dimanche 29 juin 2014

La grande vie de Christian Bobin

Missel du dimanche
La grande vie de Christian Bobin (Gallimard, 122 pages, 2014)

Incipit :
Chère Marceline Desbores-Valmore, vous m'avez pris le cœur à la gare du Nord.
Il faisait froid. Il y avait tellement de monde, et en vérité personne. J'ai cherché un abri, un lieu humain.
J'avais un bon souvenir des livres lus de Christian Bobin (La part manquante, Éloge du rien, Une petite robe de fête) mais c'était il y a quelques temps (au moins 10 ans). Et là sur l'étal, son dernier. Pourquoi pas ?

Toujours le style onirique, la recherche d'un style émotionnel, une certaine candeur, un optimisme presque béat comme dans mon souvenir. Un style poétique sans pour cela que ce soit de la poésie en tant que telle.

Le fil décousu, le passage régulier du coq à l'âne me gêne un peu. De même la comparaison outrancière entre le fait de quitter sa femme parce qu'elle vieillit et devient moche (sic) et le nazisme. Fallait oser. Ce genre de comparaison est tellement débile que cela me fait sortir du livre illico. Ah oui ne pas trop réfléchir, se laisser aller, sinon on ressent les idées simplistes, discutables, dénuées de sens, la facilité en somme.

Pour apprécier il faut se laisser emporter et éventuellement avoir la foi. L'auteur regrette que les philosophes ne voient pas Dieu, il suffit de regarder par la fenêtre. Ah oui, effectivement, un argument de haute volée, je n'y aurais pas pensé. "Il n'y a pas une seule faute d’orthographe dans l'écriture de la nature". L'auteur devrait visiter le musée Dupuytren voire lire Le gêne égoïste où l'erreur est la base même de la vie, la base même du Darwinisme. Après on peut discuter sur ces mots, "fautes", "erreurs", chargées de sens divers.

Je ne regrette pas de l'avoir lu, et je pense que beaucoup sauront apprécier. La naïveté, la plénitude, la recherche zen, la contemplation sont des valeurs trop peu mises en avant dans ce monde de vitesse, d'égoïsme, de performance, d'indicateurs et cela me navre de ne pas avoir su être totalement réceptif à ce type d'ouvrage. Tout de même un peu trop niais à mon goût.

Note bigarrée : 6/10

samedi 28 juin 2014

Rire en do mineur de Claude Pujade-Renaud

Pleurer en Fa majeur
Rire en do mineur de Claude Pujade-Renaud (Actes Sud, 107 pages, 2014)

Incipit :
Les hommes sont fous, ruminait Rossinante, de renoncer à leur folie. Voyez mon maître : sitôt dégrisé de son délire, il meurt.

Un ensemble de nouvelles (au nombre de huit) basé sur une idée assez simple mais riche : revisiter des moments particuliers de la littérature soit du point de vue d'un des personnages fictifs (comme Rossinante, le cheval de Don Quichote, dans la première nouvelle) soit sur un écrivain célèbre réel mais du point de vue de sa compagne (Nora, femme de James Joyce) soit encore de manière plus romancée et distancée (Eurydice dans la dernière nouvelle La Traversée au travers d'Olivier et Emmanuel dans un monde contemporain ... ahhh payer le passeur [qui rappelle Charon sur l'Achéron] en euros ... tout un programme).

Une excellente idée donc, qui fait le corps et la sève de ce recueil, superbement mise en œuvre, irriguée d'une écriture majestueuse au plus près de son sujet, comme par exemple la gouaille joyeuse et roborative de Nora. On sent que l'auteur connait bien les sujets abordés et offre des portraits totalement maîtrisés. Un vrai bonheur que de les lire. Le seul regret est d'arriver à la fin, j'aurais aimé plus de ces portraits. Peut-être un autre volume, qui sait ? Mais déjà nous rencontrons Jules Renard (et ses attraits pour les arbres), Mozart, Henri Beyle (Stendhal), Schiele, Joyce et pour les personnages fictifs, en plus de Rossinante, Œdipe et le mythe d'Eurydice. Un des deux livres achetés lors de la présentation Chantelivre à la Médiathèque. L'autre étant Pages inespérées.

Un véritable café gourmand !!

Note en ut majeur de fin gourmet : 10/10


vendredi 27 juin 2014

Pages inespérées de Julio Cortázar

Pages inespérées de Julio Cortázar (Gallimard, 133 pages, 2014)

Incipit :
J'arriverai à Istanbul à vingt heures trente. Le concert de Nathan Milstein commence à vingt et une heures, mais il n'est pas nécessaire que j'assiste à la première partie ; j'entrerai à la fin de l'entracte, une fois que j'aurai pris un bain et une collation au Hilton.

Recueil de récits et nouvelles, superbement écrit (chapeau à la traductrice Sylvie Protin) mêlant introspection, amour, humour (quelle chute dans la première nouvelle Manuscrit trouvé près d'une main) et qui se lit avec délice. Sur les conseils de la librairie Chantelivre lors de leur intervention à la médiathèque de Beaugency.

D'ordinaire je ne suis pas "nouvelles", ce n'est pas toujours facile d'entrer dans une histoire, pour peu qu'elle vous plaise et elle est déjà finie laissant une frustration s'installer confortablement, et sans gêne. Mais là rien de tel, laissant un temps entre chaque histoire, afin de la savourer, et me préparer à la suivante.

