passer normalement.

Un décor est planté, l'hiver, la neige, le froid, l'esprit d'hiver, qui fait écho à l'adoption en Sibérie de Tatiana dans un orphelinat miséreux et qui amplifie les effets souhaités par l'auteur (isolation, enfermement, engourdissement, tristesse etc). Restées seules à la maison la tension monte entre Holly et sa fille Tatiana sur fond de remords liés à la complexité d'une adoption : sélectionner un enfant au détriment d'autres, la procédure longue et éprouvante, le délai entre la première rencontre et celle où enfin il est possible d'emmener l'enfant, délai dans lequel les parents adoptifs tentent par la corruption que le futur adopté soit mieux préservé. Rien que cela bouscule nos hypocrisies, la morale, ne serait-ce que parce que les adoptants "préfèrent" un enfant en "bon état". A ce titre l'auteur critique en creux, sur ce point et d'autres, notre société de consommation face à la misère. Également l'amour filial au regard de conditions difficiles (L'adoption mais aussi qu'Holly a entre autres subi une mammectomie).

Laura Kasischke prend son temps, une fusée à trois étages, une première partie (environ 100 pages) qui au travers de tension adolescente/mère fait ressurgir un passé refoulé, une deuxième partie (environ 150 pages) qui accentue des éléments dissonants déjà perceptibles dans la première partie et la troisième avec mise sur orbite à la fin en quelques pages qui laisse coi tant par sa force que par sa brutalité. Le lecteur se doute de certaines choses mais cette façon de procéder est comme une claque qui réveille et transfère le cauchemar ...

Le final change l'angle de perception de l'histoire. Je ne puis en dire plus mais c'est toute la force de ce livre.

Je n'ai pas bien compris dans le magazine Lire le rapprochement entre Mind et Winter (du titre original Mind of Winter) qui ne sont pas homographes ni homophones (sauf à penser que le journaliste qui a écrit cela ne sait pas comment se prononcent en anglais Mind et Winter).Ou alors visuellement (le M après rotation est un W, un peu comme Wisteria Lane dans Desperate Housewives qui peut donner au niveau visuel mais aussi sonore Mysteria et donc Mysteries). Le blizzard d'hiver qui glace l'esprit en somme ...

Un très bon livre, très bien construit, qui sait semer le doute, l'inquiétude, l'angoisse, le dégoût et la surprise. Et quelle surprise !

Note : 9,5/10

vendredi 8 novembre 2013

Ma Pile A Lire (P.A.L.)

P.A.L. (Pile A Lire)


Liste des livres que je souhaite lire un jour et qui sont dans ma bibliothèque. J'actualiserai cet article au fur et à mesure et au bout d'un certain temps je ferai un grand nettoyage.

Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'avais du retard, c'est l'avantage des piles de livres entassées un peu partout. Déjà faire ce petit travail m'a permis de me rappeler que certains livres étaient à portée de main mais aussi de l'ampleur du temps à consacrer à les découvrir alors qu'il en sort tous les jours.


Anglais

  • S. de Doug Dorst & J. J. Abrams
  • The Anubis Gates by Tim Powers (relecture) 
  • Society of the mind by Eric L. Harry
  • Just killing time by Derek Van Arman
  • The Dunwich Horror by H.P. Lovecraft (finir les nouvelles)
  • Halting State by Charles Stross
  • The Girl with the Dragon Tattoo by Stieg Larson (fan inconditionnel de Lisbeth, lu en VF, VOST, vu en série, films et lu en BD !)
  • Mindfreak de Criss Angel
  • Guns, Germs and Steel by Jared Diamond
  • Why is Sex fun ? : the evolution of human sexuality by Jared Diamond
  • The rise and fall of the third chimpanzee  by Jared Diamond
  •  The life and times of Nikola Tesla. Biography of a genius by Marc Seifer
  • Vanished by Joseph Finder 
  • Temple of the winds by Terry Goodkind (volume 4 de la série de l’épée de vérité)
  • Homeland by Cory Doctorow
  • Ready player one by Ernest Cline
  • Kill Decision by Daniel Suarez
  • Ubik by Philip K. Dick (relecture)
  • The man in the high castle by Philip K. Dick
  • The devil all the time de Donald Ray Pollock 
  • Home by Toni Morrison 
  • City by Clifford D. Simak (finir les nouvelles)
  • Odd Thomas by Dean Koontz 
  • Flaubert's parrot by Julian Barnes
  • A history of the world in 10 1/2 chapters by Julian Barnes
  • Pulse by Julian Barnes
  • Saturday by Ian McEwan
  • Amsterdam by Ian McEwan
  • Doctor Sleep by Stephen King 
  • In the country of last things by Paul Auster 
  • The Selfish gene by Richard Dawkins
  • Optiks treatise of reflections, refractions, inflections and colours of light by Sir Isaac Newton

