jeudi 30 juillet 2015

D.DAY Normandie par François Bertin

D.DAY Normandie par François Bertin (Editions Ouest-France, 127 pages, 2004)

Incipit :
Plus de 60 ans se sont écoulés depuis ces jours sombres qui ont mené, en quelques mois terribles, notre pays, des ténèbres de l'Occupation à la liesse de la Libération.

Un guide illustré du débarquement, les différentes plages, quelques unités impliquées, sous l'angle du matériel, des uniformes et des armes.

Ce qui m'a le plus surpris c'est la variété des véhicules et leur consommation, ce qui explique la pose d'un tube d'alimentation sous la Manche pour fournir des millions de litres de carburant. La liste de musées qui ont prêtés leur concours méritent le détour (la description de ce qui est présenté en leur sein est étonnante).

Deux pages font écho à l'actualité récente, concernant Michaël Wittmann, un pilote de char doué, dont la tombe, qui est toujours décorée, a été pillée ce mois-ci (la dalle de Wittmann semble-t-il).

Un éclairage complémentaire à d'autres documentations.

Note : AAA

mercredi 29 juillet 2015

Histoire de la Gestapo Tome 3 présenté par Jean Dumont

Histoire de la Gestapo Tome 3 présenté par Jean Dumont (Éditions de Crémille, 253 pages, 1971)

Incipit :
Les SS de Heinrich Himmler ne se sont pas seulement illustrés criminellement dans les officines de la Gestapo et du SD (pourvoyeuses des sinistres camps de concentration et d'extermination) ou héroïquement sur les champs de bataille (les unités de la Waffenn-SS).  Ils ont été également les instruments d'un gigantesque génocide à l'Est de l'Europe au sein des groupes d'action de la direction générale des services de sécurité du Reich et du service de sûreté et de renseignement SS (Einsatzgruppen der Reichssicherheitspolizei und des Sicherheitsdienstes), chargés de la liquidation de tous ceux que la politique nazie entendait exterminer pour des raisons idéologiques.

La suite du tome 1 et du tome 2. Cette fois les sujets principaux sont le règne de la Gestapo en Europe, les opérations spéciales (dont le projet de séquestration du Duc de Windsor), les racines occultes du 3ème Reich (en particulier les délires mégalomaniaques d'Himmler au Château de Wewelsburg et la création de l'Ahnenerbe) et enfin la lutte terrible contre le S.O.E., principalement les succès de l'Axe. Sur ce dernier point j'ai vu la difficulté immense d'être un espion au sein d'un territoire hostile et les manquements à des règles de sécurité qui ont fait tomber des réseaux entiers.

Aussi passionnant que les deux premiers volumes, j'attends avec impatience le quatrième (et dernier) par la poste. Ces lectures complètent la visite récente au musée de la résistance de Lorris.

Note : AAA


lundi 27 juillet 2015

La traque des nazis de Klarsfeld, Clarke et Costelle

La traque des nazis de Klarsfeld, Clarke et Costelle (Acropole, 197 pages, 2010)

Un livre document accompagné d'un DVD présentant deux documentaires, l'un sur la traque des nazis, l'autre une interview des Klarsfeld.

Ce livre document est important à plusieurs titres. Il rappelle l'importance du nazisme, comme la singularité des camps d'exterminations et des chambres à gaz, et le manque d'entrain à rechercher et faire passer en justice les responsables d'actes atroces, les participants à la machinerie d'extermination.

Sans le courage et la volonté notamment des Klarsfeld la juste n'aurait pu être rendue du tout, un oubli étonnant de la génération d'après-guerre et des survivants. Une complicité passive des plus hautes instances. Un déni de justice écœurant.  Loin d'une vengeance improductive, la démarche a plus été contre l'oubli et ne pas laisser vivre tranquille des individus au passé criminel lourd. Un devoir aussi bien pour l'Allemagne que pour la France qui a permis de repartir sur des bases plus saines.

Le documentaire montre des films durs, très durs, que ce soit des exécutions ou lors de la découverte des camps. N'en déplaise à certains, il ne s'agit pas d'un détail, la solution finale et son exécution par des chambres à gaz ont été élaborée avec soin et prennent racine très tôt dans l'idéologie nazie (voir Histoire de la Gestapo par exemple). Il y a tellement de traces, de documents que la complaisance dont a bénéficié René Bousquet, par exemple, y compris par François Mitterrand, pour prendre un exemple purement français, n'en est que plus ignominieuse.  A croire que devant l'ampleur des exactions un déni de réalité se fait place ...