Un très beau titre judicieusement trouvé, une gourmandise avec la fantaisie dont notre monde manque tant et qu'Eva Bester regrette à juste titre (dans l'émission charmante d'hier, Encore heureux, sur France Inter).

Un doux moment à savourer qui démontre, une fois de plus, que la littérature est essentielle à notre humanité, notre bonheur. Merci à l'éditeur de nous informer du contexte de ce recueil dans un prologue instructif. Et pour cette couverture qui me rappelle Jules Verne et ses voyages extraordinaires ce qui se prête bien à cet ouvrage dans un sens.

Note fantaisiste : (Ω * Ψ)/ δζ

Observez les logaèdres ! de Valère Novarina

C'est chaud, chouette
(en Tergal)

Observez les logaèdres ! de Valère Novarina (P.O.L., 309 pages, 2014)

Incipit :

I. Personne : mot à écho réversible; dans notre langue aucun et quelqu'un : il nous dévêt de toute image.

Créateur multiformes  comme l'indique sa page wikipédia ou son site dédié Valère Novarina nous offre quatre parties, à la fois récit ou pièce de théâtre :
  • Une pierre vide
  • Le déséquilibre spirituel
  • Mercredi des cendres
  • Le vrai sang, version pour la scène
Textes postmodernes, liberté, jeu de mots, construction, rêve, onirisme, loufoque, aphorismes, haïku, jeux littéraires (comme dans l'émission Les papous dans la tête), poésie, pure création. Pas comme l'Oulipo, là pas de règles, semble-t-il. Un très beau titre ... j'adore ! logo- et -aèdre ... L'auteur est un philoaèdre convaincu !
L'homme est un néant capable de tout. Souvenez-vous !

Dans la lignée des poètes de la Pléiade au XVIème siècle (emprunts aux langues anciennes et mots inventés), au style baroque, XVIIème (multiforme, mélange de genre, pas de règles strictes, libre usage de l'imaginaire), à l'absurde (Ionesco) et finalement à l'Art moderne ce qui n'empêche pas bien sûr l'humour !

Non non : j'suis omnivore, c'est moi qu'j'adore

Pour apprécier il faut se laisser emporter sans a priori dans cette Lingua glottoglycogène, qui commence comme les articles d'un Cioran, et termine par une pièce de théâtre délirante. Une novlangue qui fait écho à la confusion de notre monde avec des idées excellentes. Des liens forts avec nos inquiétudes contemporaines ... et des références à la philosophie, la politique, la religion, l'histoire etc.

La France est-elle une république langagière ?

La partie sur le déséquilibre spirituel m'a moins parlé. Et puis comparer un concept théologique (trinité qui fait un) et un principe mathématique (3=1) pour s'en étonner part d'un postulat déjà absurde, c'est comme comparer deux choses qui ont peu à voir. Mais bon, pourquoi pas. Mélange du brillant et de passages plus obscurs (ha, ha), un pied de nez aux conventions.

L'HOMME HORS DE LUI
Oh nudité, que nous avons du mal à te percevoir, une fois que nos habits sont tombés !

Je ne l'ai pas lu d'une traite, c'est un peu déstabilisant et n'est pas exempt d'une relative complexité voire abscons par moment. J'ai même pris mon temps, ayant lu entre temps deux autres livres. De l'utilité de l'inutile.

LA MACHINE A DIRE DES NOTES

Sans fausse note à part un bémol : DiX moins UN / (9 + 1)

Deuxième professionnel de Go Européen

Ali Jabarin 1p (Courtesy of American Go E-journal)
Deuxième professionnel de Go Européen (usgo, egc2014)

C'est au tour de Ali Jabarin (6d) joueur de Go israélien, de devenir le deuxième joueur Pro Européen, après Pavol Lisy.

Cela me donne envie de relire Hikaru No Go !!

Félicitations à Ali !!!

mercredi 25 juin 2014

L'anneau de Mœbius de Franck Thilliez

La dictature de la transparence
a encore frappé ! Rien à déclarer.
Je vois clair en moi.
L'anneau de Mœbius de Franck Thilliez (Pocket, 604 pages, 2010)

Incipit :
Devant ses yeux, l’image vibrait, grossissait, rapetissait. C’était à lui en faire exploser les tempes. Stéphane s’arrêta au milieu de l’escalier, se retourna brusquement, avant de continuer sa descente vers le rez-de-chaussée.

Un homme torturé a l'extraordinaire faculté d'avoir des visions sur son avenir proche. Parsemé de morts atroces, il tente alors de dévier son destin et de sauver les victimes. Cela se complique lorsqu'il est soupçonné de meurtre et que sa femme a un comportement suspect. Là je vous en dis le moins possible, allez-y c'est du tout bon !

J'ai trouvé un Franck Thilliez en grande forme. Un tout petit peu déçu par ma lecture du précédent, La forêt des ombres,  mais là j'ai  senti un scénario élaboré, très bien construit, avec des références en veux-tu en voilà, que ce soit l'anneau de Moebius (un objet 2D à une surface où on revient à son point de départ), un des héros, Stéphane Kismet dont le nom en turc ou encore en ourdou signifie destin (cf. Urban Dictionary ) les passions sexuelles étranges et hors normes comme l'acrotomophilie ... et le célèbre musée Dupuytren ... normal me direz-vous quand on se retrouve dans l'univers glauque des œuvres de F. Thilliez ...

