samedi 28 décembre 2013

En avant comme avant ! de Michel Folco

La plume est plus forte que l'épée
En avant comme avant ! de Michel Folco (Grands Romans Points, 475 pages, 2001)

Incipit :
-- Non ! Comment cela non ? Mais qu'est-ce à dire alors ?
 Jamais encore l'abbé Colin Beaulouis n'avait été confronté à pareille situation.

La suite d'Un loup est un loup, troisième volet de la fresque historique entamée par Dieu et nous seuls pouvons, où l'on retrouve Charlemagne là où il avait été laissé, dans l'église de Bellerocaille, pas loin de minuit, refusant de se marier à la Bertille (crénom de nom dé diou kek qu'il lui prend à ce macarel ?!).

Dans la même veine que les précédents, sans faiblir, toujours cette verve à raconter des histoires dans un environnement historique plus vrai que nature où j'ai l'impression d'y être tellement le style est vivant, plein de gouaille, d'humour, d'ironie, d'anecdotes ou de détails qui font le sel de ses ouvrages. Et un choix de citation en début de chapitre toujours à propos. Plus centrée sur la famille Tricotin on y croise tout de même les (fameux) Pibrac, pour les abandonner rapidement (dommage mais les Tricotin sont une sacrée fratrie !).

L'impression au fil de cette fresque d'assister à un feuilleton à la Alexandre Dumas (le style est tout de même assez différent), d'une grande richesse détaillant des lieux emblématiques (Versailles, la Bastille), des coutumes (métiers, le parler des différentes régions, la Cour ...) ou encore des "entreprises" propres à cette époque comme le duel. Comme pour le précédent volume une belle illustration à la fin !

Un travail d'orfèvre, un roman passionnant qui m'a émerveillé par son sens du récit. Une suite digne des précédents. J'ai commandé le volet suivant Même le mal se fait bien tant je me sens emporté dans ces livres épiques !

Note : 10/10

vendredi 27 décembre 2013

Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

Te gêne pas surtout ...
Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (Folio, 160 pages, 2006)

Incipit :

Cher Monsieur,
Votre lettre m'est parvenue il y a quelques jours seulement. Je tiens à vous remercier pour la grande et l'aimable confiance dont elle témoigne. Je puis à peine faire davantage.

Il s'agit d'un recueil de dix lettres que Rilke a adressé à un jeune poète, F. X. Kappus, au début du XXème siècle. Seule les lettres de Rilke sont présentées. C'est très court, j'ai été surpris d'arriver à la dixième, les lettres ne prenant que la moitié du livret le reste étant soit des extraits d'autres ouvrages, soit des fiches de lecture ou encore les liens entre Rilke et Rodin dont il a été le secrétaire.

J'avais toujours ce recueil sur moi, car les lettres sont courtes et je pouvais les lire à l'occasion de moments suffisamment longs pour apprécier la lecture mais incertain sur leurs durées. Comme par exemple dans une salle d'attente comme cela a été le cas il y a peu pour une radiographie et une échographie. Attente avant la radio, avant l'échographie et finalement pour le compte-rendu et j'ai donc terminé ces lettres et entamé la deuxième partie, le dossier.

Des lettres étonnantes de lucidité et de fluidité sur des points de vue très personnels comme la création (poétique), l'amour et surtout la solitude.

Des lettres qui méritent d'être relues régulièrement.

Note : 10/10

mercredi 25 décembre 2013

ATOM[KA] de Franck Thilliez

Même les lacs sont taggés !
ATOM[KA] de Franck Thilliez (Pocket ou Fleuve Noir, 606 pages, 2012)

Incipit :

Il faisait bon vivre dans cette ville d'Europe de l'Est où le printemps était doux. Tard dans la nuit, Piotr et Maroussia Ermakov s'étaient approchés de leurs fenêtres pour assister à un spectacle unique. A environ trois kilomètres, des couleurs bleues, orange et rouges très vives avaient mordu le ciel.
Il y a presque trente ans l'incident nucléaire de Tchernobyl. Une personne avec de hautes habilitations va sur le site et y ramène un secret scientifique.De nos jours Lucie et Sharko enquêtent sur un journaliste retrouvé mort dans un congélateur.