Allemand

  • Luxus (manga)

Français

Livres, romans, essais
  • La grand-mère de Jade  de Frédérique Deghelt
  • Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier de Kandinsky (relecture)
  • La femme à 1000° d'Hallgrimur Helgason
  • Les trois mousquetaires suivi de Vingt ans après d'Alexandre Dumas (Pléiade)
  • Mon tour du "Monde" d'Eric Fottorino
  • Les larmes du diable de C. J. Sansom
  • Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke(finir les lettres)
  • Je vais mieux de David Foenkinos
  • Derniers poèmes d'amour de Paul Eluard (à finir) 
  • Antigone de Sophocle
  • Antigone de Jean Cocteau
  • La divine comédie (L'Enfer, le Purgatoire et le Paradis) de Dante  (Pléiade)
  • La controverse de Valladolid (théâtre) de Jean-Claude Carrière
  • La controverse de Valladolid (roman) de Jean-Claude Carrière
  • Avant d'aller dormir de S. J. Watson 
  • Mythologies de Roland Barthes (finir les articles)
  • Le degré zéro de l'écriture de Roland Barthes
  • Maleficus d'Emma Locatelli
  • L'homme sans qualités de Robert Musil
  • Pour une politique de civilisation d'Edgar Morin
  • Introduction à la pensée complexe d'Edgar Morin
  • Le divan de Staline de Jean-Daniel Baltassat
  • Le procès de Kafka
  •  Le roi des Aulnes de Michel Tournier
  • Gilgamesh
  • Lune de glace de Jan Costin Wagner
  • Naissance de Yann Moix
  • Peste et Choléra de Patrick Deville
  • Le troisième Reich de Roberto Bolaño
  • Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann 
  • En avant comme avant ! de Michel Folco 
  • La cravate de  Milena Michiko Flasar
  • La lamentation du prépuce de Shalom Auslander
  • Cartier-Bresson L’œil du siècle de  Pierre Assouline
  • Les sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra
  • L'imposture des mots de Yasmina Khadra
  • Odyssée d'Homère 
  • Le XXe siècle idéologique et politique de Michel Winock 
  • Vivre et penser comme des porcs de Gilles Châtelet
  • L'aventure des langues en occident d'Henriette Walter 
  • Contre la nouvelle philosophie d'Aubral et Delcourt (à relire tant il est juste sur ses prophéties)
  • La faute de goût de Caroline Lunoir
  • Une partie de chasse d'Agnès Desarthe
  • L'empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau
  • Ma grand-mère russe et son aspirateur américain de Meir Shalev 
  • Les brutes de Philippe Jaenada
  • Les chaussures italiennes d'Henning Mankell
  • La chambre des morts de Franck Thilliez
  • La mémoire fantôme de Franck Thilliez
  •  Le syndrome [E] de Franck Thilliez
  • Gataca de Franck Thilliez
  • ATOM[KA] de Franck Thilliez
  • Île d'Aldous Huxley (à relire)
  • Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages de Sylvain Tesson
  • Le degré zorro de l'écriture de Jean-Pierre Verheggen
  • Belle de Jour de Joseph Kessel 
  • Même le mal se fait bien de Michel Folco
  • Le Chrysanthème de Robert Pinget
  • Précipitation en milieu acide de Pierre Lamalattie
  • Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke
Manga