Une histoire qui ne vous lâche plus une fois entamée et à qui je dois de m'être couché à 23h40 hier soir. Merci Franck. Les wagons lits de ce matin sous les yeux, c'est à toi que je les dois. Une belle réflexion sur le libre arbitre, le destin tout tracé et s'il est possible d'être libre ou de choisir en toute connaissance de cause l'avenir que l'on souhaite. Un livre qui pourrait facilement être classé en science-fiction ou au moins dans le fantastique. Pour les curieux il y a aussi un objet 3D d'une seule surface, la bouteille de Klein.

Un très bon thriller mené tambour battant !

Note du 1er juillet 2014 (dans six jours) : 12/10

La sélection Chantelivre juin 2014

La Médiathèque de Beaugency
La sélection Chantelivre juin 2014 (Médiathèque de Beaugency, 10 livres, éditeurs éclectiques)

Incipit : 
Régulièrement un impromptu littéraire organisé conjointement par la librairie Chantelivre d'Orléans et la Médiathèque de Beaugency, expose les morceaux choisis et l’œuvre afférente, de préférence loin des têtes de gondole ou du brouhaha médiatique, à un aréopage de passionnés et de curieux de tous horizon.

Pour ceux et pour celles (Henry) qui n'auraient pu assister à ce grand moment que j'apprécie, voici la sélection spéciale proposée ce mardi 24 juin 2014 par Chantelivre, au menu :

  • Le jardin de bronze de Gustavo Malajovich [Actes noirs, Actes Sud], policier
  • Les affligés de Chris Womersley [Albin Michel], retour d'un soldat de la première guerre mondiale dans son pays, l'Australie.
  • Pages inespérées de Julio Cortázar [Gallimard], contes, courts récits, entre réalité et irréel
  • Poèmes d'amour de Jorge Luis Borges [Gallimard], poésie
  • L'égaré de Lisbonne de Bruno d'Halluin [Gaïa] aventures maritimes au XVIème siècle
  • Rire en do mineur : et autres nouvelles de Claude Pujade-Renaud [Actes Sud] nouvelles sur des personnages littéraires de fiction ou réels
  • La grande vie de Christian Bobin [Gallimard] onirique. En attente de lecture dans ma P.A.L.
  • La madone de Notre-Dame d'Alexis Ragougneau [Viviane Hamy] policier
  • Pain, éducation, liberté de Petros Markaris [Policier Seuil] l'état de la Grèce actuelle sur fond de crise économique
  • 911 de Shannon Burke [Sonatine] policier
  • Le théorème du homard de Graeme Simsion [NiL] tranche de vie, humour amour et réflexion. Que j'ai déjà lu.
  • Cet été-là de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki [Rue de Sèvres] roman graphique, BD. Nouvel éditeur à soutenir !

Je n'ai pu résister et après de longs palabres intérieurs, je me suis contenté de Pages inespérées et Rire en do mineur. Merci à Chantelivre Orléans et à la Médiathèque de Beaugency pour ce rendez-vous attendu. En OFF l'animatrice (dont je n'ai pas noté le nom, honte à moi) m'a recommandé également La constellation du chien de Peter Heller.

Bonnes lectures d'été !!!

Note de synthèse : 10/10

samedi 21 juin 2014

Monde sans oiseaux de Karin Serres

Épreuve du saut de haies aquatique
Monde sans oiseaux de Karin Serres (Stock, La forêt, 106 pages, 2013)

Incipit :
Il paraît  qu'autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails.

Ce livre fait partie de la sélection OFF du prix Emmanuel Roblès. Je l'ai choisi car la description qui en est faite dans le petit catalogue remis lors de la cérémonie fait vraiment envie. Comme deux autres ouvrages que je compte lire aussi (La femme sans tête, Cent vingt et un jours, le facteur Phi et ... bon ok il y en a plus de deux).

Le résumé fait par Agglopolys est tellement juste qu'il ne m'est pas facile d'en parler. Bon oublions ce résumé. Let's go !

C'est la création d'un monde (Genèse ?) qui est menacé par la montée des eaux (Déluge ?) où la vie pétille, où l'amour est présent mais écrasé par ce sentiment de fin de vie, de fin du monde. Les interrogations existentielles dans un univers onirique, imaginaire car se démarquant du nôtre sur plusieurs points et qui résonne avec nos angoisses actuelles : dérèglement du climat, fonte des glaces, montée des eaux, manipulations génétiques, fin du monde (2012), nucléaire avec les cochons fluos ?,  et où les codes sont différents, des normes qui se sont adaptées à ce milieu de survie. J'ai ressenti la mort omniprésente en dépit de cette vie, de cette poésie, de l'amour, qui semble lutter contre l'entropie et notre présence si courte sur terre.

Icare est le symbole du dépassement (voire de l'arrogance), ici dans ce monde sans oiseaux il n'y a pas d'autre Icare que le rêve. Ce ciel vide (le Paradis ne nous est plus accessible ?) s'oppose au tombeau, un lac profond et noir où s'entassent les morts (l'Enfer ?), sépulture triste où tout le monde finit. Tu es né poussière, tu retourneras poussière.

