mardi 29 octobre 2013

La dernière sélection du prix Goncourt 2013

La dernière sélection du prix Goncourt 2013


  •  Au revoir là-haut de Pierre Lemaître  (Albin-Michel)
  •  L’invention de nos vies de Karine Tuil  (Grasset)
  •  Arden de Frédéric Verger (Gallimard)
  •  Nue de Jean-Philippe Toussaint (Minuit)
Et voilà la dernière liste.En bleue ceux que j'ai déjà lu.Déjà j'ai perdu concernant Le quatrième mur de Sorj Chalandon ... Mais Au revoir là-haut et L'invention de nos vies sont très bons !

Cela fait court pour lire deux romans en quinze jours... je pense que je vais perdre mon pari (d'avoir lu l'ensemble de la dernière sélection), surtout parce qu'il y a Nue et qu'il s'agit du quatrième et dernier volet d'un ensemble et que je préfère commencer par le début. Deuxième déconvenue. Ce n'est pas ma journée ;-)

Bon d'un autre côté cela me libère je vais pouvoir lire Confiteor !!!


dimanche 27 octobre 2013

Présentation Chantelivre à la Médiathèque de Beaugency

ÉVÉNEMENT PRÉSENTATION LITTÉRAIRE

Un petit contre-temps pour le précédent rendez-vous en Octobre ... Voilà le nouveau !!!!!

Le mardi 12 Novembre 2013 à partir de 18h à la médiathèque de Beaugency, la librairie Chantelivre d'Orléans fera une  nouvelle présentation de la rentrée littéraire (avec de nouveaux titres).

Les librairies sont en danger alors venez nombreux !!!

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson (Presses de la Cité, 475 pages, octobre 2013)

Incipit :

D'une certaine manière, les videurs de latrines du plus grand ghetto d'Afrique du Sud étaient bien lotis. Après tout, ils avaient du travail et un toit au-dessus de la tête.

Une jeune fille noire, habitante de Soweto en Afrique du Sud, à l'époque de l'Apartheid, va avoir une destinée peu commune. Dotée d'un Q.I. hors norme, Nombeko, c'est son nom, va tout faire pour s'en sortir.


Je me demandais ce que M. Jonasson allait trouver après l'excellent "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire". Je n'ai pas été déçu. La même truculence, le même sens de la dérision, la même ironie douce et parfois grinçante sur les événements historiques, bref un excellent moment. C'est vrai il y a un petit côté procédé. Dans les deux livres, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et celui-ci, L'analphabète qui savait compter, il y a un personnage hors norme et dans les deux cas il traverse l'Histoire et croise des personnages publics. Et un style similaire aussi. Mais l'auteur arrive à se renouveler et à nous emmener dans cette histoire déjantée tout en instillant des remarques assez justes sur le monde, les clichés, la bêtise ou encore la realpolitik. Pour cette dernière c'est avec une ironie mordante qu'il lui tord le cou ... avec des saillies sur les politiques américaine, chinoise, sud africaine, suédoise ...

Cet auteur me rappelle un peu Arto Paasilinna, le côté Nature et Découverte en moins ou encore Gilles Legardinier pour son sens de l'ironie, les situations burlesques et les phrases qui tuent.

Il me rappelle également L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA pour l'aventure improbable mais qui en même temps traite de sujets sérieux (racisme, immigration, bêtise humaine etc.)

Bref un excellent moment à passer avec ce livre ponctué de quelques fous rires. Je n'ai pas vu les 475 pages passer ...

Note : 9/10

Liens

dimanche 20 octobre 2013

Contre le colonialisme numérique de Roberto Casali

Contre le colonialisme numérique de Roberto Casali (Albin Michel, 180 pages, octobre 2013)



Dans une position nuancée, ni totalement contre le numérique (luddite) ni totalement pour (idéologie béate) l'auteur s'interroge sur le tout numérique sans aucun recul, sur les conséquences du numérique sur l'acte de lire ainsi que la diffusion sans contrôle, sans réflexion, sans étude, sans cadrage au sein de l'éducation de technologies omniscientes et qui prennent le pas sur l'attention ainsi que la lecture approfondie, fondations de toute réflexion, de tout travail et de tout étude sérieuse. La pédagogie, l'enseignement, le vote électronique, l'idéologie fallacieuse du multitasking, l'e-democracy, wikipédia. Des thèmes importants, questions pratiques, des réponses ou des pistes de réflexion enrichissantes.