Et voilà je n'ai pu résister, il était au pied du lit et me narguait le fourbe (je parle du livre pas de Franck Thilliez). Déjà à cause de lui (je parle de Franck Thilliez pas du livre) et de son roman GATACA, j'ai entamé The Selfish Gene de Richard Dawkins. Cela ne se lit pas aussi facilement, rien de compliqué mais il faut tout de même se poser et réfléchir ! Donc je parallélise un peu mes lectures et Atom[ka] me regardant du fond de l'atome ... La couverture fait écho à un livre précédent (la marque de la main sur le lac alors que dans le précédent c'était sur des murs), je ne sais si c'est fait exprès mais amusant tout de même.

A nouveau un livre que j'ai dévoré, je retrouve Lucie et Sharko (et leur relation compliquée) sur un sujet d'actualité (à vous de lire pour savoir de quoi il s'agit). Coïncidence cela se passe aux alentours de Noël ! Et je l'ai fini hier en matinée le jour du réveillon, en accord synchrone avec l'histoire ! Idéal pour être dans le bain ...

L'auteur entremêle avec brio plusieurs fils narratifs, entre l’événement de Tchernobyl il y a presque trente ans, un passé qui ressurgit pour Sharko, la vie de couple chaotique et un journaliste assassiné retrouvé dans un congélateur ... Quel programme ! Et il se paye le luxe d'apporter une réflexion sur le pouvoir atomique et une quête mythique (que je ne peux nommer).

Bon là je m'aperçois que j'aurais peut-être du lire les livres de F.T. par ordre de parution, car pour Sharko il fait référence à son passé plusieurs fois et vraisemblablement à toute la branche que je n'ai pas lue (1).

Encore un bon polar de Mister T.

Note : 10/10

(1) Pour résumer il y a les histoires indépendantes comme Vertiges, la branche Lucie et la branche Sharko. Ces deux dernières ont depuis fusionnés.

Jeux de plateau et littérature

En noir et blanc j'exilerais ma peur !
Jeu de plateau Le Masque et la Plume et Jeu de plateau littéraire C'est dans quoi déjà ?

Et voilà c'est Noël ... et les cadeaux bien sûr !!! Un papa Noël qui doit faire partie d'un club de lecture car parmi eux j'ai eu le plaisir de découvrir deux  jeux de plateaux liés à la littérature. Hier soir, assez tard, j'ai fait quelques questions pour le Masque et la Plume et une partie avec ma dulcinée de "C'est dans quoi déjà".
Poursuite Tribale
Personnellement je suis assez fan de jeux de plateau (ainsi que figurines et, dans une moindre mesure, de jeux de rôle) alors si en plus il est possible de s'amuser avec le monde du livre et de se cultiver c'est l'extase.

Le Casque et l'Enclume
Cela reste sur le principe d'un jeu très connu qui n'a rien inventé mais qui reste intemporel (voir le foisonnement des questionnaires en ligne !!). Le jeu du Masque et la Plume, en plus des questions sur les thèmes abordés par cette émission (théâtre, cinéma), contient un livret sur les animateurs, quelques anecdotes et un approfondissement de certaines questions. Cela complète bien le livre Le masque et la Plume (en 10/18) de Jérôme Garcin et Daniel Garcia.

Pour passer une bonne soirée entre amis !!!

Note : 10/10




dimanche 22 décembre 2013

Joyeux Noël 2013

http://www.christmasbuzz.com/
Dis, j'te plais, hein ? dis ?

Joyeux Noël !!!!!!! du Père Noël (Editions Christmas Tree , 2048 pages, 2013)

Je vous souhaite à tous et à toutes un merveilleux Noël, des lectures passionnantes, des découvertes de nouveaux auteurs, des histoires étonnantes, intrigantes, dérangeantes, de l'émotion, de la joie, de la poésie, de sublimes phrases, de l'inquiétude, des pleurs, bref tout le sel de la Littérature !!

mercredi 18 décembre 2013

In the Country of Last Things by Paul Auster

This is the end, my only friend ...
In the Country of Last Things by Paul Auster (Kindle, 155 pages, 1987 première publication)

Incipit :

These are the last things, she wrote. One by one they disappear and never come back.