  • Goggles de Toyoda Tetsuya
  • Le journal de mon père de Jirô Taniguchi
  • Gunnm Tome 2 de Yukito Kishiro 
  • Bakuman Tome 9 
  • Intégrale Albator
     
BD

  • Long John Silver Tome 2 
  • L'intégrale Barbe Rouge, tome 1
  • Les pirates de Barataria, tome 2 
  • Millénium Tome 2
  • Blacksad Tome 5

SCIENCES et techniques (humaines, physique, chimie, astronomie, optique, photographie etc)

  • Prodiges et  vertiges de l'analogie de Jacques Bouveresse (à relire)
  • Impostures intellectuelles d'Alan Sokal et Jean Bricmont(à relire)
  • Lumière et matière de Richard Feynman
  • Petit voyage dans le monde des quanta d’Étienne Klein
  • L'amour et la haine de Mélanie Klein et Joan Rivière (à relire)
  • Le ciel à découvert, sous la direction de Jean Audouze
  • La folie sans peine de Didier Raymond
  • La chambre claire de Roland Barthes
  • The anatomy of story by John Truby
  • La trahison des clercs de Julien Benda
  • French Theory de Cusset 
  • Psychopathologie de la vie quotidienne de Freud
  • Psychologie sociale de Gergen et Jutras
  • Comment gérer les personnalités difficiles de Lelord et André (à relire ... et relire encore) 
  • Psychologie pathologique de Bergeret
  • La science sociale de Herbert Spencer 
  • Illustrated Guide to Home Biology Experiments (Thomson & Thomson)
  • Illustrated Guide to Home Forensic Science Experiments (Thomson & Thomson)
  • Illustrated Guide to Home Chemistry Experiments (Thomson & Thomson) 
  • Surveiller et punir de Michel Foucault

Livres de Go (choix parmi ma bibliothèque d'une trentaine d'ouvrages)

  • Strategic concepts of GO by Nagahara, 4-dan (à relire)
  • The direction of play by Takeo Kajiwara
  • The endgame by Tomoko Ogawa
  • Opening theory made easy by Otake Hideo 9 dan
  • Life and death by James Davies
  • Attack and defense by Akira Ishida
  • Positional Judgment  High Speed Game analysis by Cho Chikun
Cinéma
  • A short guide to writing about film by Timothy Corrigan
  • Teach Yourself : Film Studies
  • Cinéphilo d'Ollivier Pourriol
Droit
  • Introduction à l'étude du droit de Philippe Malinvaud (L1)
  • Institutions juridictionnelles 10e édition de Jean-Pierre Scarano
  • Droit Pénal général 7e édition Patrick Kolb - Laurence Leturmy (mémento LMD)





Le prix Renaudot à Naissance de Yann Moix

Le prix Renaudot 2013


Naissance de Yann Moix  (Grasset)

Il était dans la première liste du Prix Goncourt et j'ai beaucoup hésité devant le nombre de pages, l'équivalent en temps de quatre ouvrages "normaux" ... Mais j'ai cédé ce jour et l'ai rajouté à ma P.A.L.(*) avec Peste et Choléra de Patrick Deville [2]. J'ai envie de m'attaquer à ce mastodonte (je parle du poids et du nombre de pages, pour l'instant je ne sais si cela me plaira, disons que le Renaudot a fait pencher la balance pour tenter l'aventure).

Et puis au Casque et l'Enclume ils en ont dit plutôt du bien, ce qui ne veut pas dire grand-chose mais incite tout de même à la découverte !

[1] P.A.L. Pile A Lire, liste de livres à lire dans votre bibliothèque. Je compte la publier sous peu, une fois celle-ci terminée dans son état actuel, un peu par conformisme et parce qu'il et amusant de regarder dans les bibliothèques des autres, même si une liste virtuelle est moins glamour qu'une vraie bibliothèque.