Un livre qui interpelle, beaucoup plus riche et intéressant que l'optimisme béat et creux du livre Petite poucette.

Au début l'auteur tente de définir l'expérience de la lecture comparée à une liseuse ou une tablette. Sur ce point il y a quelques faiblesses d'argumentation qui ne remettent pas en cause le reste de l'essai et les questions légitimes et nécessaires au regard de la mutation numérique en cours. J'aurais souhaité plus de rigueur et plus de précision. J'ai une expérience personnelle de lecture sur tablette (TA), sur liseuse (LI : livre informatique) et bien sûr avec des livres (LP : livre papier). A ce titre ce livre pousse à se poser de bonnes questions.

Sur l'expérience de la lecture, l'acte en lui-même, c'est une rencontre avec un objet et une expérience sensorielle :
  • La vue : l'auteur parle de chalets remplis de livres, ses étagères. Il y a la couverture, la quatrième de couverture, la couleur ou pas, la reliure, les bibliothèques, les librairies. les piles de livres. Sur ce point le livre papier (LP) se dissocie beaucoup d'une tablette (TA), d'une liseuse (LI) ou d'un ordinateur (PC pour Personal Computer). L'apparence du texte (caractères, chapitrage, police de caractère ...) bien sûr (très bien rendu sur la liseuse Kindle). Le rétro-éclairage d'une tablette est pénible et fatigant à la longue.
  • Le toucher : granulé du papier, couverture cuir, rigide, souple. Sur ce point également le LP se distingue du TA/LI/PC. La liseuse au sens support physique est indifférenciée quel que soit le livre. Ce dernier offre une variété de supports physiques (contenant) : poche, broché, luxe (Pléiade). Marque-page en tissu, deux parfois (Pléiade), en métal, les marque-pages variés qu'il est possible de trouver en librairie. Sur ce point le livre (LP) se singularise de la liseuse, en dépit d'un marque page virtuel (au sens simulé par une marque). Le livre se plie, se corne également. A éviter avec une liseuse.
  • L’ouïe : le bruissement des pages qui tournent (et parfois génère un léger mouvement d'air perceptible),  le bruit lorsqu'on le jette sur une pile, lorsque ladite pile tombe. Rien de tel sur une liseuse en dehors d'un clic (bouton) ou rien (écran tactile).
  • L'odorat : le vieux cuir, les parfum des bibliothèques (ce qui tend à disparaître), le papier de certains livres. J'ai retrouvé avec un indicible plaisir l'odeur de certaines bibliothèques vertes de mon enfance. Ou l'odeur caractéristique de certains livres qui à l'instar de la madeleine de Proust éveille une quantité impressionnante de souvenirs enfouis. Cela est tout bonnement impossible avec un objet en plastique tel qu'une liseuse ou même l'aluminium anodisé d'une tablette ...
  • Sensation kinesthésique : le poids en particulier (il y a aussi le lieu, la saison etc.), un gros livre n'est pas toujours pratique. Les positions pour lire (couché, affalé, au lit, en faisant le poirier, débout, dans un bus ...). La liseuse (LI) sur ce point présente des avantages au regard des gros ouvrages qui au bout d'un moment donnent des douleurs gênantes. Sur ce point la tablette est aussi peu pratique pour une lecture de moyenne ou longue durée. Le poids élevé et la taille fait d'une tablette (TA) une gêne encore plus pénible qu'un gros livre broché. Je parle pour ceux qui lisent au lit et/ou dans différentes positions. Sur un bureau avec un repose tablette cela peut se faire. Ce n'est pas ma façon de lire c'est tout. L'acte de tourner une page fait partie de cet item. Il est vrai qu'avec une liseuse ... tous les livres ont le même poids. Cela me fait drôle de l'écrire. C'est absolument vrai mais cela ne m'a en rien enlevé le moindre plaisir à lire un livre vu que c'est seulement maintenant que je m'en rend compte.
  • L'achat : l'acte, aller en librairie, commander en ligne, etc. La différence notable est que pour une liseuse le livre acheté peut être lu quelques minutes après. Pas de déplacement (voiture, parking, bouchons), disponibilité (toujours en rayon), possibilité d'acheter un dimanche matin à 6h10 ... 
  • L'attitude : lire est un acte asocial (ce n'est pas de moi mais d'un intervenant sur une radio nationale) parce qu'on s'isole de son environnement. L'auteur sur ce point est inquiet qu'il ne soit plus possible de s'isoler ... justement, prenant à contre pied l'intervenant. Pourtant cette attitude soi-disant asociale est contredite par l'attitude éminemment sociale du lecteur (clubs de lecture, forums, blogs, avis sur les sites de vente, séminaires, fêtes du livres, salon, prix littéraire, rencontres avec les auteurs, prêt, don de livre,  etc.) je ne puis adhérer à cette attitude soi-disant asociale, s'isoler pour pratiquer une activité n'est pas asocial pour autant (je m'isole pour voter par exemple, j'en ai toute une liste ...). Sur ce point je ne vois pas trop de différence entre lire sur une liseuse ou lire un livre papier.
  • L'interaction avec le livre : l'auteur a du déchirer les pages restées solidaires sur un vieux livre mal massicoté. Il est possible d’annoter,  de faire dédicacer, d'offrir un livre (PA). Difficile de faire tout cela avec un livre numérique. Le marque page qui indique l'endroit où nous en sommes (automatique sur une liseuse). Sur la progression l'auteur estime que le livre est supérieur à la liseuse, on voit combien il reste de pages... Avoir un indicateur de progression pour l'avoir pratiqué longuement est d'expérience similaire,  n'en déplaise à l'animateur du Casque et l'Enclume pour qui dire qu'on est à 30% d'un livre est horrible ... Pourtant si je suis au tiers ou à la moitié d'un livre papier cela revient au même. Je me rappelle de cette polémique stérile à l'époque des montres à affichage digital. Dire 10h24 devenait ... horrible. Vrai cette précision factice n'apporte rien. Elle n'enlève rien non plus.
  • Le Suspension of Disbelief  : une fois dans le livre, pourvu qu'il me plaise, que ce soit sur liseuse ou un livre papier, je suis dans le livre, le reste a peu d'importance. Sur ce point et nonobstant les autres points évoqués la métaphore du livre est plutôt réussie. Mais parce que la liseuse que j'ai ne fait QUE cela (permettre de lire un livre). Sur une tablette je serais non seulement réservé mais en ce qui me concerne pas convaincu (poids, éclairage, taille, tentations vers d'autres usages,  etc.)
 Ce livre m'a amené à ces réflexions. Sur les avantages d'une liseuse, l'auteur a un avis un peu biaisé. Cela ne remet pas en cause sa démonstration car le vrai problème n'est pas la liseuse ... mais la tablette. Avec un parallèle avec la photographie, c'est le smartphone avec APN (appareil photo-numérique) intégré qui a engendré l'explosion de services comme Instagram. Pas la vente d'APN. De même la vente massive de tablettes va faire lire ... sur la tablette. Et non sur une liseuse (outil séparé comme un APN séparé du smartphone). Or la tablette est une ADM (Arme de Distraction Massive). Dans un monde où il est plus amusant de jouer, de regarder une série et (faire la liste des activités ...) il n'y a presque plus de temps sans distraction, interruption, tentation (et comme le disait Oscar Wilde, "Je résiste à tout sauf à la tentation").