Un livre où on se laisse emporter sans savoir sur quel rivage échouer, une atmosphère bien rendue, une écriture singulière. Vers la fin une information peut éventuellement changer l'angle de façon inédite sur l'histoire. A discuter. Me rappelle un peu Le village de Night Shyamalan pour le côté isolé, survie, et organisation particulière. Le livre est bien différent, juste une impression.

Une petite fausse note : encore une fois une confusion sur le contenu des bouteilles de plongée. Non, ce n'est pas de l'oxygène ! C'est de l'air comprimé, et l'air est un mélange (classe de primaire ou au moins le collège). Non, on ne se laisse pas tomber en arrière pour éviter de se faire mal, mais pour éviter que le masque de plongée soit arraché lors de l'entrée dans l'eau et que cette dernière rentre dedans. Il y a une technique pour le remettre sous l'eau et remettre de l'air mais peu pratique. De plus si la bouteille a été vidée et que le lac est profond alors il est fort probable d'avoir des paliers de décompression. Et plonger pour la première fois sans formation ? Hum ... Un peu dommage de ne pas un minimum se renseigner. Cela n'enlève rien au livre (surtout si, comme l'auteur, les amis qui ont du relire le manuscrit,  l'éditeur, cela ne choque pas de parler de bouteille d'oxygène ...)

Note imaginaire : 9/10

lundi 16 juin 2014

The Intern's Handbook : a thriller by Shane Kuhn

VO sans sous-titres
The Intern's Handbook : a thriller by Shane Kuhn (Simon & Schuster, 288 pages, 8 avril 2014)

Incipit :

If you're reading this, you're a new employee at Human Ressources, Inc. Congratulations. And condolences. At the very least, you're embarking on a career that you will never be able to describe as dull.
Un tueur qui excelle dans son métier d'effacer de la face du monde la cible qu'on lui a soumis en est à sa dernière mission avant une retraite bien méritée. Sans états d'âme, efficace, méticuleux, intelligent, un concentré pur de survie en milieu hostile. Il rédige même un guide pour l'assassin en herbe avec préceptes à l'appui. Mais cette dernière mission risque bien d'être plus complexe et va exposer notre serial killer à des risques insoupçonnés. La découverte de certaines faiblesses comme un reliquat d'humanité lié, disons, à l'amour, va peut-être même mettre sa vie en péril. Ahhhhh j'en tremble. Vite un Xanax (c) !

Version FR
Un James Bond sous amphétamines, mené tambour battant, d'un humour noir caustique. Les avocats vont avoir les oreilles qui sifflent. Vif, acéré, on découvre un loup et son modus operandi et ce qu'il en coûte d'être un assassin, enfin, un assassin encore en vie à 25 ans. Un petit côté Hard Boiled des romans noirs de mon enfance fracassée, où après m'être fait tabasser par mon père je me réfugiais dans une cave sombre et dévorais ces livres de gare à la lueur crépusculaire d'un bout de suif, vestige des dents voraces de rats agressifs et peu cultivés. Ha ha vous y avez cru, hein ? Bon, un livre assez fun, au style rentre dedans, où j'ai passé un bon moment et une fin avec quelques surprises sympathiques. L'auteur a du métier (dans un autre contexte) et cela ferait un bon film qui déménage. Un vrai jeu du chat et de la souris ...

Note de tuerie : 10/10

Prix du premier roman Emmanuel Roblès 2014 la sélection OFF

La sélection OFF
Prix du premier roman Emmanuel Roblès 2014 la sélection OFF (ville de Blois, millier de pages, 2014)

Il y a la sélection officielle de six premiers romans mais lors de la présélection, sur environ 140 nouveautés, certains titres ont su retenir l'attention des lecteurs. Insuffisamment pour prétendre au Prix Roblès mais avec assez d'intérêt pour être dans la sélection OFF. Cette liste a fait l'objet d'un petit carnet avec un résumé incitateur à la découverte.

Pour ceux qui n'aurait pas eu la chance d'avoir ce ce catalogue voici la liste ci-après, je ne puis recopier le texte l’accompagnant, ce dernier n'est pas de mon fait :
  • La femme sans tête : enquête sur une affaire classée, Antoine ALBERTINI (Grasset)
  • Cent vingt et un jours, Michèle AUDIN (Gallimard)
  • Autopsie des ombres, Xavier BOISSEL (Éditions Inculte)
  • Chambre 2, Julie BONNIE (Belfond)
  • C'est quoi ce roman ?, Corinne DEVILLAIRE (Éditions Thierry Marchaisse)
  • Confessions cannibales, Pierre d'ÉTANGES  (Flammarion)
  • L'art de nuire, Pierre HOUDION (Éditions Thierry Marchaisse)
  • La mer et l'enfant, Sabine HUYNH (Galaade éditions)
  • Clichy, Vincent JOLIT (La Martinière)
  • Les voyages de Daniel Ascher, Déborah LÉVY-BERTHERAT (Rivages)
  • Le facteur Phi, Franck Manuel (Anacharsis)
  • Les conversations, Anna-Lisbeth MAREK (Phébus)
  • L'esprit de l'ivresse, Loïc Merle (Actes Sud)
  • N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Paola PIGANI (Liana Levi)
  • Monde sans oiseaux, Karin SERRES (Stock)
Bonne découverte !!