Un livre indispensable. Les Klarsfeld ont fait œuvre de justice sur un sujet difficile. Ce sont des héros qui ont rendu leur dignité à des milliers de juifs décimés. Tout de même ne pas oublier que les Tziganes ont été détruit, quant à eux, à 99%.

Note : AAAA

Histoire de la Gestapo Tome 2 présenté par Jean Dumont

Histoire de la Gestapo Tome 2 présenté par Jean Dumont (Éditions Famot, 254 pages, 1980)

Incipit :
A l'aube du vendredi 14 juin 1940, Paris semble vide. La capitale de la France n'est plus qu'une "ville ouverte", livrée aux troupes allemandes.

Le premier tome s'attachait à la genèse de la Gestapo et ses relations de pouvoir avec l'abwehr et la Wermacht. Ce deuxième volume s'intéresse aux relations de la Gestapo et de la police française et au trafic de celle-ci avec le marché noir.

Les auteurs montrent bien les relations de pouvoir entre la police française et la Gestapo, la difficulté de ne pas se laisser piétiner, de garder autant que possible son indépendance et ne pas plier sous les demandes des nazis. Mais petit à petit sous l'influence grandissante des SS et de l'évolution du conflit il y a eu des cessions de plus en plus grande. Une partie a même collaboré. Ce n'est pas tout blanc ni tout noir et les historiens font un travail remarquable pour montrer tous les rouages en jeu.

La partie sur le marché noir m'a assez étonné sur plusieurs points en particulier l'enrichissement extravaguant de deux crapules et le rôle romanesque des comtesses. J'ai pu mesurer la spoliation des ressources au profit de l'occupant et de l'Allemagne.

Toujours aussi bien raconté, cela donne une image assez large du sujet. Et pourtant il y a deux autres tomes ... J'ai tout de même l'impression qu'à l'école on survole de très loin tout ça et qu'il est indispensable de lire ce type d'ouvrage pour mieux comprendre la complexité des évènements.

Note : AAAA

samedi 25 juillet 2015

The man from St. Petersburg by Ken Follett

The man from St. Petersburg by Ken Follett (Pan Macmillan , 464 pages, 2011)

Incipit :
It was a slow Sunday afternoon, the kind Walden loved. He stood at an open window and looked across the park. The broad, level lawn was dotted with mature trees: a Scotch pine, a pair of mighty oaks, several chestnuts and a willow like a head of girlish curls. The sun was high and the trees cast dark, cool shadows. The birds were silent, but a hum of contented bees came from the flowering creeper beside the window. The house was still, too. Most of the servants had the afternoon off. 

Nous sommes peu avant le premier conflit mondial, en Angleterre, un noble, le comte Walden, est approché par Winston Churchill afin de convaincre la Russie d'aider l’Angleterre ou la France en cas de conflit avec l'Allemagne. Pour cela le prince Orlov est invité, c'est un proche de la famille Walden. Mais voilà un anarchiste prévoit de faire capoter ce plan ... un anarchiste qui connait bien la femme du comte Walden ...

La version française
Comme à son habitude une histoire qui se dévore et comme toujours des incohérences et des exagérations, mais cela reste une lecture très plaisante. L'intrigue est bien trouvée et Ken Follett l'inscrit avec talent dans l'époque. En particulier les passages sur les suffragettes ou le monde irréel de l'aristocratie est bien troussée. Les personnages sont bien campé et la fin très prenante.

Un moment de lecture idéal pour mes congés.

Note : AAA

mercredi 22 juillet 2015

Histoire de la Gestapo Tome 1 présenté par Jean Dumont

Histoire de la Gestapo Tome 1 présenté par Jean Dumont (Éditions Famot, 254 pages, 1980)

Incipit :
Berlin, 29 janvier 1933. Il est environ 17h. Le portier de l'hôtel Kaiserof voit soudain s'engouffrer dans le hall un homme qu'il connaît bien : Hermann Goering, président du Reichstag, membre du parti National-Socialiste d'Adolf Hitler.
Sous l'égide de Jean Drumont plusieurs auteurs retracent la genèse de la police politique du troisième Reich. Les historiens présentent chacun des personnages en suivant leur carrière, leur évolution avec une recherche constante de compréhension de leur psychologie, de leurs choix, de leurs comportements. Une mise en perspective qui rappelle sur plusieurs points les incohérences de, par exemple, l'idéologie nazie.