Les avantages nets du livre numérique :
  • La disponibilité à toute heure. N'en déplaise à l'auteur, dans mon cas (je suis à la campagne) l'achat d'un livre nécessiterait 50 km aller et retour et du parking ...
  • Il est possible de grossir les caractères. Pour un mal voyant c'est très pratique. 
  • Dictionnaire intégré (même pour ma langue maternelle mais aussi pour l'anglais que je lis). Cela limite l'interruption de la lecture en cours, la casse du rythme.
  • La légèreté de la liseuse (surtout pour des livres de plus de 300 pages) : je lis au lit entre autre. Et sur le kindle je peux tourner les pages de la main gauche ou droite.
  • En dépit de la moquerie un peu de mauvaise foi du livre sur une publicité vantant la liseuse : vous pouvez emporter 1000 livres. Et l'auteur de répondre : qui va lire 1000 livres pendant ses vacances ?. Certes. Dommage que l'auteur parfois se laisse aller à utiliser des arguments aussi pauvres. A se demander s'il en a au moins utilisée une pendant un certain temps (pour ma part deux ans). Dans la liseuse il y a les dictionnaires (et cela ne se limite pas à l'anglais ou le français), il peut y avoir d'autres types de documents (j'ai aussi des livres techniques et de références) mais surtout lorsqu'on part en vacances il est possible d'emmener plein de livres ce qui au cours de ses vacances permet ... de choisir.
  • L'accès à des livres libres de droits (voir le projet Gutenberg). 
  • L'accès à des ouvrages qui ne sont plus réimprimés.
  • Il ne remplacera pas le livre. (aka les anciennes mutations comme la radio qui soi-disant allaient supplanter la télévision, ou l'inverse je ne sais plus).
  • S'auto-éditer  (avec Sigil au format EPUB et Calibre pour le transcodage)
  • Tenir d'une main la tablette ET tourner les pages toujours d'une main (pour tous et en particulier les manchots). Mais c'est plus lié à la liseuse qu'au livre numérique. Disons que le numérique le permet par incidence.
  • La synthèse vocale en particulier pour les aveugles ou mal voyants. Ce n'est pas lié directement au livre numérique mais à l'outil qui permet le livre numérique. Cette option est possible sur certaine liseuse (je n'ai pas testé).
Les désavantages nets du livre numérique :
  •  l'autonomie. L'auteur a beau jeu de dire qui a envie d'avoir une fin de batterie au milieu du chapitre 4 ? Certes. Mais ayant acheté récemment Dante en Pléiade quelle n'a pas été ma surprise de voir qu'il manquait des pages (c'est relié en fascicules et un fascicule manquait). Mais oui l'occurrence d'une fin de batterie sur liseuse est plus élevée.
  • Les DRMs (Digital Rights Management). Étonnamment l'auteur n'en parle pas. Or mettre un verrou sur un livre est un non sens absolu (techniquement et monétairement peut être, philosophiquement un non négatif total).
  • Le prêt du livre, voire le don peu aisé voire impossible. Le format informatique (epub, mobi etc.) pas forcément pérenne en dépit de toutes les promesses farfelues qui peuvent être dites. Ces mêmes promesses inlassablement dites pour tel ou tel format (le plus emblématique est le format DOC de Microsoft une véritable plaie au regard de son évolution constante)
  • L'affichage d'une page à la fois ne m'a pas gêné mais cela peut poser problème pour certain. Je n'ai que mon expérience personnelle.
Pour le livre numérique, à partir du moment où le contenant est une liseuse, l'expérience est différente oui, mais au final assez peu (L'auteur parle d'expérience très différente). J'ai d'ailleurs lu cet essai sur Kindle. Oui Kundera a une position intéressante. Mais ses œuvres pourtant éditées sur des formats différents (broché, poche pour n'en prendre que deux) sont bien plus trahies par la traduction (quelle que soit la qualité du traducteur) que par un contenant comme une liseuse LI (je ne parle pas de tablette TA). Et je ne parle même pas des audio-books (voix, tessiture, rythme, etc.). Mais si sa position amène certains à réfléchir alors cela n'aura pas été en vain.