[2] Prix Femina 2012

jeudi 7 novembre 2013

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé (Éditions de l'Olivier, 284 pages, 2013)

Incipit :
  Maria Cristina Väätonen, la vilaine sœur, adorait habiter à Santa Monica.
  La première raison de cette inclination, celle qu'elle n'avouerait sans doute pas ou alors seulement sous forme de boutade, en riant très fort et très brièvement, c'est qu'elle avait la possibilité à tout moment de déguster des cocktails de crevettes et des glaces à la pastèque sur le front de mer.

C'est l'histoire d'une jeune femme ayant vécu dans un milieu aliénant, pauvre, étroit d'esprit, entouré de pecnots mais qui réussit tout de même à s'éloigner de sa ville natale isolée et de ses parents castrateurs et bigots pour faire la rencontre d'un écrivain qui la décillera sur le monde et lui permettra peut être enfin de s'épanouir.

Une écriture au style personnel qui instille un mystère,  une empathie avec Maria Cristina à laquelle on s'attache au fur et à mesure qu'on découvre son passé difficile et qui en dépit de sa personnalité qui a poussé sur un terreau infertile cherche à aller de l'avant et découvre le monde.

L'auteur instaure un climat particulier, un style faussement détaché pour mieux nous surprendre et nous offre un portrait de femme dessiné avec finesse et sensualité qui traverse une vie semée d'embûches, d'écueils, de coups durs mais que Maria Cristina surmonte à sa manière.

Un roman initiatique envoûtant, qui commence doucement mais qui se lit avec une facilité dont le mérite revient à une écriture travaillée parfaitement maîtrisée.

Note : 8,5/10


Le prix Goncourt 2013 à Pierre Lemaitre

Le prix Goncourt 2013


Au revoir là-haut de Pierre Lemaître  (Albin-Michel)

Le prix Goncourt 2013 a été remporté par Pierre Lemaitre pour son ouvrage Au revoir là-haut. Un très bon livre. J'aurais penché pour Sorj Chalandon et son livre Le quatrième mur mais il n'a finalement pas été retenu. 

Sur la dernière sélection et pour ceux que j'ai lu j'aurais plus penché pour L'invention de nos vie de Karine Tuil pour son style personnel affirmé.

Je n'ai pas eu le temps au regard de mes projets de mettre à jour ce blog plus tôt mais avec l'ampleur médiatique sur le prix Goncourt, impossible d'y échapper ! Ce ne sera pas une nouvelle lorsque vous lirez ces lignes !

samedi 2 novembre 2013

L'échange des princesses de Chantal Thomas

L'échange des princesses de Chantal Thomas  (Seuil, 334 pages, 2013)

Incipit :

"La gueule de bois n'a jamais empêché les bonnes idées", se dit Philippe d'Orléans en fermant les yeux dans les forts parfums de son bain.

Un moment de l'Histoire de France. Pour conclure une alliance entre la France et l'Espagne, sont échangées deux princesses, des mariages arrangés pour des raisons politiques.

L'auteur nous raconte au travers de lettres qui semblent avoir réellement existé un moment de l'Histoire de France, avec ses trajets dangereux, les maladies de l'époque, les tendances endogamiques des grandes familles, les mariages arrangés, le protocole, le manque affectif d'une autre époque.

Je n'en ai lu qu'un tiers environ, n'arrivant pas à m'intéresser et encore moins à me passionner pour cette histoire et cela après de longues hésitations pour finalement abandonner ce roman. A mon grand regret. En essayant de comprendre pourquoi c'est peut-être pour deux raisons, l'humour ou l'ironie décalée par rapport à ce qui arrive et surtout la distance mise par l'auteur vis à vis de ses personnages. C'est décrit de façon assez factuelle, ou utilisant la troisième personne (le Princesse a ressenti ceci ou cela). Étonnamment cela m'a empêché pour ma part d'avoir de l'empathie ou de m'intéresser. Je n'ai pas eu le courage de continuer tellement l'ennui pointait son nez.