Un journal écrit par une femme, à la recherche d'un William, narre son quotidien alors que la fin du monde est proche.

Un livre sombre, à l'ambiance pesante, un monde désolé où la survie est la règle, où tout dépérit, disparaît. Ne reste que les instincts et la survivance d'un passé révolu qui s'éteint.

Une ville inconnue, une monnaie imaginaire (les glots), un climat aliénant, fragmenté qui renvoie à l'absurdité du monde, de sa consommation (et son caddy), aux dérives sectaires aberrantes, un livre noir qui vous étouffe.

L'auteur a bien construit ce monde fictif où le prénom de la narratrice est connu au tiers du livre et son nom vers la moitié (ce qui rend encore plus étonnant le choix du titre français !), où  les besoins primaires deviennent la priorité, suivant la loi de la pyramide de Maslow.

Un livre qui m'a évoqué Eraserherad de David Lynch, The road de Cormac McCarthy, le film Les fils de l'homme d'Alfonso Cuarón ou encore I Am Legend de Richard Matheson. Ce même côté fin du monde désespérant.

En revanche l'histoire m'a moins passionné que Moon Palace, La trilogie New-Yorkaise ou Illusion même si c'est toujours aussi abouti. Avec toujours ce jeu avec la Littérature et la Vie, cette exploration de la psyché et les sensations évoquées pour le lecteur. A la frontière du réel et de la fiction, comme Murakami, sauf que ce dernier serait plus onirique alors que Paul Auster serait tendance plus cérébrale.

Un livre intéressant, bien écrit, prenant dans sa noirceur mais le Paul Auster que je préfère le moins de ceux que j'ai lus jusqu'à maintenant.

Note : 8/10

dimanche 15 décembre 2013

Malavita encore de Tonino Benacquista

Notre ombre n'éteint pas le feu. P. Eluard.
Malavita encore de Tonino Benacquista (Folio, 400 pages, 2009)

Incipit :

L'écrivain américain Frederick Wayne n'avais jamais été un grand spécialiste du malheur. Il n'en avait jamais connu qu'un seul, bien réel, mais dans une autre vie.

C'est vrai je devais lire ATOM[KA] de Franck Thilliez. Et puis j'ai vu le film La famille de Luc Besson, une adaptation plutôt fidèle mais sans génie de Malavita que j'avais bien aimé. Et puis inutile d'arriver au point d’écœurement d'un trop de lecture de Franck Thilliez, que j'aurai donc grand plaisir à retrouver, en particulier Puzzle que Sandrine va bientôt me prêter.

On retrouve la famille Blake, sous un autre nom, les Wayne, là où on les avait quittés. Cela démarre plutôt doucement, chacun des personnages tentant de démarrer une nouvelle vie de son côté et évacuer le pesant et encombrant passé. Toujours un humour noir ou quelques phrases très drôles. Des situations cocasses. Et Fred, le chef de famille qui se met à lire (en plus d'être "auteur"). Le talent de Benacquista nous offre un beau résumé de Moby Dick et une comparaison joliment amenée entre la destinée de Fred et le roman de Melville.

Au trois quarts de l'ouvrage la situation se précipite et on retrouve le côté policier du premier volume. La fin est un peu trop expédiée à mon goût dans un épilogue que je trouve trop court et qui peut laisser présager une troisième partie que je serai prêt à découvrir.

Peut-être moins surprenant que le premier volume mais l'auteur a su renouveler l'intrigue et ne pas se laisser aller à la facilité. Un livre plaisant, heureux de retrouver cette famille atypique.

Il y a peu à la radio était exposées les thèses d'Ayn Rand dont l'idéologie peut se résumer en : peu d'état, libre entreprise, individualisme exacerbé, pas d'impôts, etc. et qui colle assez parfaitement à l'idéologie de la Mafia (aux armes utilisées près, à savoir l'assassinat, et encore ...). Amusant de lire ce livre après cet exposé.

Ce livre vous apprendra ce que veut dire l'acronyme Mafia, créé au XIIIème siècle si ma mémoire ne me fait pas défaut et son rapport aux français, mais également ce que signifie pour Cosa Nostra le mot Malavita. si en plus on s'instruit alors ...