Les luttes intestines, les ego au sein de l'appareil sont clairement décrites, mais ce qui m'a le plus surpris est la mise en place très tôt, même avant l'accession d'Hitler au pouvoir, de ce qui allait devenir l'Ordre Noir. La bataille entre les SS et la Wechmacht pour le contrôle des forces est également bien mise en valeur. Et tout cela avant 1941, il s'agit du tome 1 alors qu'il y en a quatre ! Il y a aussi bien les purges internes (la nuit des longs couteaux en est le sommet), les manipulations d'Heydrich, moins connu qu'Himmler et pourtant plus redoutable, que les lois, discours qui vont influer sur l'avenir de l'Allemagne ... et du monde. Ces mots utilisés très tôt qui auront les conséquences que nous savons.

C'est très bien raconté pour un livre d'Histoire, très vivant, et donne une foultitude de détails enrichissant, qui interrogent beaucoup sur les jeux de pouvoir et comment une dictature fonctionne, à surtout quel prix ... Je ne sais s'il est légal d'afficher la swastika sur un blog, j'ai préféré flouter. Par prudence juridique, mais je ne crois pas qu'il faille occulter cette partie de l'Histoire, le devoir de mémoire on le comprend à la lecture de ce type d'ouvrage et il est essentiel à tout citoyen, ne serait-ce que pour lutter contre le révisionnisme.

Note : AAA

dimanche 19 juillet 2015

Un doux pardon de Lori Nelson Spielman

Un doux pardon de Lori Nelson Spielman (Cherche Midi, 435 pages, 2015)

Incipit :
J'ai subi cela pendant cent soixante-trois jours. J'ai relu mon journal intime des années plus tard pour compter. Et voilà qu'elle écrit un livre. Impensable. Cette femme est une étoile montante

Hannah est une journaliste connue et reconnue. Elle a son émission de télévision, elle est la petite amie du maire de la ville, bref c'est la fête. Mais voilà elle reçoit une pierre de pardon, un nouveau concept new-age, de la part d'une camarade de classe. Cette dernière lui avait menée la vie dure, très dure. Voire aurait été la raison de la dislocation de sa famille. Cet évènement va bouleverser la vie d'Hannah (et celle de beaucoup d'autres personnes d'ailleurs).

Dévoré presque d'une traite ... en une journée. Je suis le client idéal pour ce genre de livre. Dois-je m'en inquiéter ou m'en réjouir ? Car je vois bien dire que ce livre est un livre pour fille, voyez ? En tout cas un Feel-good book (genre qui associe souvent, tout le temps ?, histoire d'amour et épanouissement personnel). Je l'aurais bien lu en anglais comme son précédent, The Life List, mais c'est un cadeau.  Cadeau qui a été lu avant par la personne qui m'a fait le cadeau. Vous suivez ?

Pour les pierres de pardon, c'est un prétexte, oui car on pourrait voir un côté gnan gnan, mais je ne l'ai pas ressenti comme cela, c'est bien amené, et en fait Hannah se pose beaucoup de question, de remise en question même, ce qui est le but finalement, les pierres faisant office de catalyseur. Il  y a tous les ingrédients qu'on peut s'attendre à y trouver et pourtant l'auteur ne se laisse pas aller trop à la facilité, il y a quelques contrepieds bienvenus. 

L'auteur dévoile quelques sources d'inspirations dans la postface ...

Une excellente lecture d'été !!

Note : AAA

Bréviaire des artificiers de Mathias Enard

Pif ! Paf ! Pouf !
Bréviaire des artificiers de Mathias Enard, illustrations de Pierre Marquès (Folio, 113 pages, 2007)

Incipit :
Moi, Virgilio, nègre de peau et esclave de condition, transcrirai ici, avec mes modestes moyens, les conseils et leçons que me donna mon maître au cours de notre vie commune.
Un pamphlet surréaliste sur l'initiation d'un homme à devenir terroriste, illustré par de surprenants dessins pour le moins décalés, esprit Os à Moelle ... Les titres de chapitre donnent le ton décalé jusqu'au final, forcément explosif.

Vous vous en doutez vous ne deviendrez pas un terroriste en lisant ce livre. L'auteur, en revanche, se moque avec talents de cette idéologie mortifère.

Mathias Enard est le Sun Tsu du pétard mouillé, le Crusoë qui initie Virgilio ou la vie sauvage, le Machiavel de la grenade en plastique (forcément un boom économique).