Difficile alors de noter ... mais bon ... J'ai aussi du rajouter un nouveau libellé pour l'occasion : abandonné ... pour mes lectures non abouties. J'espère qu'il n'y en aura pas trop !

Note : 5/10


mardi 29 octobre 2013

La dernière sélection du prix Goncourt 2013

La dernière sélection du prix Goncourt 2013


  •  Au revoir là-haut de Pierre Lemaître  (Albin-Michel)
  •  L’invention de nos vies de Karine Tuil  (Grasset)
  •  Arden de Frédéric Verger (Gallimard)
  •  Nue de Jean-Philippe Toussaint (Minuit)
Et voilà la dernière liste.En bleue ceux que j'ai déjà lu.Déjà j'ai perdu concernant Le quatrième mur de Sorj Chalandon ... Mais Au revoir là-haut et L'invention de nos vies sont très bons !

Cela fait court pour lire deux romans en quinze jours... je pense que je vais perdre mon pari (d'avoir lu l'ensemble de la dernière sélection), surtout parce qu'il y a Nue et qu'il s'agit du quatrième et dernier volet d'un ensemble et que je préfère commencer par le début. Deuxième déconvenue. Ce n'est pas ma journée ;-)

Bon d'un autre côté cela me libère je vais pouvoir lire Confiteor !!!


dimanche 27 octobre 2013

Présentation Chantelivre à la Médiathèque de Beaugency

ÉVÉNEMENT PRÉSENTATION LITTÉRAIRE

Un petit contre-temps pour le précédent rendez-vous en Octobre ... Voilà le nouveau !!!!!

Le mardi 12 Novembre 2013 à partir de 18h à la médiathèque de Beaugency, la librairie Chantelivre d'Orléans fera une  nouvelle présentation de la rentrée littéraire (avec de nouveaux titres).

Les librairies sont en danger alors venez nombreux !!!

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson (Presses de la Cité, 475 pages, octobre 2013)

Incipit :

D'une certaine manière, les videurs de latrines du plus grand ghetto d'Afrique du Sud étaient bien lotis. Après tout, ils avaient du travail et un toit au-dessus de la tête.

Une jeune fille noire, habitante de Soweto en Afrique du Sud, à l'époque de l'Apartheid, va avoir une destinée peu commune. Dotée d'un Q.I. hors norme, Nombeko, c'est son nom, va tout faire pour s'en sortir.


Je me demandais ce que M. Jonasson allait trouver après l'excellent "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire". Je n'ai pas été déçu. La même truculence, le même sens de la dérision, la même ironie douce et parfois grinçante sur les événements historiques, bref un excellent moment. C'est vrai il y a un petit côté procédé. Dans les deux livres, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et celui-ci, L'analphabète qui savait compter, il y a un personnage hors norme et dans les deux cas il traverse l'Histoire et croise des personnages publics. Et un style similaire aussi. Mais l'auteur arrive à se renouveler et à nous emmener dans cette histoire déjantée tout en instillant des remarques assez justes sur le monde, les clichés, la bêtise ou encore la realpolitik. Pour cette dernière c'est avec une ironie mordante qu'il lui tord le cou ... avec des saillies sur les politiques américaine, chinoise, sud africaine, suédoise ...

Cet auteur me rappelle un peu Arto Paasilinna, le côté Nature et Découverte en moins ou encore Gilles Legardinier pour son sens de l'ironie, les situations burlesques et les phrases qui tuent.

Il me rappelle également L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA pour l'aventure improbable mais qui en même temps traite de sujets sérieux (racisme, immigration, bêtise humaine etc.)

Bref un excellent moment à passer avec ce livre ponctué de quelques fous rires. Je n'ai pas vu les 475 pages passer ...

Note : 9/10

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