samedi 14 juin 2014

Prix Emmanuel Roblès 2014

Prix 2014
Prix Emmanuel Roblès 2014 (Ville de Blois, milliers de pages, 2014)

  • Le lauréat 2014 pour le Prix Emmanuel Roblès est Nicolas Clément pour Sauf les fleurs, chez Buchet-Chastel.
  • Participant pour la première fois à ce Prix littéraire je l'avais lu il y a quelques temps et il a effectivement bien été apprécié au sein de notre Club de Lecture La Marguerite. Il y a un lien sur Wikipédia de ce prix Roblès, article dont la légitimité est remise en cause (?!) en tout cas au moment où j'écris cette chronique. La raison est peut être à chercher sur d'autres articles dudit site comme le Prix Goncourt qui est effectivement plus étayé. J'ai tout de même rajouté le prix 2014 sur cette page !
    Les 4 nominés et P. Lefait
  • Le vote a eu lieu le matin et j'ai pu accompagner exceptionnellement la représentante de notre comité (Catherine). C'était au Château de Blois dans une très belle salle avec un accueil très chaleureux. Il y avait pas mal de représentants de comités et cela a pris presque deux heures. 
  • A 13h juste après le repas j'ai visité la Médiathèque de Blois, une très belle médiathèque, très fournie, bien agencée avec un superbe pan entier de Pléiade ! Humm cela ferait bien dans mon salon ... avec un fauteuil club pour les lire ...
  • La cérémonie publique a débuté à la Halle aux Grains à partir de 13h30. C'était un grand moment, je dirais environ 500 personnes (j'ai estimé la jauge à 750), toujours animé par l'excellent Philippe Lefait dont on ressent à a fois l'érudition, le sérieux, et la touche d'humour qui fait mouche. Il a animé avec brio cette cérémonie. Les interventions des quatre nominés ont toutes été de qualité, y compris M.Jérusalmy lauréat de l'an passé, éminemment sympathique. Étaient absents Frédéric Verger et Édouard Louis et, semble-t-il, sans aucun retour pour ce dernier, y compris de la part de l'éditeur ... Pas d'excuse, pas de raison, silence radio. Bref un sans faute dans l'impolitesse la plus basique, voire un certain mépris au regard du Prix Roblès qui nécessite une organisation et une logistique qui repose partiellement sur du bénévolat. Bien que je n'ai su apprécier ces deux ouvrages il est toujours bienvenu de rencontrer l'auteur. Je dirais même au contraire. D'autant qu'une personne de notre Club était venue exprès pour rencontrer Édouard Louis ... Pour les autres qui ont pu venir en dépit des grèves SNCF, merci à eux. Les quatre ont été à la hauteur, s'exprimant avec clarté, intelligence et à propos. 
  • Je crois que c'est Clémentine, présidente du prix et lycéenne, qui a annoncé le prix, en ménageant un suspense crispant et déclenché la dernière phase : les dédicaces. Juste avant tout de même un message du maire et bien sûr un discours du lauréat, parfait, avec une note d'humour sur les éditeurs ayant refusé son manuscrit (en particulier sur les lecteurs qui, pour lire son ouvrage, devaient être ... préparés).
    Vue de l'amphithéâtre
  • J'ai pu avoir les quatre dédicaces et j'en suis assez heureux, car j'ai pu dire quelques mots aux auteurs que j'ai tous appréciés. En particulier Thomas Dietrich pour Là où la terre est rouge et qui a eu mon vote pour le Prix Roblès. J'ai bien aimé l'approche d'une tragédie grecque transplantée en Afrique. Il a été très bon lors de la cérémonie et il a cité une phrase magnifique de Gabriel García Márquez : Aucun homme ne devrait en regarder un autre de haut si ce n'est pour l'aider à se relever
    Le Maire, la présidente et N. Clément
  • Thomas Dietrich qui a fait Sciences Po et prépare l'ENA et auquel je prédis un avenir brillant. Et je ne dis pas cela parce qu'il a lu mon blog et qu'il se rappelait la note dictatoriale ... à ma grande surprise. Une de mes chevilles a du enfler ... en plus de mon ego ;-)
  • A été distribué par les organisateurs un petit catalogue recensant les livres qui n'ont pas été sélectionnés mais qui tout de même ont attiré l'attention. Très appréciable.
  • J'ai pu discuter un peu avec M. Jérusalmy qui m'a parlé de son prochain ouvrage. De même pour Sophie Van der Linden qui nous a même dévoilé le titre (paraitra en août) 
  • Il y a un article de la Nouvelle République du Centre. La cérémonie a été filmée mais je n'ai pu trouver celle de 2014. Il y en a d'autres sur Web TV Culture.
  • En conclusion une très belle journée littéraire !

mercredi 11 juin 2014

Mailman de J. Robert Lennon

Mince j'ai oublié d'éteindre le gaz !
Mailman de J. Robert Lennon (MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE EDITIONS, 669 pages, 2014)

Incipit:
Et Dieu, à ce qu'on raconte, créa la Terre. Au commencement, pas vraiment de quoi crier au génie : une nébuleuse de vapeur grise, avec quelques vagues traînées de boue sur une surface informe. Une toile vierge. Dieu l'examine, décida que cela ferait l'affaire et se lança dans les détails.