Mais le sujet du livre dépasse ce débat et s'intéresse au tout numérique dans l'enseignement et la perte de temps libre consacré à la lecture, et à la lecture dite approfondie.  Sur ce point le malaise n'est pas accentué par la liseuse mais par la tablette. Et la priorité qui n'est pas mise à l'école sur la lecture approfondie. Également l'idéologie sans nuance et parfois même sans réflexion ou fondement de tout mettre au numérique en dépit de résultat parfois moins bons. Cela me rappelle les CEO de grandes entreprises américaines de l'Internet qui mettent leurs enfants dans des écoles où l'enseignement ne repose pas sur les nouvelles technologies. Cela rejoint la thèse de l'auteur où l'école devrait être un sanctuaire qui se focalise sur l'essentiel.

L'auteur est assez convaincant sur ces points et bien d'autres [1] et ce livre qui pose des questions, qui propose quelques solutions est une lecture recommandée pour tous ceux qui s'interrogent. Un livre sur le temps, celui de l'école, précieux et inestimable et à quoi il devrait être consacré. L'auteur dénonce les concepts creux (et infondés) comme les Digital Natives sur lequel, entre autres, se basent des "experts" ou décideurs. En Logic 101 on apprend qu'à partir du faux il est possible de déduire n'importe quoi. Un livre salutaire sur bien des points. Cite Jaron Lanier qui déconstruit un certain nombres de mythe.