Note : AA

Les pistolets Manurhin de Jean-Pierre Bastié et Daniel Casanova

I'm Legend
Les pistolets Manurhin de Jean-Pierre Bastié et Daniel Casanova (Crépin-Leblond, 165 pages, 2015)

Incipit :
La Manufacture de Machines du Haut-Rhin est créée par Jules Spengler en 1919.
Né à Muhouse, en 1873, Spengler est Allemand et il le restera jusqu'à la fin de la Grande Guerre, dans une Alsace annexée par l'Allemagne depuis la défaite des armées françaises, en 1870.

Un guide qui ne s'arrête pas au pistolet mais comprends également les automatiques, revolver et fusils d'assaut. Mais là où j'ai été étonné est que la société Manurhin a aussi fabriqué des scooter et des machines dédiées à l'industrie Agro-Alimentaire (entre autres).

L'autre élément intéressant était la nationalité du fondateur, un Allemand, ce qui, en 1919 et à la seconde guerre mondiale peut poser quelques soucis.

Le guide explore la gamme des armes fabriquées par Manurhin. J'y ai notamment appris que le Walter PPK utilisé par James Bond (dans les films) avait pratiquement tous été fabriqué par Manurhin !!

Un livre intéressant, richement illustré. Si je voulais pinailler je dirais qu'il manque peut être quelques points de balistique concernant ces armes, quelques haut-faits (par le GIGN), et des éclatés plus grand, détaillant le fonctionnement, enfin des précisions sur l'usinage plus complet.

Note : AAA 

samedi 18 juillet 2015

The Girl on the Train by Paula Hawkins



Fenêtre sur quai
The Girl on the Train by Paula Hawkins (First Edition, 320 pages, 2015)

Incipit :
She’s buried beneath a silver birch tree, down towards the old train tracks, her grave marked with a cairn. Not more than a little pile of stones, really. I didn’t want to draw attention to her resting place, but I couldn’t leave her without remembrance. She’ll sleep peacefully there, no one to disturb her, no sounds but birdsong and the rumble of passing trains.
Une femme passe tous les jours devant une allée de maisons dont celle qui fut la sienne un jour. Elle y voit régulièrement un couple et s'imagine leur vie, forcément idéale, projetant ses propres fantasmes. Mais un jour un évènement étrange se produit ... puis la femme du couple disparait ...
Version Française




Le départ m'a rappelé Fenêtre sur cour, ce film d'Hitchcock où un homme obligé de rester chez lui dans un fauteuil, car une jambe dans le plâtre, passe son temps à observer ses voisins d'immeuble au travers de la cour, un voyeurisme ludique en quelque sorte. Mais ici, Rachel, puisque c'est la femme dont il s'agit, est malheureusement une alcoolique et, outre son passé qui lui colle à la peau, n'a pas toujours les souvenirs très clairs ; Elle n'est pas non plus très crédible auprès de la police.

Un livre qui laisse découvrir petit à petit, par-ci par-là les différents éléments, et le fait avec patience et subtilité, ce qui laisse la place à de nombreuses surprises et étonnement. Un thriller de très bonne facture à la construction originale : parallèle entre deux années, prises de paroles alternées de trois femmes (jamais du point de vue des hommes) et les problèmes mémoriels de Rachel. Une psychologie fouillée et torturée.

Un bon roman d'été !!

Note :  AAA

mardi 14 juillet 2015

GIGN Les secrets d'une unité d'élite de Jean-Luc CALYEL

GIGN Les secrets d'une unité d'élite de Jean-Luc CALYEL (Le cherche midi, 335 pages, 2008)

Incipit :
D'abord imaginée. Ensuite envisagée. Puis enfin réalisée. Aujourd'hui l'histoire, tant espérée il y a vingt-deux ans, appartient déjà au passé. Mon nom ne vous dira rien, mes perceptions non plus. En revanche mes missions ...

Un témoignage captivant  et franc, direct, avec les tripes pourrait-on dire. L'auteur n'hésite pas à dévoiler la manière dont a été reçu un nouveau dirigeant du GIGN, parachuté (ha ha) dans leur rang sans passer par la filière normale, en gravant les échelons, ayant lui même le vécu de l'Unité Spéciale. Il sait aussi reconnaitre lorsqu'il a tort.