Débute par la genèse, poursuit par l'exode et se termine par ... vous verrez. Toi qui entre ici abandonne toute espérance ... Une très belle édition cartonnée que je recommande chaudement au format arbre mort plutôt qu'en numérique. L'éditeur précise la conception de l'ouvrage à l'antépénultième page avec des précisions typographiques, le tout teinté d'humour. Bien vu, merci à l'éditeur.

Ah oui le livre. Un facteur, qui lit votre courrier avec efficacité et méthode, ce qui ne le rend pas particulièrement heureux, normal pour un maniaco-dépressif, voyeur de la misère existentielle des uns et des autres. Un être sensible, un peu parano, normatif, qui fantasme une vie meilleure, avec un père distant et une mère castratrice, névrosé comme le personnage de Woody Allen, passant sa vie à la rater. La rater, vraiment ?

Une lutte de la vie contre la fatalité, l'inéluctable ? La pauvreté de la communication, le poids du puritanisme, la vie dans le déni et l'illusion. Heureusement que l'auteur sème de l'humour (assez noir) sinon passez Agnus Dei de Barber, prenez une corde et pendez-vous. Éloge de la fuite dans ce road movie qui montre une Amérique décadente et sans repère, et l'aliénation qui en découle. Plus profond que cela car réserve quelques surprises. Pour un voyeur tenter de manger les yeux d'un pauvre type dénote un humour assez caustique, la partition (p. 392) de l'hymne du lycée (merci à mon épouse de me l'avoir jouée au piano), de la poésie ... Une psychologie fouillée, des situations loufoques, un livre qui vous emporte complètement. L'auteur explore nos contradictions internes, la difficulté de s'insérer dans une société complexe et bourrée de codes pas toujours logiques, la difficulté de comprendre l'autre et d'être compris. Pour les plus heureux ils vivent dans l'illusion la plus totale de tout maîtriser. Mailman, notre anti héros, se rend compte de l'aporie, en souffre, comme un cancer (vous verrez le symbole) mais ne s’aperçoit de la supercherie que bien trop tard.

Pas vraiment d'intrigue mais l'auteur a un sens de la narration avéré, on ne s’ennuie pas une seconde.

Un livre culte, à l'instar du Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Robert Pirsig.

Une fin éblouissante et sublime qui laisse une impression de plénitude indicible le livre à peine refermé. Merci à Catherine de me l'avoir conseillé.

Note culte : 100/100

dimanche 8 juin 2014

Les mouches de Jean-Paul Sartre

Bzzz bzzz
Abraxas, galla, galla, tsé, tsé.
Brékékékex coax coax
Homo sui transcendentalis
Les mouches de Jean-Paul Sartre (70 pages)

Je me dois de préciser qu'en fait je le lis en Pléiade. Les notes et les commentaires sont excellents. Je croyais avoir lu Les mouches car je l'ai également en livre de poche (avec Huis clos), si maintenant je crois avoir lu des livres alors que ce n'est pas le cas ... En tout cas maintenant c'est sûr c'est lu !

Guère étonnant que Sartre soit en Pléiade, c'est très bien écrit et source de riches réflexions. Assez érudit, j'ai redécouvert l'héautontimorouménie (car le lycée m'a fait étudier Baudelaire et ses fleurs du mal). On ressent l'éducation classique de l'auteur, et je ne parle pas de Baudelaire uniquement.

Une tragédie grecque où le remords a une place de choix. Le pendant du libre arbitre serait le poids de nos actes et donc le regret, la culpabilité qui nous ronge. Cela me rappelle un proverbe indien (je crois) : si tu veux te venger, prépare deux tombes, une pour la victime et une pour toi. Mais le libre arbitre est aussi se libérer des Dieux et donc la liberté. Cela se ressent d'autant plus au travers de la soumission par la repentance du peuple d'Argos. Une aliénation levée au prix d'un sacrifice.

Une pièce de théâtre qui m'a plu. Les notes d’accompagnement sont aussi intéressantes. La lettre à Jean-Louis Barrault par exemple.


Note Posidon caribou caribon lullaby ! 10/10

samedi 7 juin 2014

Premier professionnel de Go européen

1p
Photo courtesy EGF/CEGO website
Premier professionnel  de Go européen, Pavol Lisy

Pavol Lisy vient récemment d'être déclaré premier professionnel de Go européen ignoré comme il se doit des médias dominants. Un autre va bientôt avoir sous peu ce grade également.

A l'instar d'autres constructions européennes comme Geant le réseau pan-européen de la recherche et de l'éducation (ou encore Dante, Alice, Alice2) un évènement européen est ignoré complètement par les médias.

Merci à ces derniers de passer une fois de plus à côté d’informations liées à l'Europe, ce qui permet aux politiques menteurs d'utiliser cette ignorance et au  Rasoir d'Occam médiatique de filtrer les informations en fonction de l'utilité et de la valeur marchande uniquement. Une utilité d'ailleurs souvent toute relative.