Dommage que l'auteur confonde programmateur et programmeur [2]... comme la revue Lire [3] de ce mois . Un programmateur c'est dans une machine à laver ou celui qui organise les programmes TV/radio. Le programmeur est celui qui développe un programme (d'ailleurs le vocable développeur est plus usité que programmeur).

Dommage aussi que l'auteur ne voit la tablette qu'en objet de consommation et non de production. Je ne donnerai qu'un contre exemple parmi bien d'autres : Jordan Rudess (de Dream Theater)  explorant les apps (applications Ipad) musicales sur Ipad. J'ai aussi un ami réalisateur qui fait ses storyboards sur ce même Ipad. Que la majorité des utilisateurs ne l'utilisent que pour consommer (ce que je ne sais) est-ce uniquement à cause de la tablette en soi ?

Dommage que l'auteur cite le MIDI pour en conclure que l'ordinateur est fortement limité pour la création musicale (?!). Autant l'analyse des conséquences du MIDI peut être intéressante autant cette généralisation est clairement abusive et démontre l'ignorance de l'auteur sur les capacités informatiques du PC (MIDI et surtout hors midi) pour la création musicale.

Dommage que l'auteur indique que TBI veut dire Tableau Blanc Informatique. Il signifie Tableau Blanc Interactif.Ce qui permet à l'auteur de confondre un TBI avec un ... simple projecteur qu'on aura dans la poche (smartphones qui font vidéoprojecteurs). Un TBI est plus que cela (Par exemple un élève peut utiliser Google Earth sur TBI car l'écran est tactile).

Dommage que l'auteur ait été abusé par une réimpression de très mauvaise qualité (par OCR) du livre Shadowings de Yakumo, librement téléchargeable sur Gutenberg. L'auteur utilisait cet exemple de technologie de transition.

Dommage que l'auteur s'égare sur la définition de la conjecture de Goldbach, c'est supérieur à 3 et non à 2. Quant à ceux qui ont un doute sur l'énoncé, il n'y a pas à préciser égaux car 8 = 5 + 3. L'entier pair 8 est la somme de deux nombres premiers ... qui ne sont pas égaux. Ce simple contre-exemple suffit à invalider la suggestion.

Mais, à nouveau, ces quelques biais ne remettent pas en cause la sincérité de l'ensemble et les questions légitimes. En plein dans les MOOC [4] à la française (Loi en cours) le chapitre sur ces MOOC pose les bonnes questions. Simple et efficace. De réelles questions sur l'enseignement, la pédagogie et les dérives très nettes liées au numérique (cf. le chapitre sur le mashup). Également les raisons qui poussent à l'usage de ces MOOC. L'idéologie dominante (à base d'indicateur, de productivité, etc.) pourra mesurer en clic l'usage des MOOC. Et (je simplifie) c'est la raison de leur mise en œuvre. Leur utilité pédagogique ? Leur finalité ? questions à peine évoquées. L'auteur justement pose les questions qui ne sont guère mises en avant par nos politiques et pourtant essentielles. Et puis il défend à juste titre wikipédia ... avec de vrais arguments dans une analyse pertinente tout en nuance.

Recommandé.

Note : 9/10

[1] entre autre le téléphone mobile dans les classes (SMS etc), les réseaux sociaux et leur constante activité distractive etc.
[2] A 50% du livre sur kindle et plusieurs fois ...
[3] Lire n°419 Octobre 2013 page 32, l'article Mon père, ce héros, deuxième colonne. Erreur assez courante ... et assez agaçante.
[4] Massive Open Online Courses.

mercredi 16 octobre 2013

Et soudain tout change de Gilles Legardinier

Et soudain tout change de Gilles Legardinier (Fleuve noir, 308 pages, 2013)

Incipit :

Il fait déjà nuit, un peu froid. Après la fin des cours, nous avons quitté le lycée aussi vite que possible. La perspective d'avoir à traverser la moitié de la ville par ce temps hivernal ne réjouit personne, mais nous sommes tous décidés.
Une bande d'amis au lycée est confronté à un événement douloureux.

Normalement je lisais L'échange des princesses et je n'accroche guère, l'impression de lire un cours d'histoire (aussi instructif qu'un cours mais aussi pénible par le récit plat ... bon je vais m'accrocher il semble que ce livre ait du succès alors je vais faire un effort, en plus il fait partie de la liste des Goncourt et j'ai mon pari à gagner).