Note : 9/10

mardi 10 décembre 2013

[Gataca] de Franck Thilliez

Bienvenue à GATACA
[Gataca] de Franck Thilliez (Pocket, 603 pages, avril 2012)

Incipit :

Il n'aurait pas dû faire beau, ce jour-là.
Nulle part, sur cette terre, des gens n'auraient dû avoir le droit de rire, de courir sur la plage ou de s'échanger des cadeaux. Quelque chose ou quelqu'un aurait dû les en empêcher.


La suite tant attendue de Le Syndrome [E]. Et quelle suite ! Biologie évolutive, ADN, la source du mal. Diptyque sur la violence, un second volet rondement mené avec, comme toujours, un fond scientifique travaillé qui m'a passionné.

A nouveau Lucie et Sharko et leur relation aussi mouvementée que le roman lui-même. Une préface instructive sur l'origine des idées de l'auteur pour écrire et une postface tout aussi instructive sur les différentes sources d'inspiration scientifique. Que l'auteur ait lu Jared Diamond ne peut que me réjouir. Mais d'autres auteurs cités vont alourdir ma P.A.L. dans les jours à venir que ce soit Yves Coppens ou Richard Dawkins.

Encore un thriller (un de plus) qui m'a emporté et qui, en dépit de sa noirceur, a su me faire voyager, dans les tréfonds de l'âme ou de la science (de la Nature cette fois). Décidément Franck Thilliez tombe à point nommé, cela faisait un peu de temps que je n'avais lu de thriller à caractère psychologico-scientifique et j'adore (oui je me répète ... mais Franck Thilliez est un peu fautif aussi).

J'ai pourtant Michel Folco en attente (sans parler des autres) mais comme tout mono-maniaque qui se respecte (1) j'exploite le filon jusqu'au bout et je vais commencer ATOM[KA]. Je me demande ce qu'il a Sieur Thilliez à mettre des crochets à tous ses derniers titres ...

Note : 10/10

(1)  J'ai eu mes périodes Sherlock Holmes, Agatha Christie, Robin Cook (thriller médical), Mary Higgins Clarck, Patricia Cornwell etc.

L'onde Septimus de Jean Dufaux, Antoine Aubin et Etienne Schréder

Te retourne pas on te regarde ...
L'onde Septimus de Jean Dufaux, Antoine Aubin et Étienne Schréder (Editions Blake et Mortimer)


Difficile de succéder à La Marque Jaune, du grand Edgar Félix Pierre Jacobs, qui a bercé mon enfance de ses mystères, aux images, ombrages et situations  fortes et de son scénario futuriste. Une BD qui a laissé une empreinte indélébile. Difficile aussi de résister à découvrir cet album !

Un dessin et une ambiance fidèle à celle instillée par le créateur, un réel effort de scénario, de bonnes idées et finalement une suite qui se laisse dévorer même si au final je ne retrouve pas l'étincelle du premier volume, peut être due à une nostalgie et une idée fausse, vestiges de souvenirs d'un passé lointain.

Plutôt satisfait, l'héritage est respecté et j'ai pris plaisir à lire cette suite. Beaucoup plus que le dernier Astérix au scénario convenu, aux gags éculés, aux figures imposées et qui n'a pas su m'enchanter le moins du monde (à part le dessin très fidèle). Il n'est pas facile de faire vivre la légende au delà du ou des créateurs mais pour Blake et Mortimer l'effort est plus que louable.

Un bémol pour (au moins une) faute d'orthographe.

Note : 9/10

samedi 7 décembre 2013

Le syndrome [E] de Franck Thilliez

[O]uvrez l’œil, et le bon !
Le syndrome [E] de Franck Thilliez (Pocket, 510 pages, 2010 Fleuve Noir)

[I]ncipit :

[A]rriver le premier.
Dès qu'il avait été alerté par l'annonce, à l'aube, Ludovic Sénéchal avait pris la route et avalé les deux cents kilomètres qui séparaient la banlieue lilloise de Liège en un temps record.
[U]ne grande partie, pour ne pas dire l'intégralité, de mon otium (1) passe par la lecture de Franck Thilliez en ce moment.Comme dirait Balzac, il peut s'en sentir honoré.