Dommage pour le Go en général et les citoyens en particulier, car ce filtre s'applique certainement à énormément d'autres 'évènements (pas forcément liés au Go) que tout un chacun ignore à l'insu de son plein gré.

Félicitations à Pavol Lisy pour cet accomplissement !!!

A noter : le doodle d'hier sur Google était en hommage à Honinbo Shusaku.

Oui, le rasoir d'Occam s'utilise dans un contexte un peu différent mais j'aime bien ce concept !

La forêt des ombres de Franck Thilliez

Promo sur la viande !
La forêt des ombres de Franck Thilliez (Pocket, 365 pages, 2010)

Incipit :
La femme fracassa le test de grossesse contre une poutre du grenier.
Résultat positif. Son monde s'écroulait.
Tête baissée, pieds nus, elle errait sur le plancher, s'écorchant les talons sur des échardes. Peu importait le sang. La douleur était ailleurs.

J'avais commencé How to get filthy rich in rising Asia par Mohsin Hamid mais je n'ai pas accroché. Bon, je ne suis pas allé très loin non plus, je réessaierai une autre fois. Je suis passé à Même le mal se fait bien, Michel Folco est une valeur sûre. L'unique problème de lire un bon livre qui vous emporte est de trouver à démarrer le suivant. Cela n'a pas été facile, j'ai erré sur plusieurs premières pages de divers romans pour finalement commencer un Franck Thilliez et un Thomas Pynchon. Je ne lis plus trop des livres en parallèle, mais cette fois la raison se trouve dans mon travail. Si le soir je suis trop fatigué et incapable d'avoir la concentration suffisante c'était Thilliez, sinon Pynchon. Deux livres tellement différents qu'il ne m'était pas difficile d'en discriminer le fil narratif. Au cours de ces lectures plusieurs tentations sont venues titiller mon désir de lecture, notamment Observez les logaèdres ! de Valère Novarina sur les conseils d'Etienne Klein (dans son excellente émission Le Monde selon Etienne Klein sur France Culture), Mailman de J. Robert Lennon sur les conseils tout aussi avisés de Catherine, la grande prêtresse hindoue du Club de Lecture La marguerite et L'utilité de l'inutile sur les conseils de François Busnel (dans le dernier magazine  Lire). Autant dire que je ne tiens même plus à jour ma P.A.L, il me faudrait embaucher un pool de secrétariat.

J'ai fini Vente à la criée du lot 49 avant Franck Thilliez. Et là aujourd’hui La forêt des ombres. Pour une fois je suis un peu déçu. Certes le thriller a ses codes, mais là l'histoire est un peu trop grotesque à mon goût. Toujours aussi efficace mais trop boucherie, cela fait promo sur la viande en gros (bien saignant). Un huis clos comme dans Puzzle (très bien) ou Vertige (très bien aussi) mais ici avec un scénario plus ramassé, moins élaboré (la science y est moins prégnante, l'enquête réduite au minimum). Bon j'ai tout de même lu avec plaisir, l'hémoglobine ne m'a pas arrêté, mais voilà j'ai trouvé que c'était un peu trop.

L'épilogue rehausse l'ensemble malgré tout (il m'a pris au dépourvu). Mon prochain sera L'anneau de Moëbius. Oui parce que bon je vais pas abandonner Franck Thilliez juste pour ce petit bémol de rien du tout ! Et puis un titre où il y a Moëbius dedans ne peut être que bien.

Note du boucher : 8/10

Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon

Soirée tupperware, venez nombreux !
Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon (Points, 213 pages, 1966 pour la première édition américaine)

Incipit :
Un après-midi d'été, Mrs. Œdipa Maas rentra d'une réunion Tupperware où l'hôtesse avait peut-être mis trop de kirsch dans sa fondue pour découvrir qu'elle, Œdipa, venait d'être nommée exécuteur testamentaire, ou plutôt exécutrice, se dit-elle, d'un certain Pierce Inverarity, magnat californien de l'immobilier qui avait jadis perdu entre autres et d'un coup deux millions de dollars, mais qui laissait une succession suffisamment vaste et embrouillée pour que la mission de trier tout cela n'eût rien d'honoraire.

L'incipit donne le ton, un livre dense. J'ai un peu triché, j'ai pris un des livres les plus courts de l’œuvre de Pynchon. Mais cet auteur m'intriguait, alors je commence petit.

L'incipit donne également un bon résumé du livre d'une certaine manière. Car l'auteur joue avec les codes narratifs passant d'un genre à l'autre ou du coq à l'âne. Il est parfois difficile de suivre la logique des pérégrinations d'Œdipa ou lorsque tout à coup une scène loufoque (la bombe de laque à cheveux) s'insère dans le récit de façon inattendue. L'auteur se permet même de faire de l'humour assez subtil mais le fait à point nommé. Un livre postmoderne qui n'a pas vieilli, j'étais surpris de voir la date de la première édition. Depuis j'ai lu un peu sur Pynchon, auteur secret et peu enclin aux mondanités.