Alors comme Et soudain tout change vient de paraître et que j'avais apprécié les deux précédents (la série couvertures avec un chat ...), je me suis dit, allez, pause détente avant de reprendre L'échange des princesses.

Met un petit laps de temps à démarrer mais se renouvelle par le thème plus dramatique. Au départ cela fait tout de même penser à un roman pour adolescent. Bon, après aussi. Mais peut être lu par des adultes qui pourront y trouver leur compte, en tout cas c'est mon cas. L'auteur arrive à bien retranscrire l'univers du lycée, les amitiés qui se font et se défont, les premiers amours, la camaraderie, et les questions qu'il est possible de se poser à cet âge.

L'histoire d'une bande d'amis du lycée, de leurs doutes, leurs interrogations sur le monde, à un moment crucial où tout change. Avec un humour potache habituel (et quelques passages plus ou moins heureux ) au final l'auteur s'en sort assez bien  et fait même passer des messages plus profonds, peut être naïfs sur la forme mais qui font mouche, en somme de la F.G.L. (Feel Good Litterature, concept du livre qui fait du bien en le lisant).

Plus dramatique que les deux précédents volumes mais même impression de passer un bon moment car l'auteur arrive à nous rendre vraiment attachants ces lycéens et ce qui leur arrive, et cela avec ce même état d'esprit que l'auteur présente lui-même dans sa postface, l'envie de partager avec générosité.

Note 8/10

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Site de l'auteur Gilles Legardinier

samedi 12 octobre 2013

Le potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos

Le potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos (Folio, 192 pages, 2005)

Incipit :

Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l'acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans l'ascenseur avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch.

Un livre sur les obsessions, de la collection maniaque d'Hector, qui en change pour varier, mais qui absorbe tout, au point de mettre fin à sa vie avant de côtoyer les Collectionneurs Anonymes pour guérir. Jusqu'au jour où il fait une rencontre.

Je n'étais pas trop dans l'histoire au début (disons les vingt premières pages), puis j'ai retrouvé le David Foenkinos que j'apprécie, son côté loufoque, plein de surprises, avec un humour qui fait mouche et un sens du burlesque que j'apprécie beaucoup tout en parlant de choses qui le sont nettement moins comme le suicide ou la trahison. Un livre sur le mensonge et les petits arrangements et qui, qu'on le veuille ou non, font partie de nos vies, bref un récit distrayant et touchant.

Un livre sympathique sur les manies et leur lien possible avec les fantasmes et des phrases improbables (surtout sorties de leur contexte) mais qui sont assez amusantes, sortes d’aphorismes hallucinés dont David a le secret, comme par exemple :

Hector était comme une nouvelle machine à café dans une entreprise de pneu.
J'ai eu un peu de mal à trouver ce qu'un clavalogiste collectionnait (des clous), en revanche un huhulophiliste (chouettes ou hiboux miniatures) ou lucanophile (cerfs-volants) pas trop de difficultés.


Note : 8/10

vendredi 11 octobre 2013

Petites scènes capitales de Sylvie Germain

Petites scènes capitales de Sylvie Germain (Albin Michel, 256 pages, 2013)

Incipit :

" C'est qui, là ?"
Cette question, elle l'a entendue des dizaines de fois. Une fausse devinette au goût de ritournelle posée par sa grand-mère devant une photographie en noir et blanc exposée dans un cadre en bois noir laqué, présentant une jeune accouchée assise dans un lit , son nouveau-né au creux d'un coude.
Une petite fille, Lili, et son regard d'enfant sur le monde qui l'entoure, va nous faire part de son ressenti, dans une famille recomposée puis, au fil des années, son évolution.

Une écriture richement imagée, emplie de sensations, de poésie et de sentiments qui nous entraîne pour visiter des moments clés au cours d'une vie, ces moments lourds de sens ou lourds de conséquence.

Envoûtant dans sa forme, sachant capter ces moments de pure intimité ou d'interrogations sur les relations humaines, l'auteur nous fait ressentir la complexité de la vie, les préjugés dont nous sommes empreint ou les incompréhensions relationnelles, et surtout les convictions bâties sur des illusions (qu'ils soient le fruit d'un manque de communication, de l'écart d'âge et de maturité avéré ou non, du changement de nos idées en prenant de l'âge ou encore d'un secret de famille)

Balayant les étapes d'une vie j'ai ressenti la fragilité de nos certitudes, nos changements au cours du temps (relationnels, politiques, religieux), les affres de la vie (les secrets, les non-dits), finalement les joies parcellées de tragédie qui donne une tonalité un peu amère et triste à l'ensemble.