[U]n passionné de films anciens, Ludovic Sénéchal, se rue chez un particulier qui se déleste d'un grand volume de bobines appartenant à feu son père. Parmi ces bobines s'en trouve une en 16 mm, amateur, sans étiquette, source d'une découverte d'un film rare, ou disparu, possiblement très excitante.

[M]ais voilà, au cours de la projection, un malaise s'installe et Ludovic en perd la vue. (Cela m'a rappelé un peu à ce moment-là le film japonais Ring et sa vidéocassette maudite, mais rien à voir). Paniqué il contacte une de ses ex ... Lucie Henebelle.Pas de hasard, quitte à lire plusieurs livres de Franck Thilliez, j'ai pris ceux où Lucie se trouvait, depuis La chambre des morts et dernièrement La mémoire fantôme. Et là un autre personnage récurrent des ouvrages de Franck Thilliez apparaît, Sharko. Un crossover qui réjouira les fans ! Pour ma part c'est la première fois que je le croise ce Sharko et cette rencontre avec Lucie est réjouissante.

[C]e livre m'a éveillé plein de souvenirs différents, comme Forgotten Silver de Peter Jackson pour le côté précurseur de l'auteur de la bobine 16 mm mais également  Un Chien Andalou de Luis Buñuel d'ailleurs explicitement cité au cours de l'histoire. Bien d'autres éléments que je ne puis trop citer sans dévoiler des parts de l'intrigue mais comme à son habitude Franck Thilliez régurgite intelligemment dans une construction parfaite des faits historiques, la stéganographie, les effets spéciaux cinématographiques,  l'expérience de Milgram, l'effet Koulechov, les sciences forensiques  ... bref tout ce qui fait la richesse et l'intérêt de ses thrillers et qui me plaît particulièrement.

[D]ans une précédente chronique je citais Le Silence des Agneaux de Thomas Harris car je ressentais une atmosphère similaire dans les livres de Franck Thilliez et j'en étais plutôt très content. Là F.T. cite Jodie Foster sous forme de clin d’œil. Hommage ?

[A] nouveau un excellent livre qui se dévore de la première à la dernière page. Un seul bémol ... la fin se termine sur un cliffhanger ... et comme je n'ai pas le tome suivant j'ai du ravaler ma frustration. Je prie pour que la Médiathèque l'ait dans ses rayonnages, comme cela dès aujourd'hui je pourrai continuer l'aventure !

Note : 10/10

(1) K. Marx disait d'ailleurs que la religion est l'otium du peuple.

mercredi 4 décembre 2013

La mémoire fantôme de Franck Thilliez

Il faut joindre le nautile à l'agréable
La mémoire fantôme de Franck Thilliez (Pocket, 442 pages, 2007)

Incipit :

La rumeur rapportait qu'elle les avait tous tués. Une femme, un enfant de quatre ans, des hommes, retrouvés pendus, au fil des années.

Une femme retrouvée errante, frappée d'amnésie antérograde (comme le héros du film Memento), est en fait sur la piste d'un dangereux psychopathe, le Professeur.

Comme d'habitude, Franc Thilliez n'y va pas par quatre chemins, vous êtes dans le bain direct. Toujours aussi dynamique, calibré, ingénieux, et j'ai retrouvé avec grand plaisir Lucie Henebelle, déjà rencontrée dans La chambre des morts. Depuis que j'ai lu Vertige, je m’investis dans cet auteur qui tombe à pic dans cette période de froid où la nuit de plus en plus tôt se glisse de son long manteau sur nos âmes errantes. Il est particulièrement distrayant, roboratif et allège le fardeau parfois pesant du travail. J'ai d'ailleurs commencé Syndrome [E].

Cette histoire explore les tréfonds de la mémoire et de ses dysfonctionnements au sein d'un thriller de bonne facture qui tient en haleine jusqu'au bout. On découvre d'autres facettes concernant Lucie et l'auteur en dévoile un peu plus sur son trauma déjà évoqué dans La chambre des morts.

Bref, du tout bon ! Des moments de frissons, du suspense et une histoire bien rodée. Un livre qui m'a rappelé (pour la partie déficiences neuronales et les incidences comportementales suite à une modification de notre cerveau) L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau d'Oliver Sacks (un livre hautement recommandé également).

Note : 10/10