Les valeurs propres à ces forces spéciales est évoqué d'un point de vue humaniste et de cœur plus que par les missions proprement dites.  Si secret il y a il réside plus dans la culture de cette unité que dans la technicité, cette dernière étant de haut niveau. L'auteur fait part de ses doutes alors que j'aurais pu croire que les membres de ce groupe étaient sans peur.

Jean-Luc Calyel parle avec son âme et cela se ressent. J'ai été  frappé comme lui par l'annulation de la mission concernant le trafic d'armes, pour des raisons qui ne devraient pas entrer en ligne de compte.

Un témoignage enrichissant, parfois un peu confus comme lors de la prise d'otage du vol 8969 d'Air France, et l'assaut à Marignane, mais c'est peu être normal au regard de l'affrontement violent et des émotions tout aussi violentes que cela a du générer.

Note : AA

MERAH L'itinéraire secret d'Alex Jordanov

Dies Irae
MERAH L’itinéraire secret d'Alex Jordanov (nouveau monde éditions, 356 pages, 2015)

Incipit :
21 mars 2012. 05h49. Aicha Merah fait les cent pas dans son appartement situé en face de l'immeuble dans lequel habite son frère Mohamed Merah. Des coups de feu en rafale viennent de secouer le quartier.

Le récit après deux ans d'enquêtes sur l'affaire Merah. L'auteur a rencontré les protagonistes de l'affaire, et il fait un récit synthétique du parcours de Mohamed Merah.

Les points forts sont la facilité d'évitement de Merah face à l'administration, la justice, les forces de l'ordre. Je n'ai pu m'empêcher de noter le manque de moyens mis en œuvre face à cette guérilla qui s'est adaptée à la façon dont ils sont surveillé, appréhendé et jugés, par exemple de faire des rebonds pour voyager dans des pays fichés ou encore de multiplier les téléphones cellulaires pour échapper à la surveillance.

L'auteur m'a appris la disparition de  deux vidéos dans un contexte délétère, m'a fait découvrir la tolérance étonnante ou le manque de responsabilité face à la criminalité extrême, conforté par l'aveuglement de certains intellectuels ou chercheurs et même de la justice.

L'auteur ne manque pas de souligner les points noirs du dossier (par exemple Merah qui a échappé à la surveillance la nuit précédent l'assaut).

La détermination et le sang-froid de Merah m'ont rappelé les frères Kouachi ou encore Anders Behring Breivik. J'ai été surpris par les commentaires édifiants défendant Merah dans des forums d'actualités. Ce livre change les perspectives ...

Note : AAA


Profession Caméléon de Thierry Lorho

In Nomine Sancti
Profession Caméléon de Thierry Lorho (Fayard, 332 pages, 2015)

Incipit :
5 septembre 2013. La porte du centre de semi-liberté de Villejuif se referme derrière moi. Mon sac me semble plus lourd, d'un coup. La prison l'enfermement.

Le récit d'un espion de la DGSE puis de l'Intelligence Économique. La partie DGSE est la plus intéressante, sur la manière d'être recruté, entrainé et l'esprit de cloisonnement, de discrétion. Techniquement je ne pense pas qu'on y apprenne plus que ce tous les services secrets connaissent, mais sur l'esprit de nos services c'est bien possible. L'auteur est surtout amer de s'être brûlé les doigts suite à l'espionnage de Greenpeace commandité par EDF et qui, selon l'auteur, n'a pas assumé.
 
Il dit dès le début qu'il n'a pas été préparé pour la prison puis vers la fin du livre il indique qu'il a suivi, parmi toutes ses formations, une concernant la survie en espace confiné. Ce n'est pas très cohérent. Cela se lit rapidement, avec entrain, truffé d'anecdotes. Un livre sincère qui peut apporter un éclairage sur ce métier de l'ombre (oui quel jeu de mot ...)

Note : AA

dimanche 5 juillet 2015

The Decipherment of Linear B by John Chadwick

You talking to me ?
The Decipherment of Linear B second edition by John Chadwick  (Cambridge University Press, 160 pages, 1958, 2014)

Incipit :
The urge to discover secrets is deeply ingrained in human nature : even the least curious mind is roused to the promise of sharing knowledge withheld from oters.

Un langage inconnu, pas de pierre de rosette cette fois, des tablettes en argile, des dessins. Ce langage va résister un certain temps, jusqu'à l'arrivée du jeune Michael Ventris. Ce dernier va faire l'hypothèse qu'il s'agit de grec ancien, à l'encontre de la nomenklatura des archéologues et des chercheurs du moment. Ce livre raconte les étapes techniques, les relations entre chercheurs, les difficultés du monde de la recherche (image, pouvoir, incompétence, politique, choix éditoriaux, etc) pour aboutir à cette découverte extraordinaire.