Sylvie Germain - Photo Tadeusz Kluba (C)
Un livre au style affirmé, d'une poésie douce amère, un titre bien choisi. J'ai apprécié d'accompagner ces personnages au fil de leur vie.Une petite déception quant à la fin, je ne saurais dire vraiment pourquoi, peut être une trop grande amertume, mais rien de majeur.

Note : 8,5/10

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Fiche Wikipédia de Sylvie Germain

dimanche 6 octobre 2013

Ten Little Herrings de L. C. Tyler

Ten Little Herrings de L. C. Tyler (Kindle, McMillan, 268 pages, 2010)

Incipit :

Prologue
The only strange thing about my telephone conversation with Ethelred was that he had been dead for almost a year.

Dans un hôtel de la Loire, lors d'une vente de timbres entre passionnés, un oligarque est empoisonné.

Version Française, édition Sonatine
La suite aussi loufoque d'Étrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage, le premier volume des enquêtes barrées d'Ethelred Tressider et Elsie Thirkettle. En français, le titre est aussi alambiqué, il s'agit d'Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire. Plutôt bien adapté, chapeau au traducteur !

J'ai retrouvés ces deux personnages avec grand plaisir, dans une intrigue a priori classique, proche des Agatha Christie mais avec le style humoristique de Len Tyler, un humour british que j'adore et qui vire au burlesque. L'auteur joue à nouveau avec les codes du polar, s'en moque, et va jusqu'à l'autodérision puisqu'il se dit lui-même auteur de comic crime fiction et que les écrivains sont gentiment moqués, comme les éditeurs d'ailleurs.

Cette fois il pousse plus loin la métafiction dans un épilogue délirant. Déjà que le final restera dans les annales des détectives amateurs les plus maladroits ...

La couverture illustre bien finalement les personnages tel qu'il est possible de les imaginer.

Note : 9/10

Présentation Chantelivre à la Médiathèque de Beaugency


ÉVÉNEMENT PRÉSENTATION LITTÉRAIRE

Le mardi 22 octobre 2013 à partir de 18h à la médiathèque de Beaugency, la librairie Chantelivre d'Orléans fera une  nouvelle présentation de la rentrée littéraire (avec de nouveaux titres).

Les librairies sont en danger alors venez nombreux !!!




samedi 5 octobre 2013

Article sur le Club La Marguerite

 Dans la Lettre de la Communauté de Commune du Canton de Beaugency  (CCCB) N°8 datée de septembre 2013, un article a été publié sur le Club de Lecture La Marguerite.

Une présentation générale accompagnée des présents le jour de la prise de la photo.

Né le 20 juin 2012 cela fait maintenant plus d'un an d'existence.

A la dernière réunion l'estampillage d'une marguerite sur les livres qui ont été le plus appréciés par le club a fait l'objet d'un hommage appuyé par un de ses nouveaux membres.

Vivement la prochaine réunion !

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre (Albin Michel, 576 pages, 2013)

Incipit :

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant une armistice.

Année 1918. France. Bientôt la fin de la guerre.  Un lieutenant ambitieux et sans scrupules, Henri Pradelle,  fait sonner la charge une dernière fois. Sur la cote 113. Sur le champ de bataille une rencontre fortuite de deux poilus, Albert et Édouard, alors va s'entremêler le destin de ces trois personnes dans une fresque picaresque.

Je n'aime pas trop dévoiler un livre. Encore moins lorsqu'il m'a plu et qu'il réserve plusieurs surprises. Car ce livre est une réussite, une écriture fluide, accrocheuse qui vous emporte. L'auteur nous fait apprécier petit à petit ses personnages, les découvrant au fur et à mesure, les rendant attachants au point de s'en inquiéter jusqu'au bouquet final.

Une histoire parfaitement calibrée s'inspirant de faits historiques réels, ménageant le suspense, les rebondissements, avec un style alerte teinté d'ironie et d'humour bien noir, densifiant l'histoire pour donner une réelle épaisseur, en particulier à la famille d’Édouard.