Un livre assez étonnant, qui m'a rappelé Murakami pour la porosité entre le réel et l'étrange, Umberto Eco pour son côté labyrinthique, érudit et ésotérique (sociétés secrètes) et Paul Auster pour les jeux de langage et la maîtrise de la littérature. Et je ne parle que des auteurs que je connais un peu. Il y a un côté roman à clé, là ce serait même un trousseau, et je crains, non, je suis sûr, d'en avoir raté plein. Typiquement un livre qu'il serait passionnant d'étudier et de disséquer. Pourrait remplir plusieurs soirées d'hiver en petit groupe. J'ai adoré cette société secrète de communication à base de philatélie. A moins qu'Œdipa ne se soit fait un film, qui sait. Une bande d'affranchis un peu timbrés qui se sont volontairement oblitérés, cela ne fait pas un pli,  difficile d'en percer l'enveloppe, certains s'y sont cassé les dents, d'autres restent en poste et parfois vont au bal sans colis (six mots).

Bref une bonne introduction à l'univers de Pynchon, j'hésite à lire de lui ensuite soit L'homme qui apprenait lentement ou Contre-jour.

Note hallucinée : 9/10

dimanche 1 juin 2014

La lamentation du prépuce de Shalom Auslander

Parce que je le vaux bien
La lamentation du prépuce de Shalom Auslander (10/18, 306 pages, 2008)

Incipit :
QUAND J’ÉTAIS PETIT, mes parents et mes maîtres me parlaient d'un homme qui était très fort. Ils disaient qu'il était capable de détruire le monde entier. Ils disaient qu'il  pouvait soulever les montagnes.
Dans ce qui ressemble à une autobiographie, l'auteur raconte sa jeunesse, l'éducation ultra orthodoxe qu'il a vécue, son adolescence culpabilisante et schizophrénique pour parler, devenu adulte, d'un moment essentiel de sa vie : doit-il, ou pas, faire circoncire son fils. Le plus gros problème de l'auteur : croire en Dieu.

Avec une auto-dérision assez drôle, une insolence étonnante, nous suivons l'initiation de l'auteur aux rites juifs et comment il s'en sort. Assez iconoclaste, Shalom décrit ce carcan de règles, et montre par l'absurde qu'il n'est pas facile d'avoir la foi lorsque cette dernière est remplie de superstitions ou de règles tellement difficiles à mettre en œuvre que leur logique heurte toute personne faisant usage de son intelligence ou soumet tout croyant car faute il y aura et donc aliénation programmée.

Mais il ne s'agit pas de dénoncer la foi, Shalom ayant le malheur, si je puis dire, de croire en Dieu. Il maitrise d'ailleurs le sujet, et la culture, la liturgie juive est assez bien exposée même si c'est pour en critiquer certains aspects. Le livre ne manque d'ailleurs pas de  profondeur, des réflexions assez justes et un questionnement constant en font la principale richesse, l'insolence étant amusante mais pas vraiment gratuite.
Je crois en Dieu. C'est un gros problème chez moi.
Politiquement incorrect, mais assez moderne car confronte une religion ancienne à la modernité pas toujours dans ce qu'elle a de meilleur (consommation, pornographie, drogues, société du divertissement, la perfection du corps etc.) et pousse souvent les croyants à l'hypocrisie, la dissimulation, l'autocensure, le contournement voire la culpabilité et la névrose. Maltraitance théologique comme il est écrit, c'est tout le paradoxe de la religion censée épanouir spirituellement mais suivant les aspirations ou les tendances (comme le fondamentalisme) mène la vie dure aux croyants. Comment concilier à notre époque la finale d'un match de Hockey avec le jour du Shabbat ? Le propos va plus loin,  finalement tout le monde d'une certaine manière possède un Dieu, parfois c'est tout simplement l'argent ... et d'une certaine manière tout le monde a ses œillères et cherche à vivre pleinement.
Les israéliens vendaient de l'herbe m'avait-on expliqué et les arabes du haschish : quel espoir pouvait-on garder pour le Moyen-Orient, me suis-je demandé, s'ils n'étaient même pas fichus d'être d'accord sur la façon de planer ?
Des questions difficiles et pertinentes comme 'pourquoi Dieu, si puissant, omniscient ... peut-il laisser faire des choses comme l'Holocauste ?'. Une question qui a été posée aux représentants des trois monothéismes dans un documentaire, la réponse est la même : ils ne savent pas.

Un livre fort instructif sur une culture et une religion que je ne connais guère, qui questionne fort justement, avec un humour caustique de bon aloi.

Note mazel tov: 10/10

Jump Level Up by Lee Jaehwan, Yoo Changhyuk

I came to get down [2x]
So get out your seats and jump around
Jump around [3x]
Jump up, jump up and get down.
Jump [18x]
Jump Level Up by Lee Jaehwan, Yoo Changhyu (Baduktopia, 5x170 pages + solutions, 2008)

Cours de Go pour étudiants et enseignants. Extrêmement bien conçus, progressifs, les fondamentaux comme vous ne les avez jamais vu. Chaque concept est décortiqué et pleins d'exemples d'applications sont fournis. Que demander de plus (à part être shodan en une semaine ?) ?

Idéal pour l'étude, la compréhension et la progression du Go. Reste à suivre les leçons régulièrement ! Recommandé chaudement. En anglais mais rien de difficile.

Même lors des semeai j'ai découvert des techniques et je compte maintenant mieux. C'est exactement ce que je recherchais. Manque plus que le prof et d'autres élèves :-)

Note moyo mystique : 20/10