L'homme aime les puzzles, du mot-croisé au sudoku, mais aussi du déchiffrement (codes secrets ou récemment la NSA). Là il s'agit d'une langue à déchiffrer et fait appel à la linguistique, la philologie, l'archéologie, l'histoire, la culture. Car une langue est le fruit d'une évolution, de changement pas toujours logiques, de la culture, d'erreurs, d'emprunts.

Pour déchiffrer une langue inconnue, sans comparaison avec une autre (Champollion avait la pierre de Rosette) il faut faire des hypothèses, générer corpus syllabaire et le soumettre à des épreuve sur des tablettes trouvées a posteriori.

Ce livre montre aussi que le monde de la recherche n'est pas toujours glorieux, l'ego, la stature sociale s'en mêlent. Des chercheurs réputés parfois, soumis à leurs convictions, incapables d'évaluer ce qui revient à un problème philologique qu'ils ne maitrisent pas.

Ce livre comportent plusieurs passages ou évoque quelques points qui demandent de la concentration, mais cela reste très accessible même si on ne connait pas le grec ou la civilisation mycénienne.

Édition française
Un livre passionnant sur une découverte majeure, un défi intellectuel, et la personnalité étonnante de Ventris

J'aurais aimé plus d'illustration des tablettes avec le déchiffrement associé. Cela reste un document technique même s'il a été rendu accessible au plus grand nombre. Un travail d'enquêteur avec des indices, tout le savoir des chercheurs pour déduire et induire à partir d'éléments épars et en petites quantités. Surtout quelle a du être la joie immense de ceux qui ont, la première fois, transcrit des tablettes !!!

Note : AAA

The Key To Rebecca by Ken Follett

Les feux de l'amour
The Key To Rebecca by Ken Follett (356 pages)

Incipit :
THE LAST CAMEL COLLAPSED AT NOON.
It was the five-year-old white bull he had bought in Gialo, the youngest and strongest of the three beasts, and the least ill-tempered: he liked the animal as much as a man could like a camel, which is to say that he hated it only a little.

La seconde guerre mondiale. Rommel est aux portes de l'Egypte. Un espion voulant se débarrasser de la férule des britanniques envoie des informations sensibles à Rommel. Les britanniques vont-ils pouvoir contrecarrer ses plans ?
Version Française
Cela fait plusiseurs Ken Follett que je lis (Eye of the needle, Triple) et je ressens un peu la cuisine de l'auteur : une histoire brodée sur des évènements historiques, son point fort, une histoire d'amour, quelques scènes érotiques, du suspens, des rebondissements à gogo, un thriller bien agencé même si dans celui-ci en particulier il exagère un peu. Plusieurs fois la ficelle est un peu grosse. Un exemple ? L'espion recherché est supposé être un cador et, à un moment, il se retrouve devant une mallette bourrée de secret et il est surpris que celle-ci soit ... verrouillée ... non mais sérieux quoi ? bon ok cela donne à la scène une tension mais il n'est pas crédible à la fois de vendre un espion doué et un blaireau qui se laisse surprendre par l'évidence.

Cela reste une histoire trépidante et j'ai passé un très bon moment !!

Note : AA

vendredi 3 juillet 2015

Les Catilinaires d'Amélie Nothomb

Onegaishimasu
Les Catilinaires d'Amélie Nothomb (Livre de Poche, 151 pages, 1995)

Incipit :
On ne sait rien de soi. On croit s'habituer à être soi, c'est le contraire. Plus les années passent et moins on comprend qui est cette personne au nom de laquelle on dit et fait les choses.

Un couple pense avoir trouvé la maison idéale, retirée du monde, leur laissant tout le loisir de s'aimer dans cette solitude, croient-ils. Mais voilà, un voisin envahissant va effriter ce paradis et révéler la personnalité profonde des individus.

L'incipit résume bien l'idée générale. Amélie Nothomb nous écrit un conte grotesque, un exercice de style réussi, littérairement intéressant mais qui est trop burlesque pour moi.

Je ne ferai pas plus long, je profite de la fraîcheur du matin, il ne fait plus que 46 degrés dans la maison, pour écrire cet article, avant qu'il ne fasse beaucoup trop chaud ... Mon royaume pour un ventilo !

Note  : AA