P. Lemaitre © RICHARD DUMAS
De nombreux thèmes sont évoqués et s'interpénètrent sur plusieurs niveaux et font la richesse de ce livre. Le mensonge par exemple, à la fois ceux liés à la guerre, et ceux qui font parties des secrets de famille, sans parler de l'intrigue même basée sur le mensonge (que je ne dévoilerai pas) et plus globalement qui renvoie à la propagande, aussi bien celle de la guerre que de l'après guerre. Également le masque symbole de l'hypocrisie, des rôles sociaux que nous jouons et qui sont évoqués à plusieurs niveaux dans l'histoire et permettent différentes lectures qu'elles soient symboliques (critique des relations de pouvoir et leurs compromissions afférentes) ou plus concrètes (les masques d’Édouard et en creux ce qu'il cache). Une galerie de portraits de personnages avec leurs contradictions, leurs grandeurs parfois et leurs bassesses.

Un livre qui démarre fort et qui monte en puissance pour finir par dévoiler toute sa profondeur. Une histoire d’amitié singulière avec une critique en filigrane de l'absurdité de la guerre, de son aveuglement. Ce livre fourmille de bonnes idées dont certaines brillantes. Comme l'enfance d’Édouard et de son père, Édouard excentrique se déguisant et provocant son père, qui se retrouve en écho bien plus tard comme pour régler ses comptes (je ne puis détailler sans révéler trop de choses).

Une lecture captivante, un très beau roman. Une réussite.

Note : 10/10

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mardi 1 octobre 2013

Mon premier livre dans la nature !

Étiquette faite maison
Et voilà je me suis inscrit, j'ai enregistré un livre que j'avais lu, Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Prix Fémina étranger 2012)

Quelques étapes :
  • Étiquetage du livre avec son BCID
  • Libération  du livre ... il faut remplir un formulaire en indiquant quel jour et dans quel lieu il sera libéré. L'heure finale est indiquée en UTC (15h) ... mais cela correspond bien en GMT à 17h00 heure locale
  • Reste le dépôt et puis peut être qu'il sera pris, lu ... et voyagera dans le monde entier, qui sait ?
Bonne vie à ce livre ! 

Étiquette et petit mot dans le livre
Je compte en libérer un par mois dans la nature mais il est possible aussi de faire une libération contrôlée en offrant le livre à quelqu'un (ce sera mon prochain livre !)

Comme conseillé sur le site j'ai mis un petit mot manuscrit !

Bookcrossing : faites voyager vos livres !

BookCrossing !!! Site multilingue dont le français.

Une idée amusante : vous enregistrez un de vos livres sur le site, vous collez une étiquette unique, un identifiant (BCID) et soit vous offrez le livre soit vous l'abandonnez dans un lieu public ... ou toute autre idée qui vous passe par la tête.

Là où cela devient très ludique est que le lecteur ayant trouvé votre livre, l'ayant lu (c'est mieux), en rentrant le BCID dans BookCrossing permet d'ajouter ses commentaires et le lieu et cela vous permet de suivre l'itinéraire, les voyages du livre et les traces de plaisir, commentaires, laissées derrière lui !

Une idée originale basée sur le don et le partage ... poétique !

Reste à m'inscrire, éditer une étiquette et choisir un premier livre ... et peut être dans quelques semaines une anecdote à raconter ! La démarche est résumée ici.

Je souhaitais partager cette idée lue dans le nouveau et récent journal Socialter (fruit d'un crowdfunding réussi).

Happy Bookcrossing !

La deuxième sélection du prix Goncourt 2013

La liste de la deuxième sélection du prix Goncourt 2013


  •  Au revoir là-haut de Pierre Lemaître  (Albin-Michel)
  •  Palladium de Boris Razon (Stock)
  •  Le quatrième mur de Sorj Chalandon  (Grasset)
  •  Petites scènes capitales de Sylvie Germain  (Albin Michel)
  •  Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik  (Flammarion)
  •  L’échange des princesses de Chantal Thomas  (Seuil)
  •  L’invention de nos vies de Karine Tuil  (Grasset)
  •  Arden de Frédéric Verger (Gallimard)
  •  Nue de Jean-Philippe Toussaint (Minuit)
Et voilà la deuxième liste.En bleue ceux que j'ai pu lire de la première liste. J'ai quinze jours pour en lire d'autres en espérant avoir lu la quasi totalité de la liste finale et alors le défi que je me suis imposé sera réalisé !

Je viens juste d'acquérir Le divan de Staline ... pas de chance il n'y est plus. Je compte bien le lire tout de même !